ESPRIT DE CORPS DE LA NOBLESSE
Ce corps nobiliaire était nombreux. Cent mille mécontents concoururent à des rokosz de Léopol et de Sandomir. Ce nombre fourni par une portion de pays , décelait qu'il y avait quatre ou cinq fois plus de citoyens capables d'agir et de combattre avec l'accroissement de l'état, le nombre grossissait et devait grossir continuellement si la propagande du principe n'était arrêtée sur tous les points, par de malheureuses collisions. Ce corps, constitué en ordre équestre, vainqueur et triomphant, voulut enfin renfermer sa démocratie dans des bornes infranchissables. Nous avons vu comme il
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$*est éloigné des classes inférieures dites non nobles, ignobles, plébéiennes ; comment il les a impitoyablement repoussées (337). Depuis , il commença à élever des empêchements toujours plus difficiles à surmonter, à l'admission dans son ordre, à la naturalisation tant parVindigénatque par l'anoblissement. L'opinion existait , qu'ils étaient très faciles sous ce rapport (338) ; cependant anciennement les formes de la naturalisation, étaient bien plus simple pour les étrangers. Depuis 1558, ils ne peuvent plus obtenir d'indigénat qu'en pleine diète , et sans cela ils ne peuvent plus avoir de propriété terrestre , ni briguer les charges (339). Une loi plus ancienne de 1578 , prescrivit que l'anoblissement n'aurait lieu qu'à la diète , ou
(337) La noblesse ne se perd point en Pologne que par les arts mécaniques où Ton se sert de poids ou de mesures, et par des autres métiers indignes, dont le plus sordide, à leur égard, est de tenir le cabaret , mais tant s'en faut qu'ils blâment l'agriculture (Laboureur, voyage de Guebr., vol. II, p. 53). Foi/ejsr chap. 71 et 74 de la période précédente.
(338) Les anciens gentils-hommes (nobles) ne s'opposent jamais à des ennoblissements, et l'on ne les peut assez louer de la vertu qu'ils ont de les procurer par leurs propres recommandations. . . . L'on dirait qu'ils sont jaloux que tout ce qu'il y a de vertu soit joint à leur noblesse, car il se trouve même que quelques-uns ont rappelé l'usage des anciennes adoptions d'une famille en l'autre, de quoi nous avons un exemple de Jean Zamoïski, lequel donna les armes de sa famille à Luc Serny, Christophe Bernard Szidlovski , Stanislav Pacholoviecki , Gaspar Vielkolucki, ValentinLapczinski; Pierre Frank et autres capitaines de réputation (Labour. I, c. p. 56).
(339) L'habitation, ni la naissance même dans le royaume, ne sert de rien à ceux qui sont de pays étrangers, quoiqu'ils soient très-nobles. Il est besoin, pour jouir des privilèges, que le roi, s'ils sont de sang illustre, approuve leur noblesse en une assemblée générale, et qu'il leur octroyé des lettres d'indigénat. Cet honneur d'être gentilhomme polonais est beaucoup brigué pour l'estime que l'on en fait, car les princes mêmes le recherchent, et l'an 1629, le prince palatin de Moldavie, Myron BernavskiMohyla le demanda (Labour., I, c. p. 57). Les Paléologue, les Kantakuzènes, les Laskaris s'établirent eu Pologne, etobtinrent leur naturalisation. Les ducs de Saxe-Lavenburg en 165^, plus tard, de Neuburg, Wurtemberg, de Ligne, plusieurs de Nassau, d'Anhalt en ont eu leur indigénat,