‹ Histoire de PologneChapitre 277 sur 369 · IV. PERTURBATIONS · texte numérisé non relu

IV. PERTURBATIONS

dans l'armée;. par conséquent on décréta en 1601 » que tous les indigénats et toutes les nobilitations seraient insérés dans les actes (340) ; en même temps , on abrogea Tadmission des non nobles aux armoiries que la noblesse pratiquait par une espèce d'adoption. Encore, un nouvel anobli ne pouvait jouir des pleins droits du citoyen ; lui et ses proches descendants étaient des scarlabelles ( les anciens ivirealka ) d'un état mitoyen et transitoire avant que son arrière fils pût entrer dans la jouissance entière du droit. Cependant l'instrument de Fa* noblisscmenti pouvait se relâcher de cette rigueur par une décision particulière (341). Certes il ne faut^pas songer à la stricte exécution de ces décrets. Les libertés locales » l'indépendance individuelle p les coutumes terrestres , consuetudineê « facilitaient l'admission. La Litvanie et les palatinats russiens , offraient aussi de singulières exceptions. Les étrangers s'y naturalisaient toujours plus facilement; les néopbites se trouvaient anoblis par le baptême. Malgré fabolition du féodaiisme , l'ancien vasselage y laissa quelques vestiges chez des nobles qui possédaient les terres d'autrui et étaient redevables d'un service militaire effectif ou en cens qui bien que public était du ressort du propriétaire domanial. On y comptait plus de classes mitoyennes qui possédaient les terres. Il n'était pas rare qu'une simple acquisition de la terre» donnât le droit à la jouissance des prérogatives civiques et plaçât au rang nobiliaire. Il y avait dans les palatinats russiens des gratialistcsqui partageaient le suffrage avec des uobles, el ceux auxquels on donnait des graties» bien qu'ils ne fussent pas nobles » allaient voter aux diétines. Cependant, quoique toutes

(340 ) L'insertion était quelquefois en usage autérieurement , bien qu'elle ne fût pas nécessaire. On connait plusieurs anoblissemens inscrits avant 1500. Depuis 1500 jusqu^à 1600, on a 100 anoblissements insérés dans les actes^ Le nombre réel devait être énormément plus considérable, lorsqu'on réfléchit sur les circonstances de la réforme réparatrice de la république, et sur la création nouvelle de la noblesse en Litvanie, réunie à cette époque. Depuis Tan 1600> lorsqu'on commença, à observer avec plusde^igueur l'enregistrement jusqu'à 1764, dans l'espace de 164 ans, les actes n'offrent que 366 anoMjssements.

(341} Non praeciso jure scartabellatu.

ces petites circonstances existassent en faveur xles petits propriétaires et existassent jusque vers la fin de la république (342); il était notoir&que Tacqulsilion du droit civique , c'està-dire de la noblesse, devenant toujours plus difficile par les règlements législatifs, l'ordre équestre toujours plus inaccessible , se renfermait dans le cercle étroit de son égalité exceptionnelle. Personne ne devait s'y élever au dessus de ses frères 9 de quelque dignité ou richesse qu'il fût, ni par des titres, ni par quelque distinction ou décoration. L'ordre équestre qui ne voulut pas connaître de formes distintives , se souleva contre l'innovation de ce genre et arrêta le scandale que les aristocrates tentaient d'introduire du temps de Vladislav IV, en inventant un ordre, une décoration honorable à l'étranger. En même temps , en 1638 et 1641 , Tordre équestre , déclara que la variété des titres , nuisant à Tégalité de la noblesse , il était défendu à jamais de prendre un titre quelconque ou de se servir des honneurs étrangers, hormis ceux que l'union de Lablin a réservés (343). Dans ce moment d'agitation , à la veille de l'ébranlement épouvantable que la république allait subir , l'esprit de la démocratie nobiliaire ou plutôt Tesprit de corps, s'effaroucha de l'antique qualification de petite noblesse : désormais, selon la loi de 1641 , on ne devait plus se servir de cette expression dérogeante à l'égalité eton n'employera à sa place que celle de rozrodzéni brada , frères dis-génératés , dis-ramifiés de la même souche. Cet acte de vigueur du corps nobiliaire, imposa pour quelque temps à l'aristocratie naissante.

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