Enlèvement du roi; la diplomatie crie au régicide, i77i
L'aventurier Dzierzanovski,confidentdu roi, avait formé le projet de l'enlèvement de l'ambassadeur russe Bepnine. Le roi l'avait trahi. Dzierzanovski se sauva et nourrissant une haine implacable contre son délateur, inventa le plan de le livrer aux confédérés. Depuis ce temps, Kossoski, Tressemberg, Birzinski formèrent le même projet, avant qu'il ne fut mis à exécution par Stravinski, Zakrzeycki et Lukaski.
Slravinski commaniqiu ce projet à Palaski qui y consentit à condition pourtant qne les jours de Stanislar-Auguste seraient ménagés. Stravinski le Ini promit en l'assurant que s*il avait en l'intention de le tuer , il en aurait trouYé l'occasion, mais qu'il ne donnerait jamais un exemple inconnu dans les fastes de son pays. 11 n*y aurait lieu à commettre ce meurtre, ajouta-t-il, que dans le cas , où en le conduisant, nous serions poursuivis sans espoir d'échapper. Alors, reprit Pnlaski , tous enverrez un trompette dire qu'en vous poursuivant on compromet la vie de la personne enlevée. Après cette décision ils se séparèrent. La foi d*un serment terrible garantissait la vie de celui qu'on allait saisir. Les conjurés en petit nombre, trouvèrent moyen malgré de fortes vedettes russes de se glisser dans Varsovie. Pulaski , d'après la convention, par des manœuvres habiles, sut attirer l'attention des Russes sur le champ de bataille, pour les détourner sur ce qui devait se passer dans la capitale. Pendant la nuit du 3 novembre 1771, les confédérés saisirent le roi au milieu de la rue du Miel (JlftWoi?a), vis-à-vis de l'église des Capucins et le conduisirent hors des remparts de Varsovie* Stravinski sûr de Texécution de son entreprise, suivait lentement ses compagnons et Lukaski les devançait trop vite. L'extrême obscii ri té de la nuit, Tignorance des lieux et la concision de leurs voix, éloignant les confédérés les uns des autres, le nombre auprès du roi en diminuait, enfin la frayeur dispersa le reste, de manière que le roi se vit seul avec Kuzma dit Kosinski. Celui-ci, apostrophe par Stanislav-Auguste, finit par céder; il le reconnut pour son souverain et lui demanda son pardon. Le roi lui donna la certitude qu'il l'obtiendrait. Après quoi , Kuzma l'accompagna au moulin situé près de Burakov, le roi lui-même indiqua le chemin : et tandis que le roi, après avoir expédié un billet au général Coccei , chef de la garde de la couronne, en lui annonçant sa miraculeuse conservation , s'endormit exténué de fatigue , Kuzma , le sabre à la main , veilla auprès ife son monarque et servit de sentinelle. Coccei accourut bientôt avec un détachement de la garde, et à peine la nouvelle de la disparution du roi s'étaitelle répandue dans Varsovie , que le roi quoique blessé fortuitement à la tète au moment de son enlèvement , se
trouvait déjà dans son ch&teau. Cet acte téméraire des confédérés servit depuis de prétexte ponr les accuser d'un attentat sur la personne du roi. Stanislav Auguste lui-même, pour s'attirer plus de compassion, ne manqua pas de laisser croire à cette accusation. Un long procès fut entamé contre les conjurés. Pulaski fut impliqué dans l'enquête. L'honnêteté se déclare franchement, et il se proposa de donner publiquement toute les explications possibles : mais bientêt détourné par quelques conseillers, il dévia du chemin de la franchise soutenant mensongèrement qu'il ne savait absolument rien, ce qui lui fit tort et servit à la calomnie. Les cours étrangères s'empressèrent d'envisager l'événement du 3 novembre comme une tentative de régicide. Le roi de Prusse déclara que les confédérés avaient mérité la vengeance de toute l'Europe. Le ministre Raunitz exigea que la généralité reniât son consentement à cet attentat si elle voulait que les membres de la confédération eussent encoro asile dans les états autrichiens. Contrainte par la nécessité , elle le fit avec une dignité convenable.