‹ Histoire de PologneChapitre 178 sur 369 · GRANDEUR NATIONALE SANS CONQUETES · texte numérisé non relu

GRANDEUR NATIONALE SANS CONQUETES

Ce ne sont pas les conquêtes, ni la guerre, ni la force brutale, ni quelques commotions violentes, qui ont élevé ou consolidé la grandeur de la république. La sécurité dans l'istérieur, la paix à l'extérieur , caractérisent singulièrement les deux siècles du progrès. Si l'on excepte quelques excursions

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des Tatars plus ou moins dé vas ta tri ce s, comme sont les inva-^ sions des sauterelles; quelques expéditions pour mettre en ordV*e les voïévodes de la Moldavie; enfin , plusieurs commo* tions de la Litvanie, excitées parles frères et les cousins-germains de lagello, que les Polonais tâchaient d'apaiser, et les expéditions de Vitovd au-delà du Dnieper, étrangères à la Po^ logne ; la Pologne, ère-môme^ n'avait d'autre guerre que celle contre les chevaliers teutoniques , et l'autre contre les Moskovites. Si l'on observe les relations qui existaient entre la Lilvanie turbulente et la bruyante Pologne , on voit que la gello soumit la première à l'autorité de l'autre ; cependant celle-ci ne voulait guère de sujétion, elle prêchait l'abolition du féodalisme, l'émancipation civique, la réunion fraternelle; aux violences et aux aggressions des Lftvaniens, les Polonais opposaient des paroles de vive réprobation , n'allaient point jusqu'aux voies de fait, mais tâchaient d'inspirer aux Litvanieos un meilleur sentiment. Quant aux autres guerres , cinq ou six ans entre 1410 et 14^2, sous lagello, contre les pervers chevaliers, ne purent délivrer le pays de ce fléau : il fallut les combattre quatorze ans de suite sousKazimirlagetlonide, depuis 14&4 jusqu'en 1466, pour délivrer la moitié de la Prusse , qui voulait absolument sa réunion avec la Pologne ; enfin , en 1519 et 1520, sous Sigismond , ces deux années suffirent pour désarmer à jamais l'orgueil des moines. Do l'autre côté, les ducs de Moskou, par des agressions réitérées en 1460, 1479, 1490, 1494, enlevèrent à la Litvanie plusieurs provinces russiennes trop éloignées, et déterminèrent la Pologne à faire face et à les repousser, lorsqu'elles se renouvelèrent en 1507 , 1508, 151*2, 1563 et 1564. Toutes ces guerres n'étaient point de nature à étendre les frontières; elles étaient inévitables pour la défense seule. La république témoignait toujours son penchant pour la paix et une répugnance manifeste pour les conquêtes. Pas un pouce déterre conquise ne l'agrandit; elleavait des terres perdues à regagner, et elle fut accusée d'avoir négligé leur recouvrement. L'histoire deJa Pologne de cette période ne consiste guère dans la narration des exploits militaires ou de quelques aventures ou anecdotes , ou de grandes opérations de personnes particulières , mais elle se renfermo dans la description du progrès do rétnt social, de la croissance

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et de l'organisation de la république , du progrès , décidé par Taction d'une dièle , d'une province, d'une portion du peuple.

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