IV. PERTURBATIONS
rèumiliant prémtcedela nuit de noceH- ^^^ statuts empécihent de lever et changer les redevances , permettant aux esclaves mêmes de compter leur gain qui pouvait servir pour les racheter, par conséquent, ils reconnaissent la propriété des classes asservies; aussi le maître paye le salaire à ses serfs, il observe quelques formes et les habitudes en prélevant les charges et les services domaniaux de ses sujets , mais il répète que tout lui appartient, et l'homme et son gain. Le voyageur de cette époque reculée , dont nous citons assez souvent la relation comme autorité, assure bien positivement que a les paysans de la Litvanie sont encore plus misérables qu'en Pologne , et ne possèdent rien qu'un gentilhomme ne puisse prendre s'il lui agrée. Leurs pauvres maisons sont des hospijces francs pour ceux qui passent, et c'est peut-être la raison de leur
(*; Jus cunagii, se laisse plus convenablement expliquer en Pologne {voye;i ci-dessus note 70). En Litvanie, les chants plaintifs qui sont en usage chez les paysans lorsqu'ils vont se présenter k leur seigneur avant les noces, confirment malheureusement l'abus honteux dont ils furent maintes fois victimes. — Il faut cependant distinguer l'impôt de kunica ou les kuniczne plati, de iaSamogitie, qui étaient une imposition d'une certaine classe, qui payait chaque année 16 gros. En 1529 , cette imposition était réduite à 8 gros. Kunigas^ en Samogitie , ■signifie prêtre, duc, roi ; Kunica était donc une imposition royale. — Nous avons déjà remarqué (chap. 107), qu'il faut distinguer la Samogitie du reste de la Litvanie. La liberté primitive de la population n'y était pas affectée autant; à l'exception de quelques serfs, czeladz, toute la population , tous les laboureurs Samogitiens sont libres. Sigismondle- vieux donnant à la Litvanie un statut, prescrivit dans la même année 1529, une loi aux paysans de la Samogitie, en les qualifiant : lud pospoliti (vulgus) . {Voyez cette ordonnance dans Dzial zbior prav litev. p, 131-136). 11 y fixe les taxes, les impositions, le chariage et le service dû au domaine ; il détermine les taxes de la justice, et la marche de la juridiction ; il prescrit la justice de la dernière instance de son lieutenant namiestniie ou gouverneur de la province ; starosta zmudzki, devant lequel doivent se terminer tous les litiges entre le peuple et la noblesse. — En 1551 , la pétition de Samogitie demande (art, 11, dans Dzial. zbior prav litev, p. 464) qu'on n'empêche au peuple commun de chasser le gibier dans les fbréts du domaine public , suivant l'usage ancien. (De même la pétition de 1554 , art. 7, p. 496).
négligence à coUirer le pays, qu'an peu de labeur rendrait très-fertile. Us mangent d'un pain noir comme la terre et y laissent le son arec la farine ; leur boisson est une bière composée de toutes sortes de grains ou bien du médon (hydromel). Ce qu'il y a de paysans fait métier d'agriculture ; î1 y en a tel qui doit cinq et six jours de la semaine an manège de son seigneur (556), et à peine lui reste-t-il du temps pour gagner de quoi vivre petitement. C'est pourquoi ils n^ont point de fêtes, et le dimanche même , ils travaillent et donnent cette juste réponse à ceux qui les en veulent reprendre : aNe fautril pas aussi manger le dimanche ? s Avec toute cette dure sujétion, ils ont encore celle de la taille qui n'est pas moins rude^ car il faut , trois ou quatre fois l'année, qu'ils donnent de l'argent qui est très-rare entre eux , pour le besoin de la garde des frontières, et si le seigneur est avare ou tyran, il leur peut encore imposer quelques taxes. Leur habit est d'un mauvais gris; leurs souliers sont del'écorce de tilleul en manière de sandales (357.) o Certes, le Climat et les difficultés que l'agriculture, y éprouvent, aggravaient la condition misérable des paysans; mais elle était le résultat de leur asservissement, de leur oppression qui s'était appesantie sur eux depuis quelques siècles, qui avait affaibli et épuisé leurs forces. Aussi , le travail d'un paysan iitvanien comparé à celui d'un paysan polonais , était-il toujours inférieur , à moitié moindre, et pour labourer une vloka de la ferme , on comptait sept paysans établis sur la terre domaniale. Le pays, moins avancé dans la culture, offrant moins de ressources à la consommation, ouvrait aux propriétaires seulement des débouchés éloignés, et les communications intérieures étant encore rares et difficiles, par conséquent le chariage absorbait une grande partie du travail des paysans et des boïars , et ruinait leurs pauvres moyens d'existence.
(356) Czacki nous dit d'après les actes officiels de cette époque, que dans les domaines royaux, un paysan travaillait deux jours de corvée, dans ceux de la noblesse, trois et plus. €e nombre ne se relate qu'à un jour d'attelage ; Il faut y oompter ceux des piétons.
(857) Laboureur, relation, vol. II, p. 114, 115.