AaSBAVUaiBMBSn DBS PAVBANS DANS LES PAYS LIMI- TAOPHES
Dans mes élucubrations sur cette troisième période , je ne me suis occupé que de cette partie du peuple de la Pologne qui sortit de la domination des Piast ist entra sous celle des lagellons. Sa condition, déjà se rapproche infiniment de l'autre partie litvano-russienne qui faisait aussi partie de la domination des lagellons , et qui va former partie intégrante de la république. Celle-ci mérite une considération particulière mais je ne veux pas répéter ce que j'ai retracé ailleurs sur sa condition ancienne (256), et je crois faire mieux en réservant mes considérations sur sa condition depuis l'union des deux états, à la période suivante. Je ferai cependant observer en passant que son sort n'était pas plus satisfaisant , ni sur un meilleur chemin que le sort du peuple polonais ; il était encore bien pire, encore bien plus déplorable. Je pense aussi qu'il est bon de rappeler qu'à la même époque , une fatalité poussait les peuples qui environnaient la Pologne dans le même assujettissement et achevait leur infortune. N'est-ce pas un
(254) Stat. Mazov.. p. 400.
(255) Archives de la couronne www, p. 231 .
(256) Esquisse de l'hist. de hi LitvaDie.
spectacle terrifiant que ce joug, cet esclavage imposé aux * Slayons des environs de l'Oder, et à différentes populations des côtes de la Baltique par la race alleniande. Ne peut-on pas reprocher aux conquérants , qui allumaient le fanal de la civilisation occidentale pour les barbares des environs des Karpates , de leur communiquer en m^me temps la contagion de l'asservissement à Tespritde la classe dominante? La Bohême, en contact plus intime, plus portée à être influencée et inspirée par l'exemple étranger, nous montre un tableau non moins* déplorable chez elle. Un lagellonide, doux, indulgent, faible , bon, indolent, y régnait et ne pouvait réprimer l'émigration , le vagabondage et le brigandage de la classe non-noble , que ses sentiments révoltés forçaient à fuir ses foyers asservis. Le même lagellonide, en Hongrie, laisse sévir la législation du pays contre le droit de propriété des iobagues. Le sang y coula avant que l'asservissement y fût consommé. Ces catastrophes sanglantes précédèrentcelles de Pologne qui arrivèrent bien plus tara. Ce n'est pas pour faire des reproches, ni pour comparer le malheur des autres nations , ni dans le but de pallier les forfaits de la noblesse polonaise que je rappelle ces événements étrangers , mais pour discerner d'où partait le mal, pour indiquer la marche générale de l'humanité dans la moitié orientale de l'Europe, que j'ai distinguée , au point de vue social , de celle de l'occident ; pour faire remarquer que les vices qui allaient lentement s'affaiblir et se disperser à l'occident, dérangeaient aussi, par leur influence civilisatrice et pernicieuse, l'ordre social de la partie orientale. A cette marche progressive de la fatalité, aucun pays ne pouvait se soustraire ; d'un pas plus précipité ou plus ralenti , chacun achevait sa course; les uns avancèrent plus loin , les autres s'arrêtèrent plus tôt, mais tous achevèrent leur ouvrage. Et pour donner un exemple de la marche inégale de cette période, je dirai que la Silésie, et plus encore la Moravie , furent en retard et n'imposèrent pas le joug si préci pitamment à leur population ; la Lîvonie, avec la Eurlande , subjugua le peuple de bonne heure et perfectionna son esclavage (257).
(257) Voye;t\A note 277.