‹ Histoire de PologneChapitre 221 sur 369 · III. DÉMOCRATIE NOBILIAIRE · texte numérisé non relu

III. DÉMOCRATIE NOBILIAIRE

et coofirme Tartide de Vislîca sur la récession : mais il prescrit qu'an seul kmeton peut s'éloigner dans le courant d'une année , comme si c'était là la disposition de Yislica , qui parlait de deux. Par cette fausse citation i! voulait témoigner son respect pour le statut deVislica, et il ne faisait qu'insulter à son souvenir (284). Par la législation nouvelle tous les règlements de Yislica, sans être abolis, sont paralysés et réduits au néant. Particulièrement les dispositions de police privent les kmetons de toute la jouissance de leur ancien droit ; les lois relatives à la propriété terrestre les' dépouillent de leur subsistance. Les cas» prévus à Yislica. de leur retraite en masse n*ont plus de force. Le maître absolu, viole impunément une fille et une femme kmetone et ne laisse sortir personne , pas même le père ou le mari outragé. Le mattre absolu , encourt l'excommunication , expulse le curé , profane le sanctuaire et disposant de la conscience de ses sujets leur impose une antre doctrine, les retenant assujetis à la glèbe. Plus de statut de Yislica ! ceux mêmes qui parlaient en faveur des kmetons, ne le réclamaient guère , ne s'en rapportaient pas à lui; tout en attaquant et combattant Tordre nouveau , ils semblent méconnaître le contenu , l'existence du statut. Si l'on osait le citer , on répondait : ou que la législation ultérieure avait statué autrement , ou que les coutumes terrestres disposaient différemment , ou que l'usage ayant force de loi voulaient qu*il en fût autrement , ou enfin, que les règlements surannés de Yislica , par un long laps de temps étaient tombés en désuétude, étaient hors d'usage et ne s'accordaient plus avec un état de choses , tout-à-fait différent. Et l'usage changeait selon l'arbitraire, et l'arbitraire seul décidait du sort et de l'existence d'un kmeto. Catholiques , schismatiques, luthériens , zvingliens , calvinistes, frères-bohêmes, hussites, socioiens, tous étaient d'accord sous ce rapport; aucun fait , aucun acte ne peut les disculper. Après la mort de Sigismond-Auguste en 1573, les états et le peuple noble des deux uations, de toutes sectes dissidentes, réunis pour les élections sur le sol de Mazovie, sous les murs de Yarsovie, forment une confédération , afin d'assurer la concorde et le libre exercice

[284] Voyez ci-dessus chap. 82, note 213.

des coites: là ils disent, qu'ils ne veaientpas déroger àrautorité des seigneurs ecclésiastiques et laïques sur leurs sujets et ils ne contrarient nullement l'obéissance de ces sujets envers leurs maîtres ; ils déclarent au contraire , qu'en cas , qu'une rébellion se manifestât sous prétexte de religion , il serait loisible aux seigneurs , comme il l'était toujours , de punir le sujet rebellé 9 dans les affaires civiles ou spirituelles, comme il lui plairait (285). Cette déclaration dressée par Torgane des deux nations qui composaient la république , n'était pas sans de graves conséquences, que nous analyserons dans la période suivante.

(Voyez l'histoire de Pologne, chap, 139 d 165.^

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