IV. PERTURBATIONS
gne d'avoir donné asile à phis de 30,^00 transfuges russes, et peii|>ié la paKie de rUkraïne, qui, pour séparer les deux états, derait rester déserte (427). Au retour du calme, vers 1778, plusieurs seigneurs plus opulents donnèrent un bon exemple, en instituant Tinstruction dans leurs domaines, abolissant la corvée ou la déterminant à condition de bail. André Zamoïskl en Pologne; Staoislav Pooiatowki, Joacbim Ghreptovica, Paul Brzostewki en Lituanie, sont particulièrement connus et renommés par leurs idées plus élevées et plus favorables à la classe laborieuse (4â8). Hais le préjugé , plus profondément enra-
(4SW) Fenrand, Histoire des trois démembrements de Pologne , livre V. tome II, p. 64.
(428) L'exemple d'André Zamoïski, qui affranchit ses vasseaux (sujetis paysans) de la terre de Biezun dans le palatinat de Plock, où chaque paysan eut en propriété autant de terre qu'il put en cultiver, et ne fut obligé de payer à son seigneur qu'une redevance ou cens annuelle proportionné à là valeur du sol. II établit ensuite des prix d'argent pour être donnés tous les atis aux paysans qui faisaient les plus beUes toiles, aux paysannes qui filerairat le plus beau lin ou feraient d'autres ouvrages utiles. Le Jour de la saint Joseph fut fixé pour la distribution de ces prix. Cette démarche établit une noble émulation qui produisit des effets admirables. Il établit des écoles pour enseigner la jeunesse ; cette terre, qui ne lui rapportait que 15,000 livres, lui en valut en peu de temps au moins 50,000 fr. — Le prince Gzartoryski, grand panetier de Litvanie, a suivi avec le même succès l'exemple de Zamoïski, Le prince Stanislav Po&iatovski, général des années de la couronne, depuis grand trésorier de la couronne, délivra aussi les paysans du joug de la corvée. C5e fut le SO août 1778 que le prince ayant fait choix de plusieurs de ses vassaux ( paysans), leur donna un festin champêtre, auqn^ il présida. Il divûa tou^ ces paysans en tr(Hs classes, la première fat composée de ceux qui, ayant le mieux réussi dans l'agriculture et l'économie, avaient aua» le plus de nœars ; une capitation modique leê affranchit de tout autre droit. La deuxième classe, eomposée de .ceux qui, sous les mêmes rapports, approchaient d'avajitage des pmmiers, furent assujettis à dix-huit jouis de travaux pour un an, pour leur seigneur jusqu'à ce qu'ils se fussent rendus dignes d'eiMirer dans la première classe. La troisième, formée des sujets du moindre mérite ou de peu d'espérance, resta soi^ l'ancien fardeau des corvées et delà servitude, mais pouvant aspirer , en devenant metileurs, à la secoodc, et
ciné qu'iiiTétéré ; 8*obslfna au progrès. La crainte servait de prétexte pour s'y opposer. Jean-^JacquesRousseaa, éerinraiit ses cODSidératioDs sur le gouyernement de Pologne, sous. Vitai* pression des événements qui ensanglantaient l'Ukrirïne» partfti geait cette opinion, a J'avoue^ ditcil, que la* servitude itarblie en Pologne ne permet pas qu*oa arme sit<^t le» paysans pour y organiser une milice natipnaile» les armes , dans los mains servîtes , seront toujours plus dangereuses qu'utiles à l'état; et répétante la noblesse qu'elle ne peutse flaUer d'être libre et heureuse tant qu'elle tiendra ses frères daus les fers» propose l'affranchissement successif comme récompense d'une bonne conduite, espérant qu'on amènerait par dégrés les choses, jusqu'à pouvoir, sans révolution sensible, acbevpr l'opération en grand, leur rendre enfin le droit que leur.don* ne la nature de participer à l'administration de leur pays ea envoyantdes députés aux.diétines. Tout cela fait, qn armerait tous ces paysans deven.us homoptes libres et citoyens» et l'on finirait par avoir une milice plus que suffisante pour la.dé^ fense de Tétat (429). «Pour ma part, je ne puis^pas ooocevi^ip ni expliquer les craintes de cette époque, et rien ne me prou«> ve qu'elles aient quelque fondement. Les scènes d'horreur arrivés sous le ciel ardent de l'Ukraïne, excitées au nom de la religion, soutenues par la présence du brigandage, n'offrent
même à la première classe. Aucun de ceux de cette dernière tribu n'avait été admis à riionneùr de dîner avec son seigneur. Un grod fut alors établi pour veiller à l'inslruction de ces paysans, pour leur partager les terres, et terminer leurs différ<*nts; des honoraires furent fixés aux juges de ce tribunal, afin qu'ils ne reçussent de leur clients, ni gratification, ni aucune espèce de présent. — En même temps, Joachim Chreptovicz, dans ses terres de Szczorsé, et Paul Brzostovski à Pavlov, appliquèrent générebsement les laaxiines philanthropiques'à-raméiior&tioadela classe la plvs intéressante deshabitAnts tVmfn^ede Ijéonard Coxe^ lll]. , '» ...h
De tous oçs essais d'amélioration, le seul de Siczorsé « . eu .un succès et une stabilité qui semblent assurer l'avenir.- La oçvvéery est abolie, et le cens exactement payé sans grever ni avoir reoe«ir& aux cultivateurs.
(429) J.-J. Rousseau, Considérations sur le gouvernement de Pologne, chap. VI, XII, xin.