ÉTAT MISÉRABLE DES PAYSANS, EN LITVANIE
Le changement de nom, delà qualification de quelque chose introduit dans la législation, devient souvent très-important pour l'humanité, et la suppression de la dénomination d'esclave devait produire quelque adoucissement pour le peuple asservi, si elle était arrivée dans un moment plus favorable. En effet, ce changement ne devenait qu'une formule insignifiante dans la législation qui autorisait la vente de sa liberté ; Tachât et la vente des serfs, czeladz^, chlopoVt qui fixait le prix de leurs travaux dans le seul but de déterminer légalementla valeur des domaines, lorsqu'ils allaient être vendus, échangés, nantis, obérés, hypothéqués, avec le sol, le bétail, les prestations, les forêts, la corvée, les bâtiments et les hommes qui y habitaient* Le statut menaçait de peine de mort l'assassin de son sujet, mais il n'empêchait pas le mattrc d'infliger à ce sujet asservi telle peine que bon lui semblait. Si le sujet asservi succombait sous la torture de la juridiction domaniale , ce meurtre restait impuni. Et l'arbitraire de cette espèce de juridiction était d'autant plus sauvage , qu'il n'était ni guidé ni gêné par aucune formule de la justice communale. Le maître se faisait justice à lui-même, et s'il rendait justice à ses sujets, lise faisait payer, car le sujet ne devait pas se rapprocher du maître sans lui offrir un hommage , un présent, un bouquet. S'il allait se marier, pour la permission et en témoignage de sa sujétion, il payait une taxe , hiusica , qui délivrait de
(355) Eosque etiam quod in nonnuUis fit provinciis tamquâm bestias vendendo (Modrzev. de emend. republ. 79). — ^A litteris consensuariis. notarii, non debent exigera plus quam : ab unoquoque homine vendito per duos grossos ; a terra in qua seminatur decem tune (tonneaux) , per grossum ; a prato decem curram feni, per grossum (Statut. 1529, I, 16, ÎDDzial zbiorpravlitev., p. 156).