‹ Histoire de PologneChapitre 347 sur 369 · IV. PERTURBATIONS · texte numérisé non relu

IV. PERTURBATIONS

lence. Une niasse très-considérable de la pelite noblesse fut donc réduite à l'indigence, elle aliénait ses petites propriétés terrestres à des hommes de la nouTeile fortune, ou en était dépouillée, ou même elle se vit asservie avec ce qu*elle possédait. Dépossédée, elle perdait ses précieux titres et emportait de vaines et onéreuses qualités, ne pouvant plus jouir de sa condition civique, elle entrait dans Tétat servile des domestiques. Une partie de ces dépossédés subit un joug non moins humiliant Sans vouloir quitter sa charrue' nobiliaire qui lui valait tout dans le civisme, elle s*établis8ait sur les terres d*autrui et payait le cens; dans cette condition, souvent elle est soumise à des redevances à la corvée, perdant dans les générations prochaines le souvenir de sa noblesse. A cet état d'asservissement, la violence, dans maints endroits, ' réduisait les populations libres , s'emparant des terres et des hommes. Dans ces tristes conjonctures pour le peuple nobiliaire, les provinces montrent des résultats variés; où il y avait plus de sentiment d'indépendance, comme dans la pelite et la grande Pologne, là, la petite noblesse , pour ne pas se courber au joug, se laisse déposséder, va à la débandade, et disparaît, surtout dans la grande Pologne; là, la Mazovte avec ses adhérences, nourrit encore le peuple nobiliaire qui est son élément vital , elle n*a pas eu des riches capables de la dépouiller aussitôt des possessions civiques, mais cette province même n'était pas à l'abri de la transmigration des terres fâcheuses pour la petite noblesse. Dans les provinces russiennes, où l'esprit civique n'a pas établi le principe de l'indépendance alvtolue, 6n voit la petite noblesse payer le cens aux seigneurs, la noblesse ceosaire [slachta czinszo^a]. En Litvanie, il y a une guerre, une lutte sanglante, dans laquelle la petite noblesse court des chances bien variées en combattant les prétentions aristocratiques , en s'attachant aux bannières des chefs; dans beaucoup de cantons elle est dépendante , ses prérogatives faiblissent, elle ne peut éviter d'être asservie. On voit que le changement dans la population nobiliaire devait aussi influer sur la marche des affaires de la république, et décider de son destin.

167. DERNIÈRES AGITATIONS DE LA MULTITUDE NODILIAIRE ET CONTINUATION DES CALAMITÉS.

La diminution de la noblesse citoyenne était d'autant jpkas énorme, que d*un autre côté son nombre augmentait toujours, quoique ce n'était pas dans la même proportion. L'ordre équestre, bien qu*isolé en une caste , et retranché dans des règlements qui entr.avaient l'anoblissement, voulait cependant voir augmenter ses rangs par le mérite , comme on disait. A chaque diète les hetmans devaient présenter vingt militaires dignes de l'annoblissement , auxquels le roi et les commissions de la diète , ajoutaient encore quelques-uns de leur chef, tant pour l'anoblissement que pour l'indigénat. Malheureusement la rupture trop fréquente des diètes, rendait souvent ce chemin impraticable, on avait donc recours aux coutumes terrestres, on anoblissait dans des diétines par le baptême et la conversion des non-chrétiens, par l'adoption aux armoiries, par la dotation de la propriété terrestre. Il est vrai, que suivant la constitution de 1663, la noblesse se perd par l'abus qu'en faisait un noble, en donnant ses armoiries à un roturier, ou en le reconnaissant publiquement pour être de sa famille , mais , consuetudo altéra lex, et on le suivait sans se soucier de la loi générale, qui n'existait que conditionnellement. On plaisantait de la noblesse de Varm ie de Sievierz, de Sielun, où les trois princes, les deux évêques et un curé exerçaient leur souveraine puissance, mais on respectait sa qualité nobiliaire. Les autres évêques possédaient mille moyens de pousser leurs courtisans à la noblesse. L'influence des riches dans leurs districts, élevait au rang de citoyens leurs fidèles, leurs familiers et serviteurs, a La noblesse était déjà un don vil et discrédité, qu'on n'obtenait ni par le sang, ni par le haut mérite, mais par la recommandation des seigneurs puissants ou par l'argent , à laquelle parvenaient sans distinction des hommes serviles et méprisables [440]. o Ces plaintes servaient de prétexte aux aristocrates pour dédaigner la noblesse, et se séparer de son corps. La loi de 1673

(440) Zaluski, epist. ad m. 1672, p. 462.

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