‹ Histoire de PologneChapitre 245 sur 369 · PROVINCES RUSSIENNES · texte numérisé non relu

PROVINCES RUSSIENNES

L'identité remarquable dans différentes provinces du carectère des paysans et de celui de la noblesse, prouve que la localité a prédisposé ces deux classes d'indigènes de la môme origine , au môme tempérament. Mais dans la classe civique , des circonstances particulières , des événements qui préparaient le destin des provinces , forcent les différentes localités à se déclarer plus ostensiblement et leur donnent par leur influence plus de développement et de variétés. S'il est important dans rhistoire de faire attention au caractère des personnes remarquables ; dans celle de la république, où souvent l'individualité disparait devant l'action de la masse ; où les provinces sont à môme d'agir plus clairement avec Tindépendance que leur garantissent la liberté et Torganisation de Tétat ; où leur activité particulière , décide des affaires publiques et de la destinée de la nation entière : la connaissance du caractère provincial , devient indispensablement nécessaire. Aussi je vais toucher cette quesUon délicate , pour en tirer des conséquences historiques et découvrir le rapport qui existe entre le caractère et les événements de toutes les époques. La tâche est bien difficile pour moi, car en retraçant quelques traits, il me faut parler des qualités louables ou des défauts des personnages vivants (car telles sontencore les provinces) ., quoique je ne parle que des temps bien reculés. Lorsqu'on retrace le caractère d'un homme du jour, on risque une chance incertaine , on se fait maintes fois des ennc-

deux animant leur course, touraent quelquefois et accompagnent leurs xondes de secousses du corps et de cris. La krakoviak, danse des montagnards et habitants des pays escarpés : les danseurs volent avec fracas ou gravissent avec force ; pour reprendre haleine ils s'arrêtent, le danseur en chef chante des couplets et recommence ses tours suivi des autres. La koxak, danse russienne de l'Ukraine, s'exécute par un dan • seur et une danseuse, dans un champ ouvert et vaste ; tout leur corps est en mouvement, en bonds, en sursaut, en violents replis des jambes vers la terre ; ils sautent éloignés, ils s'élancent pour se rapprocher brusquement, ils se détournent, et quelque fois ils se donnent les mains pour ralentir leurs branles fatiganta.

196 COISSIDEKATIONS, 1G07— 1795.

mis mortels. Les provinces sont des personnages toujours vivans , que je ne voudrais pas blesser , mais je ne veux pas non plus déroger à la vérité. Cependant je ne m'étendrais pas dans le détail de toutes les particularités, je ne loucherai que ce qui est indispensable à mon but. Aussi je n*ai que peu à dire sur les provinces russiennes , bien que leur variété put fournir de beaux tableaux à un pinceau exercé etbabile. Leurs parties méridionales, assises sur un sol fertile suivant le rite oriental , sous Tinfluence de la dépravation grecque, se montrèrent plus passionnées, plus violentes sous l'ancien régime ducal. La Russie rouge incorporée plus anciennement, calme sa turbulence et son humeur farouche que des circonstances antérieures envenimaient, elle s'éclipse un moment avec son caractère dans sa position subordonnée , mais elle fleurit, et s'emparant de la littérature polonaise, Tanîme de son esprit ardent et poétique , embrasse avec zèle tous les mouvements de la petite Pologne , sans qu'on puisse remarquer quelque séparation de sa pensée ; elle sert môme à préparer les autres provinces de l'ancien duché de Haliczou de Kiiovie à la réunion et à- la fusion avec la Pologne. Les autres provinces du duché, Voihynie, Podolic, Ukraine, exposées aux invasions des tatars et à dififérentes calamités , déchues de leur position élevée par la suppression de la souveraineté ducale , incorporées tardivement à la république , ne manifestèrent leur disposition particulière que vers la fin de l'existence de la république. Les ukrainiens, reculés vers les frontières, loin du cenlre , possèdent un tempérament tantôt gai , tantôt sombre et sauvage, et se font remarquer par leur emportement violent et leur impétuosité. La sérénité vivace, l'esprit ardent et aventureux caractérise les podoliens, placés sur les confins et dans le terrain raboteux du Dniestr. Les habilans de ces deux provinces, pendant long-temps, n'entraient pas dans le compte des événements nationaux, ne formaient pas dans la classe civique de distinctions actives, et ne se faisaient connaître que par l'animosité du peuple, et le sang qui ruissela dans leur contrée à grands flots. Le tempérament, vif, léger, un peu vain, capable de s'enflammer et facile à s'éblouir des voihyniens ne s'est pas préparé à jeter des flammes brillantes. Tout y était étouffé par d'immenses fortunes, par l'esprit

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