PERTURBATION DES DIETES , VETO
En même temps , mille bruits alarmants circulaient sur des manèges du roi. Vladislav IV s'armait. Il s'entendait avec
(342) On les a attaqués législativement, encore du temps de Stanislav Auguste (vol. leg. VU, p. 61).
(343) Aussi on ne faisait pas grand cas du cardinalat, la pourpre ne' donnant aucun rang, ni aucune préséance; un évéque revêtu de cette suprême dignité, n'aurait sa place au sénat que selon le rang et l'ordre de son évêché, ce qui fait que les Polonais ont de tous temps négligé cette grandeur étrangère (Dalerac). Voyez la note 416.
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les magnats» avec les cours étrangères; il pré^yare, disait-on, un soulèvement des paysans, de la yile populace contre la noblesse ; il se propose d'entreprendre une guerre sans aucun consentement de l'ordre équestre, il en veut à ses libertés. Les décisions des mômes diètes , le désarment sur le champ , rhumilient tout d'un coup, et réduisent tous ses préparatifs au néant. Ces coups de vigueur, prouvent où est encore la force à laquelle tout devait céder. Mais le brandon attisé , n'est pas éteint. €es actes de vigueur n'avaient d'autre effet, que de rejeter au dehors de l'enceinte diétale et du cercle équestre les menées et les trames du roi et des magnats, qui entraînaient des calamités innombrables sur la république et ne cessaient de revenir dans les temps postérieurs se débattre dans le sanctuaire de la diète, où tout allait être changé en rixe et collision des éléments incompatibles , qui se fatiguant mutuellement, paralysaient, affaiblissaient et exténuaient l'action centrale et vitale de la république. Les délibérations de la diète qui vont offrir le spectacle d'une lutte éternelle de partis, de principes, de passions, sont dans une continuelle perturbation. Pénétré de l'esprit de corps , l'ordre équestre se sentant attaqué , devenait plus ombrageux , plus soupçonneux, plus intraitable et avait recours aux moyens extrêmes de rupture; où le veto interposé , arrêtait toutes les tentatives dangereuses, cassait toutes les prérogatives iniques. Le liberum véto,n*est pas un droit vicieux en lui-même, dit un philosophe publiciste [344], il est le garant de la liberté publique. Le nonce d'Upita Siciniski, pouvait en 1652, par une insolence scandaleuse donner le premier exemple d'une rupture non convenue par la minorité , mais antérieurement, plus de 60 ans auparavant on se servait de ce moyen, et il n'a dégénéré en abus, que lorsque le désaccord intérieur et la dépravation dans le haut étage , arriva à une certaine maturité. Ordinairement , le veto , était le résultat d*une délibération de la minorité et était considéré par Tordre équestre menacé à tout moment, comme une sauvegarde conservatrice : elle arrêtait le fonctionnement de la machine , mais elle assurait son existence.
(344) J.-J. Rousseau, Considérations sur le gouvernement pol,c\ï^ 8.