CABACTÈBE DES PAYSANS
Souvent dans la même nation , différentes classes d'habitans , se distinguent par des tempéraments différents qui se forment sous Timpression de leur position sociale , de leur profession , de leur instruction particulière. Cette variété dans la nation polonaise , n'est pas aussi importante , par la raison , que les classes non nobles jouent un rôle trop subordonné et qu^en général elles décèlent peu de différences trop
Je ne puis terminer ici mes observations générales sur le caractère national, sans rappeler l'opinion d'un savant historien allemand, salarié par l'impératrice de Russie, l'érudit Schlôzer. A sop avis, « la plus stupide nation en Asie, sont les Chinois, la plus stupide en Europe, sont les Polonais. » Je pense qu'en relatant cette spirituelle expression , je suis libre de toute réflexion , et qu'on ne me reprochera pasdenepas reproduire et combattre d'autres opinions, méchantes, stupides, calomnieuses , émises par certain nombre d'écrivains sur le caractère slave ou polonais. Lisez Vautrin, Uklanski, Schultès, vous y trouverez saillant ce qui est sale , le vice particulier généralisé, le faux donné pour le vrai.
im CONSIDÉRATIONS. 1607—1795.
saillantes, trop déterminées. La bourgeoisie n'offre rien d'extraordinaire, si ce n'est dans les villes de Prusse et quelques bourgs de la grande Pologne , où la race allemande entremêlée à celle des Slaves prit de l'ascendant ei y inspira ^ une vie plus flegmatique, plus contemplative .plus spéculative , plus studieuse . y inculqua un peu de raideur , une attitude plus froide. Dans les capitales des provinces elle se confondait plus avec le tempérament local et se nationalisait. A Texception des mœurs que les professions donnent et d'un esprit de communauté plus compacte yjes bourgeois de ces capitales , ne différent pas de la noblesse (304). Dans les petites bourgades f où les populations sont composées pour la plupart de cultivateurs , elles ressemblent au peuple laborieux. Ce peuple indigène , ces paysans laborieux, à l'exception de la race lettone placée dans les cantons de Niémen et de Dzvina y sont tous les Slaves de la même souche que la noblesse. Leur conformation , leur physionomie , leur caractère , leur langue, sont les mêmes. La race lettone, se sert de son propre idiome, tous les autres paysans de la Pologne parlent deux dialectes de la langue slavone , russien ou polonais. Le russien se subdivise en diverses modifications un peu plus prononcées , qui n'empêchent pas de se comprendre réciproquement sans aucun embarras ; le polonais a beau-
(304) Après , parurent , rangés de même, quatre cents cavaliers de Dantzik, tous généralement des principaux bourgeois et marchands de la ville. L'on voit peu de noblesse, mieux faite et mieux à cheval que cette bourgeoisie, aussi est-elle née dans la profession des armes, à quoi Toblige la jalousie de sa liberté (Laboureur , voyage de Guébrianl, vol. I, p. 141). Les bourgeois de Krakovie sont tous riches artisans, ou marchands, ou gens de justice et ofQciers de ville. Il ne manque à ceux-là que l'opinion de la noblesse, car ils en ont la mine, l'opulence et les mœurs. C'est le concours universel des honnêtes gens et môme des gentils-hommes étrangers qui veulent obtenir le bénéfice de noblesse et d'indigénat, qui ne leur est guère refusé après qu'ils se sont dignement acquittés des charges publiques, et souvent l'on en tire des jurisconsultes pour 'être employés aux ambassades que le roi envoie aux princes voisins. Ceux de Varsovie, à cause delà cour qui s'y tient ordinairement, les secondent en civilité et en richesses, et un jour ils pourront faire les mêmes fortunes (id* t6. vol. lî, p. 108).