SOULEVEMENT DE L'UKRAINE PAR LA PROPAGANDE DE LA TZARINE
Le peuple de l'Ukraine et de Podolie ne cessait de sympathiser avec les kozaks. Sa menace ordinaire dans ses mécontentements contre ses mattres , c*est d'appeler les haîdamaks ; c'est ainsi qu'on nommait les zaporoges qui lésaient irruption commedes brigands. Ils entretenaient des correspondances avec ce peuple, et si celui-ci ne prenait pas les armes avec les kozaks haïdamaks, il cachait leurs marches, leur donnait des avis. Les incursions des haïdamaks se répétaient souvent ; ils attendaient ordinairement le temps, quand la richesse des campagnes les attirait, les cantons boiseux favorisaient leurs marches et leurs retraites. Ils se partageaient en petites troupes et se suivaient un à un sur une seule file pour se Cacher plus sûrement, traversaient les forêts, les ravins, lès broussailles, cherchant plus à voler qu'à combattre; mais ce vol et ce brigandage pouvait se changer en une sanglante invasion , si lès circonstances favorisaient ou enflammaient leur témérité, a L'Ukraïne, sur son immense étendue, est pour la plupart privée de. forêts, mais dans certains cantons, il y avait assez pour dérober les démarches des brigands, surtout les forêts prolongées le long de la rivière de Tasmin, aboutissant le Dniepr, favorisaient les rapines. Dans ces forêts, il y avait plusieurs monastères désunis, capâbleis d'envenimer les haines religieuses. Plusieurs seigneurs polonais possédaient de très vastes domaines, et presque tout le canton de Human (Houmagne), appartenait à Potocki, palatin de Kijov. Depuis 1760, il l'avait confié au soin d'un habile administrateur, Raphaël Mladanovicz. Dans l'intervalle de quelques années, Human se convertit en une ville commerçante ; on y établit une école qui comptait plus de 400 étudiants ; le pays se peuplait; Mladanovicz distribuait aux cultivateurs les