IV. PERTURBATIONS
jets qui croyaient qa'a?ec son retour leurs malheurs étaient fînis. B 0 heata BtmpUeitas I s'éerie l'évéqne , écrivant ,. au ministre russe Stacicelberg, qui était chargé par la tzarine de parler et d*agir en faveur de la liberté des paysans (423).
159. DESTRUCTION DES KOfiEAKS DE LA PETIT|i RUSSIE ET DES SSAPOROOES.
C'est sur ces entrefaites, que les noms de Zaporoges et des anciens kozaks de la petite Russie retentirent pour la dernière fois et disparurent. La terre de Human et de l'Ukraine , fumait encore du sang qui ruissela ; les corps de la boucherie de Léopol , n'étaient pas encore glacés , quand la Russie prit des mesures efficaces pour anéantir ces peuples. La tzarine , triomphant des confédérés de Bar , arrêta leur destruction. Nous avons vu les (fromesses réitérés que les tzars juraient aux kozaks , nous avons signalé les infractions qui ne manquaient pas de suivre leur parole et leur serment monarchique ; les plaintes et quelques révoltes d^pprimés. a Moyennant les secours militaires qu'ils s'engagèrent de fournir , on leur promit un subside considérable , la liberté absolue de leurs personnes , l'exemption de toute espèce d'impôts et la conservation de leurs privilèges et de leurs lois. L'infraction de toutes ces promesses à été le prix des services qu'ils ont rendus à la Russie contre la Pologne et contre les turcs. Le subside ne leur a point été payé, leurs cultivateurs soumis à la capitation, ont été asservis à la glèbe , comme ceux de toute la Russie , tandis que par l'ordre de Catherine II, l'académie d'agriculture de Pétersbourgy examinait : si , il était plus avantageux que les paysans restassent serfs où fussent affranchis. Dans le même temps une grande partie des terres des kozaks, fut donnée à cette autre espèce de serfs qu'on appelle des no-
(423) Entre les articles du plan que les trois puissances tracèrent pour rintérieur de la Pologne en 1773, l'articlfi IB portait : «les paysans seront aifranchis de la servitude, et dans toutes les paroisses, ils le choisiront leurs pr9pres juges, desquels l'on pourra appeler premièrement au seigneur territorial, et de celui-ci au gouvernement du district ou au grod. »
310 CONSÎDÊKATTONS, 1607—1795.
bles en Russie (drorzanstyo, bofàr). Au lien de leurs offidei^s> qu'ils avaient toujours élus et des arbitres domestiques, de^ vent lesquels ils venaient se concilier en se donnatit la main : la cour de Petersbourg , leur envoya des tribunaui tousses )ts plus corrompus de FEurope et des officiers allemà^s oti russes pour les commander ; la charge de leur betman fui abolie. Enfin , lorsque Catherine II rassembla des esclaves de toutes ses provinces pour ce projet de code , qui n'a jamais été fait , les kozaks ayant réclamé la conservation de leur loi , le gouverneur de l'Ukraine, suivant les ordres qu'il en avait reçus fit enchaîner les députés et les fît transporter à Petersbourg , où ils moururent presque tous en prison dé faim et de froid (424). a Les kozaks de la petite Russie , par suite de ces violences, cessèrent d'exister. Ils composent dorénavant des régiments de troupes régulières, et sont asservis. Il restait encore à réduire les zaporoges , considérés toujours comme souche des autres, et à détruire leur re-traite, vrai sanctuaire pour la croyance du peuple. Les fies de Dniepr continuèrent d'être fréquentées ; il y eut toujours dans ce refuge ouvert à tous les mécontents et à tous les crimes, une espèce de nation. Elle conserva jusqu'au dernier moment , son institution primitive. L'impératrice et le grand duc, respectant leur organisation furent inscrits les premiers sur la liste de cette confrérie militaire. On ne savait pas précisémentleur nombre et eux-mêmes n'en furent jamais assurés: on les croyait de 40 à 50 mille. La Russie les a resserrés par cette ligne de forteresses dont elle enfermait tout ce qu'elle avait envahi dans les déserts qui les entourent. Les russes cherchaient tous les moyens d'affaiblir et de subjuguer cette redoutable société. Ils.se sont emparés de quelques unes de3 lies , ils violaient souvent à main armée le territoire de toutes les autres pour enlever de vive force les. esclaves russes qu.i s'y réfugiaient; ils tenaient des femmes dans le voisina|;e , cherchant ainsi à attirer ces brigands hors de leur repaire , à les mettre à la solde^ à les subordonner à 1» même diseiplioe que les autres koiak» (425); Affaiblis- et réduits à. une positîim
(424) Scherer, p. 262, Garrari de Coulôn, t. III. p. 6. (425)Rulhière.