‹ Histoire de PologneChapitre 98 sur 369 · Différentes opinions sur Stanislav- Auguste · texte numérisé non relu

Différentes opinions sur Stanislav- Auguste

Ceux qui observaient Stanislav- Auguste dans une certaine intimité, surtout les employés de son cabinet et de sa cour; ceux qui avaient gagné ses bonnes grâces^ qu'avaient honorés ses bienfaits , ou qui avaient eu occasion de disserter avec lui sur les arts et les sciences, enfin ceux dont \t sort dépen dait du roi lui-même, et qui étaient liés avec lui par des rapports particuliers , admiraient la bonté du roi , et vantaient son habileté dans la politique. Les personnes qui siégeaient avec lui, dans les assemblées publiques , qui délibéraient avec lui dans les conseils, ainsi que ceux qui exposaient leur vie en défendant leur patrie, n'étaient pas du même avis. On pouvait remarquer dans toutes les classes de la nation un profond respect pour la dignité royale , mais en même temps un sentiment de mépris pour la personne qui en était alors revêtue. Beaucoup de citoyens étaient animés contre lui de dédain et de haine; ils le détestaient dans leur indignation, ils le considéraient commeun misérable, un lâche, un traître. Ces dispositions, ne provenaient

nullement d'intérêts particuliers ou personnels , mais de Fintérèt public qui occupait constamment tous les esprits. L'histoire cherche toujours les causes des événements passés, elle observe les incidents et juge les conséquences et les résultats , sans jamais faire de conjectures sur ce qui serait advenu^ si Ton eut agi autrement. Si Ton admet pourtant des réflexions conjecturales ou présupposées sur le sort de la Pologne , il est impossible d'en tirer d'heureux présages. Il fallait s'attendre , ou à un joug , ou à la destruction et à la mort. Si la nation avait suivi une autre marche , si le roi avait agi différemment, sans doute les mêmes événements ne seraient point arrivés, mais l'issue n'eût pas été moins sinistre. Dans celte perplexité, l'homme qui suit le chemin tracé par la vertu civique, sans réfléchir sur les conséquences, n'est point responsable des événements devant l'histoire, il sera sans reproche. Il n'en est pas de même de celui qui, considérant exclusivement les résultats, s'écarte, pour y parvenir, de la ligne directe de ses devoirs, prenant, pour atteindre son but, un chemin détourné et vicieux; un tel homme, lorsqu'il manque le but qu'il s'était proposé , lorsque le succès ne couronne pas ses démarches, est soumis à la grave responsabilité de toutes les conséquences funestes dont il est l'auteur.

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