‹ Histoire de PologneChapitre 326 sur 369 · IV. PERTURBATIONS · texte numérisé non relu

IV. PERTURBATIONS

lions; 'DD refspecta leurs jours, on les marqua et on les renvoya à leurs seigneurs respectifs. Palei et Siemaszko se retirèrent dans quelques places fortes, et le reste des insurgés se barricada sous leurs remparts avec leurs femmes , leurs enfants , le bétail, le mobilier, et résistèrent tout l'hiver. Enfin, ils succombèrent sous la tactique des troupes réglées , commandées par le hetman de camp Adam Sieniavski. Il y eut à cette occasion beaucoup de sang répandu, beaucoup de désolation. On accusait le roi Auguste II d'avoir fomenté cette révolte pour affaiblir le parti de Leszczinski, et les kozaks , appliqués à la question, confessaient cette accusation devant les tribunaux , particulièrement à Luck (417). Quelques années plus tard, en 1712, la pait de Prut manqua d'occasionner un embrasement semblable. Pierre le grand céda à la Turquie l'Ukraîne méridionale qu'il ne possédait point. En conséquence, une partie des kozaks établit sa sicz sur le territoire de la république, sans vouloir reconnaître sa souveraineté. Au lieu de s'entendre, leur hetman répondait au hetman Jérôme Lnbomirski par des menaces. Ces kozaks se disant Sujets de la Turquie, désolaient déjà le pays par leur brigandage et occupaient les environs de Human. Lubomirski envoya sans délai une armée de 12,000 hommes contre eux. Victorieuse sur plusieurs points, elle pénétra jusque dans la sicz , fit main basse sur ceux qui ne purent se sauver et la détruisit (418). Au reste, depuis l'affaire, pendant plus de soixante ans , aucune émotion populaire plus considérable n'ébranla l'Ukraîne L'irruption des Zaporoges, en 1750, répandit la flamme, le pillage, le massacre beaucoup plus considérables qu'il n'arrivait ordinairement, avant qu'elle fût arrêtée ; mais elle ne remua pas les masses de population qui continuèrent de rester en repos. La Litvanie, dans cet espace de temps, en 1744, vit chez elle un soulèvement déplorable dans la starostie de Krziczev. Un paysan, Voszczillo , se mit à la tête de ses confrères des environs contre l'oppression et la violence. Les insurgés donnèrent l'assaut au château-fort de la starostie, sans pouvoir le forcer. Ils étaient réduits par le chansonnier de Litvanie ,

(417) Mémoires d'Erasme Otvinovski, c. VIII, p. 17, 47 et 49.

(418) Idem, ibid., c. XVII, p. 198, 199.

300 COJSSIDÉHATIONS, 1607—1795.

Uadziviil, qui possédait la staroslie de Krzlczev:Ces cas méritent d'autant plus d'être remarqués qu'ils sont rares. L'oppression devait y être poussée à l'excès, si elle épuisait la résignation et décidait le peuple â un désespoir extrême. Mais revenons à l'Ukraine.

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