CARACTÈRE DES POLONAIS
Depuis Kromer, bien des écrivains , comptaient la générosité , la franchise et la liberté , pour des qualités saillantes du caractère Polonais (299). D*autres estimaient leur courage» observant, que les nobles polonais étaient supérieurs par leur courage et leur énergie, à tous ceux de l'Europe , parce qu*ils ^e rassemblaient plus souvent en public (300). Leur pays, leur indépendance , leur hante position sociale, et leur vie politique les avaient formés particulièrement et les avalent distingués des autres Slaves. Placés sous un climat plus rade , ils ne semblent pas partager sur leurs plaines, au môme degré, cette violente ardeur, cette agilité, ces emportements et cette imagination poétique qui enflamme de temps en temps leurs frères méridionaux. Cependant les frimas de l'hiver n'ont pas refroidi leurs sentiments ; la jouissance prolongée de l'existence politique , les a animés et à soutenu cette esprit de liberté , qui a construit et organisé un grand édifice national. Cherchant l|i réalité, leur action est plus prosaïque , plus claire ; leur courage, s'unissant avec la sincérité, sans être trop forcé à la dissimulation, parait chez eux avec plus d'éclat et de force. Satisfaits dans leurs désirs, corn-
[299] Le naturel des Polonais est sincère et franc, il se laisse plutôt surprendre qu'il n'est capable de tromper ; moins irascible que facile à apaiser, ni insolent, ni opiniâtre, mais plutôt maniable si l'on le traite bien à propos ; il se laisse entraîner par l'exemple et se montre condescendant envers le prince et les autorités. Portés à l'hospitalité, à la politesse, à l'affabilité et à l'humanité, les Polonais, non seulement sont prompts à recevoir les étrangers et les inconnus, mais ils les invitent et sont empressés à les obliger, non-seulement ils sont prêts à partager leur bonne-chère, et à se familiariser avec tout le monde, mais aussi enclins à imiter les mœurs et les manières de leurs convives [Kromer, descr. Pol., p. 91]. Je répète ce passage de Kromer, car il a servi de modèle aux écrivains postérieurs. Lorsque, par exemple, Solignac dit : « La générosité, la franchise, une noble fierté, font le caractère des Polonais, » il ne fait que résumer la description de Kromer.
[300] Garran deCoulon, recherches polit, sur l'état delà Pol. IV, 7. — J.-J. Rousseau, sur le gouv. de Pol.