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députation. En attendant, les changements politiques dans la diplomatie qui s'opéraient au dehors, commencèrent à alarmer la Pologne. Les cours amies prirent une apparence
< petits chemim par lesquels on parvenait à la noblesse, on renouvela les défenses des annoblissements, par les acceptations particulières dans les districts, par les adoptions, par le néophitisme, par des moyens eitra-légaux, quels qu'ils fussent, quoique autorisés par un long usage. Or, tous ceux qui avaient réussi plus ou moins récemment par ces moyens spéciaux, Â entrer dans le corps de la noblesse, coururent risque d*étre désapprouvés par Tancienne noblesse, d'être poursuivis pour illégitimité, et saisis dans leurs propriétés, par le droit de caducité. Pour l'honneur du siècle, il faut dire qu'aucun accident de ce genre n'inquiéta personne, l'opinion même aurait condamné un semblable fait, comme un scandale motivé par une indigne avarice. Cependant des consciences craintives» cherchèrent à se retrancher contre les attaques légales qui pouvaient survenir, croyant trouver dans un acte extrà-légal un bouclier de sécurité. Ils s'adressaient au roi : Stanislav-Auguste intervenait avec son autorité extrà-légale, par des lettres de cachet qui devenaient la sauve-garde des contrevenants. La chancellerie royale jugeait et<confirmait clandestinement la noblesse douteuse. Ces sentences restaient occultes, les lettres scellées et déposées dans les archives ne devaient être ouvertes qu'en cas extrême. Celui qui possédait un semblable document était réputé noble, en règle et inattaquable. Bien des personnes ont eu recours k cet expédient. Un autre était ouvert à cette époque pour ceux qui croyaient avoir besoin des preuves de leur noblesse; c'était l'érudition frivole des héralditiens. Cette érudition était considérée en Pologne comme une farce innocente, utile à U vanité. Charles Radzivi II séjournait en Bavière : la cour de l'électeur s'empressa d'honorer son entourage de titres de chambellans et antres semblables dignités ou décorations : pour les obtenir, il fallait déposer les descendances nobiliaires de plusieurs générations du cêté paternel et maternel. On croyait que chaque poste apportait aux Polonais des documents nécessaires ; en attendant, Charles Radzivill « avec quelques courtisans érudils, inventait les alliances, les parentés des candidats aux honneurs; ils Inventaient les citations des chartes, des docun^nts héraldiques, des codes manuscrits ainsi qu'ils en ont confectionné des volumes qui sont déposés .dans les archives de Bavière, ou suspendus par des cordons de soie, comme des monuments historiques. Tel était le mode des compositions héraldiques. On riait des origines et des généalogies que Théralditien Vielondko composait pour des familles, mais on ad-
d'inquiétude que semblait leur inspirer le projet inconnu d'une charte républicaine y lorsque les débats se poursui* Tirent avec lenteur , et languirent. Par considération pour les relations extérieures, il fallait donc accélérer la marche et éclaicir cette position sombre par la promulgation du projet. Le roi était de la même opinion et le jour du 5 mai fut convenu et déûnitivement Gxé à cet effet, sans que le* parti contraire en fut avisé. Mais Stanislav-Auguste , confiant le secret à sesaffidés, en fit part àHiacynthe Malar chovski, chancelier de la couronne, qui le communiqua aux partisans de Branicki qui jetèrent l'alarme. Dans on mo-
mettait sans examen ces preuves futiles; on trouvait suffisant pour tout un nom, s'il se trouvait mentionné dans la liste nobiliaire publiée par Pierre Malachovski.Eb, comment pouvait-on contrôler Torigine de ceux qui se disaient issus de ces pauvres nobles de campagnes,et qui réellement tiraient leur pur sang noble de ceux qu'on voyait (dit Méhée. bist. de la révol. de Fol. en 1791. p. 107) par douzaine, sur de petits chariots tirés par un petit cheval , s'acheminant vers le rendez-vous d'une dtétine, portant leurs suffrages. Les uns sont un peu vêtus (con- Unuait-il), les autres sont presque nus. Quelque»-nns ont un sabre sans fourreau, d'autres nn fourreau sans sabre, leur nombre, leur galté, leur misère, présentent le coup-d'œil le plus curieux. Ces modes de parvenir k la jouissance du civisme offraient une espèce de fraude électorale , mais innocente au fond, car elle rendait à chacun le droit dont il était privé par la naissance. L'opinion les tolérait et les protégeait malgré la loi qui les prohibait. Dans l'extension extérieure du civisme par les grands chemins légaux, il y avait infiniment plus de difficultés k surmonter, cependant et sur ce point, le progrès se déroule à pas accélérés... Dans les 60 ans qui précédèrent Stanislav- Auguste, le nombre des annoblissements enregistrés est de trois par an; dans l'espace de 30 années, pendant son règne, on accorda 746 annoblissements et 166 indigénats, tous enregistrés, par conséquent trente par an. Ce fut surtout dans les années delà constituante que ces annoblissements se firent avec une facilité extrême pour tous ceux qui le désiraient. Particulièrement dans les capitales, il y eut très-peu de familles bourgeoises distinguées, qui ne fussent nobles, bien qu'elles en fissent peu de cas. Réciproquement à cette époque la noblesse se faisait honneur de s'inscrire dans le corps de la bourgeoisie, et nn esprit de fraternité non-équivoque, rapprochait la noblesse de la bourgeoisie.
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ment aussi décisif, ce parti entreprit de troubler les délibérations; dans ce but, il donna des ordres à ses adeptes pour armer la multitude. Les patriotes et le roi en furent prévenus et pour éviter ce scandale , ils avancèrent de deux jours la solennité de la proclamation du projet constitutionnel. La veille , c'est-à-dire , le 2 mai , vers le soir , lors- * qu'ils s'assemblèrent dans le palais de Radzivill pour se communiquer confidentiellement la lecture de cet acte , les partisans de l'opposition et des hommes étrangers aux affaires de la diète s'y introduisirent. Dès que la lecture en fut finie, on apprit que l'opposition courait partout pour indisposer l'opinion par le blâme et le dénigrement de l'œuvre qu'elle venait d'entendre. Pour écarter tout événement fâcheux que les adversaires eussent pu préparer, dans le but de compromettre la solennité et la tranquillité publique , encore dans la nuit, on se réunit de nouveau dans la maison du vénérable maréchal Malachovski, où les membres assemblés , après s'être assurés de la majorité absolue , à l'exemple d'Adam Krasinski,évèque de Ramieniec, signèrent la déclaration , de s'abstenir de toutes motions superflues et d'écarter tous les incidents qui tendraient à retarder l'acceptation de la constitution.