‹ Histoire de PologneChapitre 297 sur 369 · LES KOZAKS» PEUPLE CULTIVATEUR · texte numérisé non relu

LES KOZAKS» PEUPLE CULTIVATEUR

Ce fut des tles'de Dniepr trop peuplées par Tafflaence d'aventuriers , que sortit la nation kozake , lorsque la plupart d'entre eux enrichis de butin et rappelés par le désir de la société des femmes 9 acquirent des terres dans les plaines qu'arrose le Dniepr et se marièrent dans les villes de Pologne et dans les domaines de la noblesse polonaise. Ces stèpes, ces plaines immenses, rarement parsemées d'arbres ou entrecoupées par quelque trait boiseux , fertiles et abondantes en pâturage qui couvre et dérobe à la vue ordinaire, les haras indomptables des chevaux sauvages, offrent un pays éminemment commode à la population agricole et aguerrie. Dépeuplés, plus tard évacués par des peuples nomades , ils ouvrirent un établissement très commode à des kozaks , dont le courage et la témérité éprouvée allaient se reposer dans le calme de la culture et dans la douceur de la famille pour reprendre l'élan t de nouveaux exploits. Partout des friches se présentent à une culture facile. Tel grand propriétaire qui avait le titre domanial d'immenses terrains , cédait à perpétuité avec empressement les friches sans limites à des conditions légères aux kozaks , qui entraient en possession de terres, dont la propriété héréditaire ne leur était contestée par personne. Ils en payaient un cens , ou donnaient quelque redevance en nature et y étaient maîtres du sol ; ils disposaient de leurs biens et y avaient des brasseries , du bétail à cornes , des chevaux, des armes , des bâtiments et habitations. Encore un nombre très considérable des familles kozakes , avaient les terres provenant des donations de Sigismond le vieux, faites en 1510 avec de semblables franchises et'privilèges. Ils étaient assez nombreux du temps de Sigismond-Auguste , et au moment de l'union de Lublin ; mais il est évident qu'aucune idée civique ne surgit alors parmi eux , car ils n'entrèrent point dans le rang de la noblesse , comme firent à cette époque

(382) Rulhière» anarchie de Pologne, livre IX.

tant de populations da vaste empire litvanien ; et ne pensèrent point à leur exemple de se dôlirrer de ia dépendance domaniale et des redevances presque Insignifiantes desquelles le principe polonais délivrait tous les hommes libres qui entraient dans la jouissance du droit civique. Ils restèrent dans des provinces incorporées à la Pologne , comme ils étaient libres et égaux entre eux, sans être citoyens de la république; ils restèrent sous la sauve-garde de la seconde rédaction du statut litvanien réservée À leurs provinces et sous l'égide do quelques privilèges, obligés àservir la république les armes à la main. Leur nombre augmentait de jour en jour. Quand Batori leur donnait une certaine organisation , il ne demandait d'eux que 6000 hommes : c'était leur population. Quarante ans plus tard en 1620 , la république ordonna aux kozaks une levée de 30000 hommes , sans compter ceux , qui par milliers étaient en courses dans des pays étrangers. Un semblable appel ne fâchait point la population aguerrie : mais on se demande , d*où vient ce nombre si subitement croissant ? Une génération y certes , n*a pas engendré une quantité de guerriers aussi extraordinaire. On dit» que c'était les lies du Dniepr » la commune célibataire des Zaporoges qui donna tant de monde. Quelle a donc été cette race , qui alimentait cette commune stérile et la rendait un état aussi puissant ? On sait, que cette race étaient des paysans de la république qui fuyaient le joug imposé par la noblesse. D'abord c'étaient des paysans russiens rapprochés des zaporoges et des kozaks par leur position , leur langue , leurs coutumes , leur rite grec, schismatique, ou uni; puis c'étaient des paysans polonais, lechs, comme les russiens les nommaient , séparés par un espace de terre plus considérable y parlant un dialecte nn peu différent, observant le rite latin et ses habitudes particulières , mais possédant un sentiment animé et élevé , qui les décidait à changer le dialecte, à changer le rite s tous partaient vers les lies de Dniepr, prendre un nouveau baptême de sang dans des expéditions périlleuses et retrouver leur liberté , sous t'écnme bruyante des cataractes. Emancipés à la dure éoole de Zaporoges , ils entraient dans le sein des familles des kozaks cultivateurs et renouaient des relations avec leurs parents assujetti». La noblesse indigente s'y joignit: contrariée par

des principes élrangers et ennemis qoi tracassaient ses institutions, dégoûtée des contrariétés que les manifestations populaires éprouvèrent, elle courut se démettre de ses prérogatives pour jouir de Tégalité plus large chez des hommes libres et remuants 9 parmi lesquels elle répandait ses idées et tes prétentions plus élevées. Tels furent les éléments de la population kozake, qui la reformaient en un peuple; et ce peuple, à l'époque d'émotions ou de révoltes, qui éclataient prématurément, se trouvait dans un état prospère , dans sa plus haute gloire.

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