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III. DÉMOCRATIE NOBILIAIRE

90. LA RÉORGANISATION- DE LA RÉPIJRLIQ13B CONTRIBUE A L'A38ERVI88BMENT.

La réorganisation qui allait redresser les abus qui s'étaient multipliés dans la république sous le dernier des lagellons , devait, en Pologne, établir Tordre dans la machine qu'on disait être délabrée. Grands et petits furent également atteints de la perquisition des droits de chacun, et le peuple fut aussi l'objet de ce contrôle. Des monuments que le temps n'a pas encore dévorés attestent que l'ouvrage était dirigé par des hommes d'état consommés et exécuté par des fonctionnaires habiles. Les starosties, les économies et tous les domaines publics, arpentés, cadastrés. Maintes redevances , négligées par l'incurie, sont de nouveau rétablies. Les contributions sont acquittées , et la culture des terres domaniales est faite dans les starosties plus scrupuleusement et plus exactement par les paysans que naguère. Dans les domaines des abbayes et des monastères, les ascriptices (c'est ainsi que l'histoire de cette époque nomme les kmetons), sont ramenés à cultiver les champs royaux, au charriage et à certaines contributions de blé; en remplissantcesobliga tiens, ils rentrentsous l'inspection plus sérieuse des starostes et gagnent leur protection contre la malveillance des méchants ^-258). Si les devoirs des paysans des biens royaux sont plus rigoureusement exécutés , on ne peut douter que les seigneurs et toute la noblesse, dans leurs possessions, ne se croient en droit d'exiger plus scrupuleuse-

(258) Plusieurs passages de la description de Pologne» par Kromer, relatifs au peuple, sont si remarquables et font connaître le changement de sa condition, alors tout récent, d'une manière si lucide, qu'ils méritent d'être répétés en latin. Non ita pridem abbates et praepositi monasteriorum certas pensioncs, quae stationes vulgo dicuntur, régi denuo pènsitare caeperunt. Adscripticii quoque ipsorum , ad colundos principi agros , subvocationes et pensiones quasdam frumentarias revocantur, quo praBfectomra regiorum praesidio, tutiores sint ab injuriis improborum. His autem exceptis , soli praefecturarum adscripticii, in suis quique praefecturis agros colundo et vectigalia pensitando, rem familiarem principi sustinent, qu8B nunc tamen aliquantoexquisitiuscuratur, quam oUm. Kromeri descr. Pol. p. 130, 131, édit. Elzevir.

ment le service de leurs sujets , non-seulement se rapportant à la loi qui détermina le minimum des jours de leur conrée , mais à des redevances et à des servitudes qui tombaient dans l'oubli, à une stricte observation de leur domicile qui les enchaînait à des localités étroites et les constituait presque prisonniers. Généralement y les bourgeois et les paysans étaient redevables envers leur seigneur d'un cens qu'ils lui payaient. Quant aux paysans et aux villageois nommés kmetons , ils devaient travailler à la culture des champs et à divers autres oovrages domestiques, certains joursavec attelage , eumjumeniiSf âziendongly^ et d'autres jours ils devaient un travail manuel, fnanuarioêy ou de piéton, dzien pieizy. Outre cela, ils devaient des gratuités forcées, gratuitas , daremszizna , daremszina , darmochaj ou services gratuits , imposés sans récompense. Soit que ces charges fussent le résultat d'une imposition arbitraire, ou d'un échange des anciennes redevances , comme nous en avons signalé maintes fois, le peuple leur donna cette appellation et les seigneurs ne la désapprouvèrent point. Presque tous les kmetons devaient travailler ces jours-là et devaient remplir tout ce service par eux-mêmes ou par ceux qui entraient à leur service,paroftA;î, mercenarii , ou par des journaliers, opérant, naïemnicy (259) , dont il y avait encore un nombre considérable ; ils circulaient assez librement dans le pays et louaient leur travail. La loi, pour le bien de la culture , leur défendait de rester et de louer leurs bras dans les villes (260). Ta réparation de tous les détails de l'édffice de la république ne révoquant aucune des dispositions législatives qui devaient maintenir l'ordre et la sécurité du pays, et qui étaient cependant oppressives, demandant au contraire leur exécution sévère, ne pouvait être favorable an bas peuple. Elle appesantit le joug de la classe sujette , acheva son

(259) Sunt aliqoando meliore et iiberiore conditione urbani et oppidani quam agrestes, ac censum quidam anDuum utrique dominis suis peositant; verum agrestes et vicani plerique omnes, opéras prsBterea gratuitas adcolendos eorum (nobilium) agros et alios usus domesticos, non solum manuarias verum etiam cum jumentis, ipsi per se, vel per mercenarios et operarios suos praestant (Krom. ibid., p. 112 ). (260)Stat. 1496.

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