IV. PERTURBATIONS
sont noD-nobles , de basse extraction et qulls ne peuvent se comparer avec la noblesse. En d'iautres termes , les^ moteurs de cette question» demandaient ranoblîssement des non-nobles kozaks , mais propriétaires cultivateurs et gens d*armcs. L'esprit de corps de la noblesse s^offense de cette insolence ; cependant la condescendance de sa part penvait sauver la république dés malhienrs qui survinrent. Encore le nombre des kozaks était déterminé , encore ils se «onsidéraîent comme population d'un canton , une classe d*btibîiants de la Polo« gne ; leur conception ne seporta pas versi'idée d'une nation à part; une fois anoblis en masse et'Conioodus dans Pordre équestre , ils devaient nécessairement disparaître avec leur nom et leur élément, ils devaientcesser d'exister.- Cette occasion favorable manquéo, déclara une rupture décisive entre l'ordre équestre et le peuple kozak 9 qui souleva bî^itôt des obstacles iosurmonlables. On prévoyait ces difficultés et pour les prévenir , on conspira la destruction des ko2»il».
139 ASSEIIYI98EHENT "OKS KOZAKS.
Le cri de destruction a été compris par les magnats et les starostes. Ce n'était pas l'extermination ou le massacré de la population nombreuse» mais son asservissement qui devait la détruire. Pour cultiver les fricbes des vastes domaines delà couronne et des seigneurs, on établit en Ukraine comme ailleurs, cette classe laborieuse des serfs qu'en appelait sujets» |>od* daniy chlopi, qui n'avait pas de propriété , mais était propriété de la glèbe» qui devait travailler la corvée» rendre des redevances » et payer des taxes imposées par les seigneurs. La culture de ces friches étant plus facile » plus productive et le désir des seigneurs d'en tirer un profit plus empressé , cette classe y était favorisée et elle y trouvait des établissements plus commodes. Les seigneurs eux mômes recevaient et protégeaient les fugitifs » faisaient venir de nouveaux colons de ses autres domaines et leur accordaient des immunités pour dix» pour vingt ans. Ëtil y eut un temps» où la classe asservie» respirait avec plus d*aisance à côté de la liberté des kozaks. Mais ce temps d'adoucissement s'envola bien vite : sur plusieurs points, enfin partout dans l'Ukraine, l'état de la classe labo-
2(56 COiNSiDÉRATIONS, 1607—1795.
rieuse , s'aggrava. On augmenta la corvée Jes taxes , les redevences; la coéquation avecTétat de chose , dans d'autres pro-* vinces , marchait à grands pas. On imposa des taxes pour le baptême, pour le mariage , kuniea, on imagina mille vexa* tiens. Le seigneur converti au papisme , forçait la religion de ses sujets. Ce sort sous lequel succombait la classe des serfs , était aussi réservé aux kozaks , tant par le système général de la domination de Tordre équestre» que par des mesures prises pour détruire les kozaks. Encore à celte époque , il y avait dans ce pays là, peu de fortunes médiocres , tout a été partagé entre les domaines royaux et des magnats ; ce furent donc les magnats et les starostes , secondés par les jésuites et les juifs qui forgeaient les chatnes aux kozaks. Les seigneurs et les administrateurs des biens royaux , habitués à traiter les paysans en esclaves , ne connaissant point de condition entre l'esclave et le maître , s'efforçaient de réduire les kozaks à la même servitude. Ils prétendaient les charger des ménres redevances que les paysans polonais, les assujétir aux mêmes corvées. Les juifs qui de tout temps ont fait valoir les biens de la noblesse , voulurent ajouter cette nouvelle richesse au profit de leurs fermes, arrachant aux kozaks le petit commerce , leur gain , les boissons , s'emparant des monopoles. On enlevait aux kozaks , leurs temples , leurs cimetières ; on établissait des tribunaux sous la direction consciencieuse des jésuites (384) ; on exhumait et insultait les ossements des schismatiques. Par de sourdes provocations , par des violences et des injures, on excitait les persécutés à des tumultes , à des révoltes, pour en tirer tout l'avantage , pour avoir un motif de punir, de sévir, et d'imposer Icjougle plus pesant. La barbare avidité des magnats et des starostes, préparait des malheurs et des dommages incalculables à la république. Dans ces années de tranquillité à l'extérieur, on porta au plus haut degré , les vexations , l'oppression et la violence : en même temps on vociféra devant le sénat et le roi, qu*il fallait refréner la licencci des kozaks ; et pour prévenir toute commotion , on décréta d'ériger une forteresse. En effet on
(384) Omnera jurisdictionera iostinctu reverendorum patrum jesiiitarum in ilU s usurpando (Gmndzki).