La Diete s'occupe de la question russe
Voulant surtout aplanir la question russe, Sievers indiqua en dernier lieu , le 12 juillet, pour le jour où la délégation devait être formée; à cet efiét, il déclara qu'après ce terme, il serait obligé d'écarter les boute- feux, les pertur-
(64) Dés que cette mesure fat connue , plusieurs nonces se réunirent pour offrir À ce prince 500,000 florins polonais : il leur témoigna sa reconnaissance « mais sans accepter leurs offres ( Ferrand , bist. des trois démembr. de Fol. XII).
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bateurs de la paix et de Tordre, vrais ennemis de leur patrie» qui seuls empêchaient la marche des délibérations. Non ( ontent de ce procédé, le 16 juillet, il adressa une note violente dans laquelle il menaçait de cantonner les troupes de sa souveraine dans les terres, possessions et habitations de ceux des membres de la diète qu'il trouverait en opposition à ses propositions; cette exécution militaire s'éten* drait même, si le roi se joignait aux opposants, à tous les domaines royaux et aux biens-fonds de tout ce qui tenait à sa personne; la saisie des revenus de la république devait encore être une suite naturelle des procédés de la diète, de même que la cessation du paiement des troupes nationales. Alors rindignation fut à son comble, les clameurs les plus violentes, des cris de désespoir se firent entendre dans la chambre. Dans la séance du 17 juillet, le roi qui avait préalablement nommé les membres de la délégation, proposa de s'adresser à la grandeur d'âme et à la bonté de rimpératrice, en la laissant seule arbitre du sort de la république, en lui dénonçant l'excès des malheurs sous lesquels gémissait une nation dont elle voulait être alliée. Cette déférence apparente irrita l'ambassadeur russe, il ordonna que la délégation fut autorisée sur-le-champ, le jour même du 17 juillet, à signer le traité. A la lecture de cette exigence, une effervescence terrible se manifeste, Témotion devient croissante, les nonces quittent spontanément leurs places, se pressent vers le trône, déclarant qu'ils sont prêts à sa. crifier leur vie, qu'ils préfèrent être traînés en Sibérie, que ce pays glacé et désert leur rappellera .^qu'ils ont rempli leur devoir. Ce furent Mikorski , Galènzovski , Grelavski , Klmbàr et Rarski qui donnèrent l'élan à cette noble et courageuse démonstration de la part des nonces. Le roi cherchait à adoucir l'exaspération, à inspirer le calme et la réflexion. On lui rappela les serments solennels, même ceux des confédérés de Targovica, par lesquels on s'était engagé à maintenir l'intégrité de la république. Massalski, évêque deVilno, et Kossakovski, évêque de Livonie, tâchaient d'écarter ces scrupules en persuadant que des restrictions étaient indispensables , surtout dans les circonstances au milieu desquelles on se trouvait. Kossakovski fit observer que si
Ton renonçait désormais à la résistance, l'impératrice de Russie étant satisfaite, pourrait ne pas insister sur la ces* sion des provinces que le roi de Prusse avait envahies ; et que, par conséquent, en faisant des concessions à la Russie, on s'épargnerait celles que la Prusse demandait. Le roi fut du même avis. Il osait espérer, disait-il, dans uh discours persuasif, que ceux qui vivraient après lui diraient de lui : « Il voulut toujours le bien, il fut malheureux, mais il ne fut pas coupable. » Il conclut qu'il fallait en renonçant à une résistance désormais impossible, montrer que la nécessité était le seul droit qu'on pût faire reconnaître par la diète. Enfin la résistance intrépide flécbi.t .devant une irréfragable nécessité, et à la motion du nonce Lobarzevski, la délégation fut autorisée à signer le traité, c'est-à-dire la cession des provinces occupées par la Russie ; ce qui eut lieu le 23 juillet 1793