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IV. PERTURBATIONS

par Tespérance de bonne fortune , volant tout de même sur les champs de désolation. Depuis la première organisation des kozaks par Sîgîsmond le vieux, durant soixante-huit ans (1510- 1578) , la Litranieet la Pologne , et pariîculièrement les provinces russienncs se réjouirent du service que les zaporoges rendirent, en défendant la frontière des incursions des tatars ; depuis la seconde organisation effectuée par Batori , les cinquante ans suivants (1578—1636), les exploits téméraires, établirent leur haute renommée dans toute l'Europe ; leur poptilation grossissait, multipliant les embarras à la république, et grandissait dans les conceptions politiques. Soit que les turcs aient pris des mesures plus efficaces , pour empêcher les excursions des zaporoges ; soit que la république réussit à mettre un terme adx tergiversations extérieures des kozaks ; soit enfin, que les kozaks eux mêmes réfléchirent et portèrent leur attention sur leur position et vers l'état dont ils faisaient partie : il est notoire que leurs course^ se ralentirent simultanément avec les courses des magnats. Magnats et kozaks , tout se replia vers ses foyers , tout se concentra dans Tintérieur de la république , déchirée par des principes divergeants.

188 LES COlLISIONS AVEC DES KOZARS SE MULTIPLIENT.

Pour soutenir continuellement une grande armée permanente, sans danger pourla république, il faut marcher de conquête en conquête. L'ordre équestre comprenait bien celte maxime; il l'augmentait et la diminuait selon les besoins et dirigeait toujours ses sollicitudes, plutôt à sa réduction. Pour soutenir avec succès et sans danger pour le repos de Tempirc , une milice permanente , comme classe distincte de Tordre civique , il faut être entouré d'ennemis qui alarmeraient continuellement l'état et le forceraient à des combats sans relâche, t'ordre équestre éprouva ce danger avec les kozaks. Leur service s'effectuait à leur frais; Tordre équestre n'avait que son autorité pour leur imposer les dispositions pacifiques, pour les désarmer; ou ses propres forces pour les réduire à Tobcissance. Tant que l'attention de la milice kozake , fut tournée en dehors , la seule insubordination tour-

m CONSIDÉHATIONS, 1007—1795.

mentait la république ; les autres motifs de mécootentement et de collisioane furent que secondaires. Mais dès que l'esprit de la milice se toqrna vers Tintérieur , les motifs secondaires de sa turbulence, deyenaient de la plus haute importance. Bien que vingt ans s'écoulaient depuis que la république menaçait en 1607 de détruire les guerroyeursnon-caiholiques, qu'effectivement des mesures plus sévères vers 1630 rétablirent la subordination; cependant l'effervescence ne faisait que s'animer , la vigueur envenimait l'esprit des kozaks qui soulevaient leurs idées et leurs prétentions à mesure qu'ils se voyaient plus maltraités ou opprimés. Depuis que le synode de Brzesc et la proclamation d'une nouvelle union du rite grec avec le rite latin , le zèle des unis et des jésuites , redoublant d'activité, essaya de gagner la conscience des kozaks, rien ne décelait s'ils y ont fait quelques progrès , lorsqu'en 1617, un voyageur Theopbane , reconnu à Moskou pour le patriarche de Jérusalem , apparut au milieu des kozaks prêchant la vraie orthodoxie. Il anathématisa Tunion de Brzesc fulmina contre les infidèles , réprouva et condamna les expéditions des kozaks contre les moskovites orthodoxes et réprimanda leur hetman Pierre Konaszévicz qui les conduisait, enfin en donnant des bénédictions, il ordonna un nouveau métropolitain de Kiiov , Borecki , et le confia à la protection et au zèle des fidèles, en recommandant d'exterminer les damnes papistes. Konaszévicz reçut humblement toutes ces dispositions, et bientôt déposant sa dignité de hetman , se déroba dans un monastère , d'où, rien ne put le faire sortir, que la nouvelle seule , que son successeur Borodko, parjure à sa foi , prêtait l'oreille aux suggestions de la cour et des jésuites , pour trahir l'orthodoxie (*). L'anxiété pénible s'em-

{*) Sigismond III, pour avoir les secours des Kozaks contre les Turcs, envoya en 1621 un ecclésiastique Obornicki, qui fît une relation de sa mission et de ce qu'il a vu chez les Kozaks : Fuit consilium sive conventus Cosacorum 15 junii , duravit tribus diebus, aderantet spiritnales, D. Metropolita Borecki et incitavit me ad suam curiani post duas hebdoraadas; D. Kurczevicz electus vladyka (évoque) a Cosacis, ,100 popi (ecclésiastiques séculiers) et 50 czerncis (moines). Peroravit ycum niolu D. Borecki primo ôw veheraenter contra rempublicam et

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pare des kozaksà ce bruit. Kooaszévicz reparait subitement , assassine le traître Borodko , sauve le cnlte , et conduit ses

serenissimum conquerendo» quod eorum antiqua et sancta religio opprimatur, toUatur, coacuLcetur. Tum.prodaxit litteras a Vilnensibus datas, quas legit et cathalogum receosuit, quod suât ibi mactati propter religionem, quod iacarcerati, quod projecti in cloacas. Deinde saïdaczQy (chef) protuUt Utteràs a patriarcha illo iinpostore (Theophano), quas primo osculatus est, postea in verticera, postquam lectae sunt, capitis posuit. Tune statim sublato in cœlum clamore jurabant omnes se fidem suam antiquam defensuros az do gardla (jusqu'à mort). Altero dieadductus in médium circulum legatus serenissimi.(Obornickiipse), cui slraverunt tapete in terra appositis duabus lagenis, sive tonnulis lignais, ubî paucis est eos affatus, jussit D. hetman Brodavka (ou Borodko) explodere bombarda et tor monta, quae explosio duravit continuo duabus horis. Qua finita juiabant fidelitatem serenissimo, et in praesenti necessitate regni promptissima obsequia, si quod pètunt obti- D uerint. Tertio die assigna verunt centuriones, tribunos, attaraanos as savulose t legatos ad serenissimum. D. saïdaczny, D. Kurczevicz et aliosduos. Summa legationis prascipua, ut serenissimus, approbethos omnes pro metropolita et vladicis, quos patriarcha consecravit, aliquin captivabunt nobilitatem ut suasit Borecki. Postea fecerunt delectum inter se, quibus danda esset pecunia regia et his solis judicarunt dandam, qui arma bona haberent et qui mari aliquoties fuerùnt contra Turcas ; itaque duobus unum aureum dederunt. Fuerunt vero selectiqres cosacorum in equis cum sclopetis quadraginta millia. Tandem assignatis oppidis, pagis pro stationibus, constitutis etiam pœnis et legibus, discesserunt in pace et statim pro nocte venerunt tria millia in

Bialacerkiev hetman Brodavka dédit licentiam

suis Cosacis, per Ukrainam Judseos spoliandi ; quod fideliter faciunt. Valde timendum est, ne Cosaci turbent multa etsi beilum servile. Valde hic dominatur et modo major crescit audacia et licentia , quando in tanto numéro et potentia se esse cognoverunt , Brodavka in oratione sua in consilio suo dixit hoc in cœtera : przed woïskiem zaporozkim^ drzy ziemia polska, turecka iwszystek sviat (Pologne, Turquie et l'univers tremblent devant l'armée des zaporoges). Deus hic conservet paucoset malos catholicos ; nam, quo esset fugieodum, locus non est, et sumus deserti ; oppida , pagi vastata a Cosacis ; homines non sunt, co zylo poszlo V kozactvo (tout ce qui vivait est devenu kozak) (epistola de l'abbé Obornicki, expédiée le 28 juin 1621 de Faustinov, prèsKiiov, dans l'histoire des églises helvétiennOvS en Litvanie, par Jos. LvkaszC"

guerriers sous Ghoctm pour faire triompher la république des turcs (1621 mois de septembre). Depuis cette époque les kozaks sont déclarés les soutiens de l'orthodoxie du rite grec ctKiioy avec l'Ukraïne sont déchirés par le schisme de deux métropolitains ("}. Après la mort de Sigismond 111 , en 1632, survint une autre question. L'ordre équestre , assemblé sur le champ de l'élection , reçoit les demandes de plusieurs princes y des quartuaires ou de Tarmée permanente et des kozaks , de l'admission aux votes ce qui était la plus haute prérogative d'un citoyen noble. Eh I pourquoi non ? pourquoi les kozaks qui choisissaient leur hetmau étant tous candidats à cette charge ; pourquoi ne pourraient-ils par la même raison ) se présenter à la royauté av^c des nobles et ne porteraient-ils leurs suffrages au chef de la république , dont ils sont une portion bien méritée ? L'ordre équestre > sans être surpris de ces demandes, répondit aux princes, que comme ils s'arrogent un rang plus élevé que la noblesse, il dérogerait au principe de l'égalité s'il les admettait aux élections ; aux quartuaires on a dit , qu'étant soldés par la république , ils ne peuvent prétendre à une si haute prérogative; quant aux kozaks , c*est avec colère que l'ordre équestre signala qu'ils

vicz, t. I, p. 165, 166). Les craintes d'Oboraîcki bq sont réalisées, mais rhetinaiiBrodavka,malgré ses; propos menaçaols; est devenu suspect par la mission d'Obomicki, et périt.

(*) La persécution jésuitique des désuais prévoyait déjà un grand malheur. Voici comme s'exprime le prince de Zbaraz, écuyer de Litvanie, en portant àla diète de 1627, les griefs de son culte. » Quel avan tage en aie roi de taut de perturbation avec la nation russienne? L'avantage en est que nous sommes dix-huit nations slaves, nous espérions trouver le salut pour nos franchises dans les rois de Pologne, nous avons pensé que la nation polonaise les délivrera du joug des payons; toutes à chaque occasion étaient prêtes à donner leur vie pour le roi et la nation polonaise ; depuis qu'on a commencé à faire tort à la nation russienne, toutes sont nos ennemis déclarés, ils aiment mieux à présent périr dans une guerre, perdre leurs femmes et leurs enfants par le feu, comme ceux oe Smolensk ont fait, que de nous seconder avec leur sang. Et quel est l'obstacle de calmer Moscou, si ce n'est le culte russien outragé? (Jos. Lukaszévicz, hist. des églises helvet.^ 1. 1. p. 172)

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