‹ Histoire de PologneChapitre 345 sur 369 · DÉGRADATION DES QUALITES MORALES DE LA NO- BLESSE · texte numérisé non relu

DÉGRADATION DES QUALITES MORALES DE LA NO- BLESSE

Après les guerres de trente ans , l'Allemagne parut ruinée, déserte , sauvage , épuisée. Le même cas arriva à la Pologne après ses malheurs qui firent le règne de Jean Eazimir trop fameux. Cependant les calamités qui devaient l'accabler n'étaient guère terminées, et les agitations intestines ne discontinuaient pas encore dans les 44 années suivantes 1673-1717. Mais des intervalles de repos laissaient à la nation des moments où elle pouvait jouir de ce qui lui restait , où elle pouvait réparer ses pertes , reprendre ses forces. Cependant ces 44 années décélèrent l'épuisement de l'état et la caducité presque irréparable de ses éléments ; un attachement sincère à ses habitudes, à ses institutions, mais une dégradation du génie national. La misère du peuple , le délabrement des grandes fortunes , ne laissaient plus que l'ombre de l'ancienne grandeur. La licence , la rapine des fonctionnaires et des troupes dans leur cantonnement et dans leurs passages, prenant leur origine dans la guerre et les commotions , désolaient le pays dans les intervalles de la paix. La renommée de quelques événements, de quelques victoires sans fruits, la gloire de la campagne de Sobieski, qui sauva Vienne et l'Au-

(438) Voyex les bulles du pape Benoît XIV. de 1741. 1743. 1740.

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triche^ n'était qu'un éclat d'illusion qui jetait ses dernières lueurs, a La bravoure et la libéralité ont suivi la destinée des richesses, dit un observateur contemporain, il ne s'en trouve presque plus, et cette nation, autrefois si belliqueuse, est depuis plusieurs années occupée à regarder de loin le rocher de Kamieniec dans les mains des Turcs. Les hussards, \es pancernes (cuirassiers) et autres braves de la cavalerie, étaient jadis des héros ; on n'osait en soutenir la vue dans les combats, rien ne résistait à leurs efforts; aujourd'hui, ces mêmes hommes laissent sans façon les postes dangereux à leur tovarzisz (compagnon d'armes) ou pachoIek(aux hommes de leur suite ), aux dragons (formés des étrangers) ,^ et à l'infanterie (composée des paysans). Mais les Polonais veulent encore, dit le même observateur, briller aux diètes, et comme ils aiment le banquet, la table , ils font des festins magnifiques, surtout aux enterrements et aux noces. La vanité et l'ostentation sont restées. Ils se sentent encore à la vérité de ce génie élevé, de ce goût de l'indépendance, de cette supériorité de leurs ancêtres, mais que rien ne soutient chez eux. Fastueux dans leur misère, plein de leur pays, de leurs coutumes , de leurs manières, de leur grandeur, méprisant tout par comparaison à la Pologne ; ils préfèrent leurs gentilhommières enfumées, aux superbes palais de l'Italie (439). » Le voyageur observateur déplore cette obstination et ce défaut même des esprits sublimes de la Pologne, tant, à son avis, est général cet amour du propre.

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