ROKOSK, GONFÉDÉnATION
Pour faire marcher la machine politique dans laquelle le fonctionnement se trouvait dangereusement arrêté , ou mal dirigé , il fallait des remèdes plus violents , des agents énergiques : à cet effet l'ordre équestre se réserva les confédérations a sans contredit, la confédération est un état violentdans une république, dit le philosophe de Genève (345} : mais il est des maux extrêmes, qui rendent les remèdes violens nécessaires et dont il faut tâcher de guérir à tout prix. Cette forme fédérative , qui peut-être dans son origine eût une cause fortuite , me paraît un chef-d'œuvre de politique. Les confédérations sont le boucUer , l'asyie , le sanctuaire de là constitution. D C'est effectivement sous ce point de vue qu'il faut les considérer, surtout dans l'état déplorable de lutte, que les principes ennemis ouvrirent contre les institutions nationales. Ce chef-d'œuvre de la politique est certainement d'origine fortuite , car des motifs assez impérieux n'existaient pas encore pour lui , lorsque le génie populaire l'inventa. C'était pour arrêter la marche vicieuse des affaires, ou des autorités , pour réprimer le mal qui prenait racine , qu'on se confédérait sous lagellon , et avant son règne. Les confédérations prenaient une attitude militante , sans jamais venir à des voies de fait. Dans les temps du progrès surtout sous les deux Sigismond on ne pensait pas à des confédérations, aucun motif ne les rendait nécessaires, on recourut une fois à une démonstration plus douce, plus bruyante, mais plus paisible , à celle de rokosz , pour déposer les griefs , afin de faire refléchir et mieux agir les autorités ordinaires* Le rolfosz ne décidait rien , ne prenait aucune mesure efGcace, n'avait aucune volonté fixe, ni allure hostile au point de vouloir combattre. Les confédérations, au contraire, avaient toujours un but arrêté , une volonté décisive , elles statuaient et prenant une pose menaçante, s'armaient ou se montraient disposées à prendre les armes et à combattre. La confédération de Varsovie, décrétant la paix entre les dissidents, imposa une loi fondamentale, qu'aucune législation diétale n'osa abolir (346).
(345) Le même, chap. 9
(346) Yoici par exemple la confédération de Korczin formée en 1408