PROGRÈS DE LA CIVILISATION ET DU MÉCONTENTEMENT DES PAYSANS
Toutes ces opérations législatives , déployées avec activité à l'ouverture du xvie siècle pour la commodité d'une classe, sous prétexte de soutenir Tordre et la tranquillité du pays , marchaient vers l'asservissement du peuple. Le peuple passif,
(226) Qui prius diem in septimana non laboraverunt nobis et dominis ipsorum, de quolibet laneo unum diem septimanatim laborent et ad laborandum sint adstricti . . . base lex, pro bis tantum constituta est, qui minus quamdiem in septimana nobis et dominis suis laborare soliti
erant (stat. Tborun. vol. I, p. 396; Bidgoszcz, 1520, «vol. I, p.
394). — Un jour dans la semaine n*était qu'une coéquation. Eneore, en 1421, Mazovie précéda avec ce règlement ; statuimus de consençu domini episcopi et aliarum personarum spiritualium et secularium, quod ex nunc omnes et singuli incol8B mansos, sive medios mansos, in villis nostris, spiritualibus vel secularibus possidentes, de quolibet manso culto vel possesso unum diem, et de medio, médium diem, dum et quand%> requisiti fuerint per eorum dominos , laborare irrecuse teneantur (Job. ducis Maz. statuta terminorura in Varscbova 1421, in Bandtke jus. pol. p. 434). De môme en Podlachie, qui était une colonie Mazovienne. Tempore Withoudi, quatuordecim dies in anno quilibet k metho de manso laborabat. Nos vero statuimus quod unus quique kmetho de manso possessionato per eum, in septimana unum diem laborare tenebitur, de medio vero manso, in duabus septimanis diem. Insuper et hujusmodi kmethones ad quatuor tlokas in anno vocati laborare tenebunt (régis Alexandri, privil. terrae Bielsc. 1501, art. 13, in T. Dzial. zbior pravlitev. p. 89).
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n*opposaît aucune résistance et était en traîné doucement dans les pièges que lui tendaient le fatal destin et Tavidité ayeugle. La terre spacieuse et fertile lui présentait toujours un champ immense où il pouvait (irer profit de sa profession de cultivateur, quoique à de dures conditions. On défrichait continuellement le sol, on bâtissait des campagnes dissàoninées» des ha> meauxy des yiUages» des bourgades compaeies, où leskmetons se domiciliaient arec des avantages que leur accordait , dans ces nouveaux établissements, la vanité et Tintérèides seigneurs qui voulaient avoir grandnombredevilleset démarchés dans leur domaine. Dans son état de paysan, le peuple trouvaitune fortune qui lui asairail une existeacesuffiaante, et. V.œM.scrutateur du législateur, qui le surveillait contiauellemeni ,. observait chez lui un certain désordre et lui reprochait de se ruiner en dépenses au-des«ua de ses ressources ; remarquait que^plusieursenorgueillisse ruioaieni, voulant se vêtir de précieux habits et faisaient des excéd, ce qui ne pouvait con* venir à leur condition (227). Les cabanes du peuple s'étaient effectivement améliorées par remploi général des cheminées* Il ne savait pas se séparer de la volaille qui encombniit ses habitations; canards, oies» coqs, poulets avec leurs mères, tous trouvaient asile dans la même chambre , et dans les hivers . très-rudes, agneaux, chèvres^ veaux, s'y réfugiaient aussi. Les habitations étaient plus misérables là où le peuple s*obstinait à ne pas admettre quelques améliorations , ce qui eut lieu à cette époque , non-seulemement dans plusieurs provinces pussiennes de la Litvanie et delà couronne , mais dans des cantons maritimes plus avancés dans la culture , comme ont été la Samogitie, la Kassubie, la Prusse. Là, le paysan , pendant tout l'hiver, gisait avec sa famille, son bétail , ses autres animaux et les oiseaux domestiques, son attelage , son porc', dans la puanteur et dans l'ordure , dans Tair imbu d'exhalaisons acres, autour du feu, sous une nuée de fumée qui noir** oissait la toiture presque sans issue (228). Plus libre que les antres, muni de franchises plus larges, sans désir , il ne pensait pas à améliorer même la salubrité de ses foyers, ni à sui-
(527) Stat. 1466, art. 167, p. 344.
(228) Kromeri descr. PoL, p. 87, 88.
vre le progrès général. On s'empressait alors d'instruire les garçons dès leur tendre jeunesse. Ils étaient envoyés aux éeoleS) aux instructeurs, pour apprendre la langue latine et acquérir quelques connaissances ; cette instruction fut recherchée par des pauvres ^t des riches, par des Boi^les et des plébéiens , particulièrement par des bourgeois des bourgades (3a9]t. Les kmetons y avaient leur bonne part : il ne dépendait que des parents de livrer aux études leurs enfants et de les affranchir. Mais la masse ne pouvait en tirer tout l'avantage possible, surmonter les obstacles, dépenser, se séparer de sa petite famille qui, non-seulement pendant les vacances, mais durant toute Tannée, était utile aux occupations domestiques. Enfermés dans le cercle étroit de leur existence, peut-être qu'ils commençaient à gémir sur le sort futur de leurs enfants, sans savoir assurer leur avenir. La jeunesse, plus ardente dans sou sentiment, dirigée par un pressentiment pénible, cherchait isolément à échapper à son destin funeste; elle fuyait ses parents et courait dans les villes pour y trouver une profession libre. La législation, l'administration, la police, la pour&uit et réprime ses élans, afin que l'ordre du pays ne soit point dérangé, afin de sauver la jeunesse de la mauvaise compagnie et de la dépravation des mœurs. Le mécontentement et le malaise des sentiments outragés , dans sa désolation, s'efforce de se soustraire à une gène iadlgoement imposée. Des individus plus sensibles, plus avenUireux, vont s'expatrier, émigrer : les starostes des frontières reçoivent ordre et sont obligés de leur faire la chasse, surtout vers les frontières de Silésie et de Hongrie (230). On y fuyait comme si l'on pouvait s'y trouver mieux. Ce sont les premiers symptùmes des conséquences de la coéquation qui tourna vers rasservissement.