IV. PERTURBATIONS
de trente ans en Allemagne, depuis quelques années sur son déclin, allait être finie, et n'appelait plus de volontaires ni d'aventuriers qui y venaient de la Pologne, comme des autres pays, par conséquent, un nouveau surcroît s'offrit à la force de Chffiielnicki, si des empêchements majeurs ne se présentaient. Cependant, des essaims de paysans polonais des provincefi occidenUles grossirent la foule des kozaks. Enfin , le peuple passif pendant tant de siècles, montrant depuis quelque temps son mécontentement par des émeutes isolées , s'ébranle et se lève contre son ^oppresseur. Chmtelnicki et le» kozaks s'avancent, en 1648 , de l'Ukraine par les provinces russiennes, jusqu'à Leopol et Zamosc ; partout , des milliers de paysans russiens se lèvent. Plusieurs détachements des kozaks entrent dans la Litvanie, ils y trouvent leurs co-reli- ^ionnaires» le peuple du nrômo idiome ; paysans et bourgeois y sympathisent, livrent des campagnes ei des villes considérables aux aggresseurs. Les kozaks y sont maîtres du tiers du duché, comme ils le sont des provinces russiennes du midi , où différentes villes fraternisent avec eux. La révolte des kozaks n'est que le soulèvement du peuple non-noble. Depuis six «iècles, la Pologne n'a pas éprouvé de semblable commotion ; depuis Maslav jusqu'à Chmîelnicki , aucune commotion- de «ette nature ne s'est présentée. Le peuple, appelé par les kozaks, fait cause commune, il est actif. Un rare spectacle pour un historien, un spectacle terrible et imposant se manifeste d'autant plus intéressant pour nous, que dans nos explorations, dans le cours des siècles, nous n'avons vu que le progrès de l'asservissement et de Toppression, supporté avee soumission et patience.