TOME n
C6 CONFËDËBATION
À5. Kailmlr Pulaski el Damonrler ; Sava» 1771.
Kazimir Pulaski , par ses campagnes antérieures , fit connaître son audace et son génie entreprenant. Par nne fatalité qui s'dttache souvent aux hommes dévoués , il avait des envieux qui continuaient à nourrir des suspicions. La généralité eUe-même lui attacha Mosinski comme surveillant. HeureusementMosinski savait estimer le surveillé. On remarquait une jalousie entre Pulaski» jeune encore, etZaremha ancien militaire. Pulaski se trouvait donc avec ses conceptions et son esprit indépendant trop isolé et peu disposé à se fier aux autres. Cependant les retranchés dans Varsovie avaient peur de lui ; on disait que Taudacieux Pulaski oserait tout. Poor arrêter le danger, Drévitch propose d'en finir avec Pulaski par la prise facile de Gzenstœhova : le général Weymarn le charge de cette expédition. Au fort d'un hiver rigoureux, an mois de janvier 1771 , Drévitch ayant sous ses ordres tf^œo hommes avec Tartillerie prussienne, pousse les attaques et homharde la petite forteresse; Pulaski le repousse par ses sorties et le force enfin , lui seul, de se retirer avec honte. Zaremha était avisé et appelé par Pulaski, mais il crut, mieuxdefaire une diversion éloignée , en alarmant le colonel Ren , sous les murs de Posen. Sava se préparait alors à faire une irruption en Lllvanie^en faveur de Kossakovski , qui continuait ses courses sur les frontières de Kourlande et de Bu sie. Sava s'avança en Podolie, où il fut arrêté dans sa marche par Xavier Branicki. Il retourna donc dans ses propres cantons où il obtenait depuis si long-temps tant d'avantages ; là , le 26 avril 1771 , atteint et attaqué par Souvarov, près de Szrensk, il. Xut grièvement blessé; séparé de son corps à cause de sa blessure, il tomba prisonnier dans les mainâ des Russes, il mourut peu de jours après à Prasnysz. Souvarov et Branicki se dirigèrent vers Krakovie. Branicki attendait des renforts russes et se proposait de soumettre Zaremba avec lequel il commença à traiter près de Yidavka : mais avant que ces renforts fuss^t arrivés à leur destination, Branicki, battu, put à peine sauver sa vie. Il reparut bientôt là où Souvarov était aux prises avec Pulaski , où les Russes, à difiérentes reprises, attaquèrent
vigoureusement Bobrek, Tyniec, Landskron, sans succès ^ quoique ces places ne fussent que des châteaux fortifiés , il» ne purent s'emparer d'aucune. La défense fut attribuée à juste titre à la direction des officiers français. C'était le fruit de rintérèt que la France témoignait aux confédérés : mais depuis que Ghoiseul était tombé en disgrâce , et éloigné du ministère ( 24 décembre 1770 ) , Dumourier ne fut plus secouru par sa cour comme auparavant et éprouva des désagréments. Le 22 juin 1771 , il perdit un combat près de Landskrona; les suites en furent fàcbeuses.Il se plaignit dece que Pulaski était absent , qu'il s'éloignait jusqu'à Zamosc infructueusement , et attribua sa défaite à cette bardio excursion. Après cette défaite , Branicki poursuivit Valevski jusqu'à Biala ; Osviecim et Bobrek furent évacuées, Souvarov qui participait à la victoire des siens , se retourna contre Pulaski et échoua dans sa poursuite, Pulaski parvint à entrer dans Gzenstochova. Dumourier, mécontent des circonstances, se brouilla avec Pulaski, de conciliant comme il devait être, il devint impérieux, aliéna les esprits des autres et peu après s'éloigna dégoûté de sa position.
&6» Ttolente maladresse de Saldem; désastres des confédérés, 1771.
Les trames ourdies dans les ténèbres de la diplomatie contre la république , chargeaient déjà d'épouvante l'esprit public. Au seul roi Poniatovski , le projet de démembrement parut toujours chimérique. Depuis la visite du prince Henri» on débattait à la cour de l'impératrice Catherine II, le parti que Ton devait prendre; l'opinion était divisée. L'orgueil russe bouffi par le triomphe qu'on remportait de l'empire Ottoman humilié^ considérant l'acquisition de la Pologne entière comme nécessaire et bien méritée par tant d'efforts , se révoltait à l'idée d'une participation au butin de ceux qui , depuis plusieurs années, contrariaient et entravaient les démarches de la Russie. L'autre parti voyant l'épuisement de Tempire ge préparait à prêter l'oreille aux exigences des astres cours, et à sacrifier sa proie, pour interrompre iMnterminable latte. Catherine II ne s'expliquait pas encore.
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mais elle envoya au mois d'avril 1771, en remplacement de Yalkognski, Gaspar de Saldern, avec les instructions les plus pacifiques (27). Il devait tout accorder aux Polonais , hormis la vacance du trône ; il pouvait même agréer la constitution qu'on présenterait, et retirer la garantie de la Russie si on rédigeait. Mais il était de ceux qui ne veulent pas céder un pouce de terre de la Pologne ; avec ses dispositions sombres, violentes et sauvages, il croyait la réduire entièrement. Dans sa déclaration contre les confédérés, H les désigna comme des brigands, des scélérats, des criminels ; il réveilla les procédés féroces de Drévitcb ; de telle sorte que le général Weymarn ne voulant point partager tant de honte, demanda et obtint son rappel. Saldern incrimina les vues de l'union politique, l'accusant de connivence avec les cours étrangères et les ennemis de l'impératrice, parce que cette union proposait la réconciliation des confédérés avec le roi, sans l'intervention de la Russie. Dans ses emportements, il en fit arrêter le chef, le primat Podoski,ce qui fut désavoué et blâmé par l'impératrice. Il sévit contre ceux qui avaient une correspondance avec cette union , qu'il força de se dissoudre Dans sa colère se trouva impliqué le hetman de la Litvanie, Michel-Kazimir Oginski , qui prolongeait sa neutralité quoiqu'il eût été pressé par la France et même par TAutricbede se déclarer pour les confédérés. Oginski voulant enfin prévenir le coup déjà préparé par Saldern, réunit sa petite armée de 2,000 hommes , et remporta , le 6 septembre 1771 , une victoire entre Chomsk et Radzica (ou Pendzica), sur les Russes qui s'étaient avancés contre lui. Mais bientôt, le 23 septembre, surpris par Souvarov à Stolovicze, et trahi, il fut forcé de fuir à Kœnigsberg , toutes ses troupes étant mises en déroute , à l'exception delà compagnie tatare commandée par Bielak, qui échappa et se retira en ordre.C'était un nouveau désastre pour la confédération , qUi était déjà accablée par tant
(27) Sous prétexte de sa mauvaise santé, le prince Yalkognski s*était déjà absenté de Varsovie, en 1770, étant remplacé par le général Weymarn , qui remit ses lettres de créance le 3i mai de la même année. Quant à Saldern, il eut sa première audience publique le 30 avril t771 £on instruction était du mois de février de celte année.
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d'autres et commençait à languir. Encore dans les moments les plus prospères pour elle, elle se ressentit de ces bruits d'incertitude qui énervent la vigueur. On parlait d'intervention, de secours, de coopération étrangère , on conseillait de ne pas risquer beaucoup, de temporiser. D'autre part, de sinistres présages que la confédération ne durerait pas longtemps, répandaient une indécision pénible, et travaillaient les esprits les plus ardents. L'espoir des secours disparut enfin, les mauvais augures seuls frappanlle sentiment patriotique, insinuaieni à la réflexion froide et découragée que la confédération ne durerait pas longtemps. L'ennemi se multipliait, les désastres se succédaient. Après la défaite d'Oginski la Litvanle mit bas les armes ; Kossakovski disparut de la scène patriotique. Le vieil hetman de la couronne Jean Klemens Branicki mourut à Bialystok, le 9 octobre 1771; avec lui la confédération perdit le représentant de l'indépendance nationale , et les ressources de ses trésors. Dans différents combats, les confédérés perdirent leurs meilleures troupes, quelques magasins, et plus de trente pièces de canon. Dans les cantons plus rapprocbés de Varsovie on ne voyait plus d'insurgés : tout se concentrait vers la haute Vistuie. On ne voyait plus cet empressement qui soutenait unnombre respectablede combattants. La France ne refusait pas encore ses secours à la confédération, mais son assistance commençait à languir. A la place de Dumourier elle envoya Viomenil qui avait sous ses ordres plusieurs officiers distingués : Gholsy, Kellermann, Chariot, Saillans, Desprès, Galibert et autres. L'activité réduite à une petite échelle s'était ralentie lorsqu'arriva l'enlèvement retardé du roi.