CAS EXTRAORDINAIRES DES SOULEVEMENTS DU PEUPLE
Il y avait cependant une provincte où , sous un climat plus échauffé, l'esprit plus inquiet ne cessait de se déceler. Il fut soutenu dans ces dispositions par le voisinage de la liberté kozake qui palpitait sous le joug moskovite, au-delà du Dniepr et de celle des Zaporoges, dont les retraites furent encore à l'abri de la violence protectrice. Bien que les mesures prise» des deux côtés do Dniepr, empêchassent les terribles commotions
(416) Ruihière, Anarchie de Pologne, livre V 111.
do peuple kezak , cependant le danger pouTail y éclater dans un moment propice, a Nous en ayons un exemple récent (1702) dans le soalèyement de l'Ukraine, dit Lesxczinskt , dépossédé deux fois de sa coaronne nationale; il ne fat occasionné que par les vexations de ceux d'entre nous qui y araient acquisdes domaines. Noos méprisions le courage des pauTres habîtanU de cette eontrée ; ils trouvèrent des ressources dans leur désespoir, p Ce soulèvement était provoqué, on ne sait pourquoi, par la révolte inattendue du chef des kozaks , Palei , qur se montra peu auparavant très-dévoué au parti de Leszezinski et à la république. Il sortit de]Chvastov, assiégea la ville del^alacerkiev et la prit, puis il se porta sur la forteresse de Korsun et sur quelques antres places fortes; les ayant emportées , il passa au fil de répée leurs faibles garnisons. Une foule immense de paysans se souleva sur différents points de TUkraïne, incendiant ses hameaux^ et alla rejoindre le camp des kozaks avec ses familles et ses bagages. Palei choisit ceux quf éuient capables de porter les armes et forma d'abord une armée de 30,000 hommes qu'il partagea en trois corps, oommanmandés par Palei lui-même» par Siemaszko, son beau-fils , et par Abazine* Suivant différentes directions, ils portaient partout la destruction et la mort , égorgeant ou mutilant les nobles qui tombaient en leur pouvoir. Pour les arrêter et les combattre, les Potocki réunirent à la hâte quelques forces ; la noblesse de Volynie prit les armes avec d'autant plus d'empressement que l'esprit de révolte pullulait aussi dans cette province. Le betman de la couronne , Jérôme Lubomirski , envoya en même temps les troupes de la république. Stanislav Patocki, staroste de Chmielnik , jaloux d'^un colonel , voulant débaucher son régiment, afin d'agir avec plus d'accord après , donnait à ce régiment un banquet à Berdiczev , lorsque les kozaks se ruèrent sur cette ville , lui tuèrent 200 hommes , et enlevèrent en argenterie un butin très-considérable qu'on évaluait à un million de florins de Pologne. Le lendemain, un nouveau renfort de 2,000 quartuaires tourna les chances delà victoire ; 15,000 kozaks sont défaits. Bientôt , vers la fin du mois de novembre, près deNiemirov, tous les trois corps des kozaks réunis sont battus à plate couture. Abazine , saisi , est empalé; on comptait 70,000 captifs de toutes sortes de condi-