‹ Histoire de PologneChapitre 304 sur 369 · IV. PERTURBATIONS · texte numérisé non relu

IV. PERTURBATIONS

(éprouvé tant de revers, tant de pertes , tant d'hamiliations, jamais il n'a décelé tant d*acharnement, tant de sacrifices, que dans celle funeste occasion. La flcar de la jeunesse moissonnée, ses fortune^ ruinées de fond en comble, ses familles égorgées, les meilleurs de ses combattants tués, ses ressources épuisées, et cependant chaque fols il vote unanimement, il accourt de tous les palatinals avec un empressement sans exemple pour recommencer celle guerre fatale ; ni les fautes de ses commandants, ni ses propres méprises, ne démentirenl jamais cet empressement extraordinaire ; il fit un pacte indissoluble avec ses magnats , dont il allait arrêter l'orgueil, aucune désunion sur ce point ne le sépara dans cette conjoncture ; des discordes personnelles des chefs dérangeaient quelques manœuvres militaires, engendraient des désastres, mais aucune dissension n'éclata dans le corps de l'ordre menacé ; son aristocratie et lui, d'accord, firent cause commune. On jeta l'alarme qu'un Ossolinski , qu'un Radzieîovski , s'entendaient avec les Kozaks, qu'ils les provoquaient à la révolte qui était immanquable, mais l'ordre équestre comprit bientôt que le manège de ces magnats n'avait point pour but la cause du peuple, mais seulement l'avantage d'une faction, et qu'il n'aurait produit que la direction aristocratique d'une révolte déjà inévitable. Ne les a-t-on pas provoqués parfois précédemment à des tumultes, à des révoltes, d'où l'on a tiré l'avantage , qui les réduisit à l'obéissance^ à l'assujettissement. Bien que le joug dernièrement imposé, portant ïeur exaspération au plus haut degré, pouvait leur donner plus de force ; la victoire nouvelle devait les soumettre et les subjuguer à jamais, les décourager les asservir et rendre les révoltes impossibles. Malgré tout ce calcul, l'aristocratie recula devant le danger , sympathisa dans cette perplexité avec l'ordre équestre qui était tout entier soulevé ; il n'y avait que peu de nobles dont le sentiment ce portât vers les kozaks et le peuple. Il y en avait cependant, et c'est assez de citer un Krziczevski , pour dire que la conviction de leur bonne cause les porta à cette participation contraire à leur naissance.

210 COiNSIDERATIONS, 1607—1795.

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