IV. PERTURBATIONS
kova en 1578 fat décapité pour rendre satisfaction à la porte Ottomane. Cependant , toute la fureur des kozaks se tourna d'abord vers la Turquie. Ils côtoyèrent tous les bords et les rades de TEuxin , dans leurs czaïki , ou bateaux légers ; bravant les flottes ottomanes et ravageant les grandes villes aussi bien que les campagnes de TAsie et de l'Europe; pillant mémr; en 1591 , sous leurs hetman Szach , les faubourgs de Constaiitinople (383). La Turquie , irritée à l'excès , menaçait la Pologne; celle-ci à son tour s'efforçait eovain d'arrêter les aggressioDS des kozaks , essayait sans succès de châtier leur
(383) Les Kozaks font guerre continuelle aux Turcs (dit Laboureur, vol. Il, p. ^28, 229, suivant le récit de Piasecki), non-seulement par terre, mais par mer. descendant jusqu'au milieu delaNatolie. Ils dressent une manière d'armée navale toute extraordinaire , car leur plus grand vaisseau, qui peut contenir 80 à 40 hommes, est d'un seul arbre de tilleul, qu'ils creusent et le plient de sorte qu'ils en font une barque légère, qu'ils garnissent en dedans de peaux ou de cuir, et l'entourent aux côtés de petites bottes de jonc, qui rompent doucementles flots de mer, et les tiennent assurés au milieu de la tempête. Avec cela, étant suffisamment fournis d'armes et de provisions , ils entrent au bout de 30 lieues d'eau douce de Borysthène, dans la mer Ëuxine, sans craindre les forteresses que le Turc a sur les côtes et aux embouchures des deux côtes, passant au milieu, hors de portée, si ce n'est qu'ils soient assez forts pour les attaquer, car ils les ont quelquefois forcées, et ont été avec cent de ces chaloupes, ou petits brigantins, mettre une armée de terre dans le milieu de l'Asie mineure, et pris des villes. Trebizonde a fait joug à leur puissance dans notre siècle, et ils ont encore pris et saccagé Sinope, mais j'admire encore d'avantage leur hardiesse d'avoir été piller les faubourgs de Constant inople à la vue de la ville, du grand seigneur et de sa cour. Les Turcs n'ont presque jamais eu d'honneur de les attaquer sur la mer Euxine , ils ont été souvent battus, et quand ils ont eu une puissante flotte, les kosaks qui connaissent tous les havres, se retirèrent avec leurs petits vaisseaux en des lieux de sûreté où les autres ne sauraient aborder. Leur nom porta la frayeur par tout l'état des Turcs ; il n'y avait rien qui leur fût plus formidable. Le sultan Araurat I avait coutume de dire que la haine des princes chrétiens ne l'empêchait pas de dormir tranquillement, mais que les Kozaks, qui n'étaient qu'un rebut des Polonais, lui causaient souvent de fort mauvaises nuits.
•i<iO CONSIDÉRATIONS, 1607—1795.
insubordination. Ses efforts devenaient d*aatânt plus impuissans , que le roi Sigismond III , cl la camarilla de son gouvernement, favorisaient les intrigues catholiques de l'Autriche . l/empereur Rodolf II, en guerre avec la Turquie , animait ces entreprises des kozaks , il leur envoyait des armes , des munitions , de l'argent, des drapeaux de l'empire, des titres cl des nominations, comme s'ils dépendaient de l'empire. Cblopicki , Loboda , Nalevaîko , Savula , chefs des kozaks , portaient la bannière impériale jusqu'en Hongrie , et au moment de la révolte de Nalevaîko en 1596, on trouva chez les vaincus ces signes impériaux. La cour royale, qui laissait à l'Autriche recruter des volontaires dans toute la Pologne , ne s'opposait guère à ces méfaits des étrangers. La républi- (lue ou l'ordre équestre , dans sa colère , déclara déjà en 1607, la destruction des gucrroyeurs hérétiques , lorsque l'aggression sur Moskou , à l'occasion de différents Dimitr, tournant les entreprises des kozaks vers ces régions, livrées à la dévastation , fit ralentir pour quelques années cette étrange complication, qui faisait agir dans une confusion extrême les ressources de la république d'une manière si contraire et si funeste. Les désordres de Moskou , n'étaient pas encore ter* minés , quand ce revirement recommença. Pour cette fois les turcs ne se contentèrent plus de leurs avantages remportés sur les seigneurs partisants de Mohila , ni de ce que les kozaks furent retenus par le hetman delà couronne Zolkievski : ils demandèrent et ils obtinrent la cession de la Moldavie par le traité de 1618 ; bientôt ils remportèrent en 1620 la victoire de récora , qui leur assura cette acquisition ; enfin ils combattirent en 1621 , pour rafTerrair cette possession par le traité de Chocim. Trente mille kozaks, accoururent, conduits parle fameux chef Pierre Konaszéviczà rompre les lignes épaisses des turcs, qui serraient Chocim; en môme temps un détachement des kozaks lissoviens de 8 à 10000 hommes envoyés en 1618 et 1628 par le roi Sigismond II [ en Allemagne, servait au but sanguinaire de Ferdinand II : Hongrois , Bohèmes, Slaves, Allemands en furent victimes. Et pour bien concevoir Tesprit de l'époque , il ne faut pas oublier celte baguette magique de Wallenstein , remuant la multitude de différents idiomes et celle entre TOder et le Dniepre alléchée