‹ Histoire de PologneChapitre 80 sur 369 · Dantzlk et la grande Polofne réunies à la Prusse · texte numérisé non relu

Dantzlk et la grande Polofne réunies à la Prusse

Peu de jours après, le 24 févier, parut un autre manifeste du roi de Prusse , dans lequel il éclatait contre la ville de Dantzik, où s'était établie cette méchante et audacieuse secte, qui, marchant de crime en crime, fournissait le grain et tous les autres approvisionnements à ses abominables adhérents. En conséquence de ces griefs, le 27 mars, Farmée prussienne occupa Dantzik, après une courte mais noble résistance , impuissante contre des forces majeures. Par une nouvelle déclaration en date du 25 mars , il répéta toutes ses injures contre le parti soi-disant patriotique,qui, vaincu, n'en continuait pas moins ses machinations secrètes, inspiré par l'esprit démocratique français et par les maximes de cette secte atroce ; cherchant à faire des prosélytes par ses manœuvres, par des émissaires jacobins puissamment appuyésqui avaient déjà formé plusieurs clubs révolutionnaires. C'était particulièrement la grande Pologne qui était infectée de ce poison dangereux. Le roi de Prusse, obligé de poursuivre la guerre contre la France, conjointement avec les puissances coalisées , voyant qu'il allait courir le risque, d'avoir à dos un ennemi , avait résolu de faire entrer sur le territoire de la république un corps de troupes. £n même temps, il exhortait très-sérieusement et avec affection les habitants des districts dbnt il allait prendre possession , à se soumettre de bon gré à sa domination, à l'envisager dès à présent comme leur souverain légitime et à rompre dorénavant

iU CONFÉDÉRATION

tonte liaison et toute connexité avec la Pologne. De cette manière les pal^tinats de Poznanie , de Gnezue , de Kalisz^ de Siéradz, de Lènczica; la ville et le couvent fortifié de Czènstochova ; la terre de Vielun; la plus grande partie des palatinats de Bava et de Plock ainsi que les villes de Thorn et de Dantzik furent enclavées dans les possessions de Frédéric-Guillaume II, et toutes ces provinces prirent depuis le nom de Prusse méridionale.

116. La moitié des provinces russiennes et de la Litvanie annexée à, la Russie. Ouverture de la diète de Grodno ,

Le manifeste russe , qui paf ut à Grodno au nom de l'im pératrice, le 29 mars, ou 9 avril du nouveau style, 1793, contenait les mêmes expressions contre les auteurs de la constitution du 3 mai. Vaincus, dit ce manifeste, leur résistanceouverte cessa, mais elle fit place à des machinations secrètes. Ils ont réussi au point que même le peuple est devenu complice de cette haine et de cette inimitié qu'ils ont vouées à Tempire russe ; ils travaillent sans relâche à introduire au sein de la république cette doctrine infernale qu'une secte impie , sacrilège et inique a enfantée; déjà des clubs affiliés avec celui des jacobins de Paris sont établis dans la capitale et dans plusieurs provinces de la Pologne; ils vomissent leur poison secret , en infectent les esprits et en activent leur fermentation. Et le manifeste déclare que l'impératrice de Russie et le roi de Prusse, avec l'assentiment de Tempereur des Romains, n'ont pu trouver de moyen plus efficace pour leur sûreté respective, que celui de resserrer la république de Pologne dans des limites plus étroites ; enfin il invite les Polonais au nom des trois puissances, à s'assembler au plutôt en diète, à l'effet de fi'arriinger à Tamiable. La moitié orientale de la république fut par conséquent incorporée à la Russie. L'impi^ratrice Catherine II traça de sa main , sur la carte de ï*ologne, depuis l'extrémité orientale de la Kurlande, une ligne qui passa près de Pinsk, traversa la Volynie, et ne s arrêta que sur les frontières de la Galicie autrichienne. Par ce partage , le roi de Prusse avait occupé 1061 milles

DE TAR60YICA. 16$

carrés da pays le plus fertile et le plus peuplé; et la Russie 4553 milles carrés, au point que la république ne comptait ]dusque 4016 milles carrés.L'ambassadenr de Russie, Sievers, voyant l'exaspération des esprits, pour les adoucir et les calmer, s'en rapportait à la magnanimité de Timpératrice, répétait lesassurances du manifeste : que tout devait s'arranger à Tamiable dès que la diète serait réunie. La ville de Grodno Alt destinée aux séances de la diète, les diétines allaient s'assembler et un sanciium de la confédération de Targovica, déclara incapables d'être élus nonces, à la diète, tous ceux qui n'avaient pas accédé à la confédération de Targovica , ou qui s'étaient permis de protester contre quelques-unes de ses décisions. Sous cette exception pesante et sous la contrainte de la force russe, les élections furent effectuées. Le roi Stanislav- Auguste arriva à Grodno, ou, en ouvrant la diète le 17 juin 1793 , il exprima amèrement sa douleur au sujet de ces événement déplorables et ses craintes sur la destinée de la Pologne.

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