‹ Histoire de Provence (volume 4)Chapitre 32 sur 98 · AGRICULTURE · texte numérisé non relu

AGRICULTURE

La Êimille de Boson avait provoqué la renaissance de l'agriculture en fesant des concessions

(i) SutQts de Marseille , Ut. ▼ > ch. tiii.

(^ ItL ck. xni.

(3) RufB y Hitt. des Comtes de ProTence» p. s 34*

d*ane grande partie des domaines de la Couronne, et en Êivorisant l'aliénation des biens seigneuriaux et la division des propriétés. De leur côté les évêques de Marseille , les abbés de Saint- Victor et les moines de Mont-Majour rendirent de grands services à l'agriculture en mettant en valeur des terres considérables qu'ils donnaient à bail ou qu'ils fesaient administrer par des intendans. Us desséchèrent des terrains inondés y ouvrirent des canaux d'arrosage y établirent des moulins, bâtirent des fermes, étendirent les prairies et fes jardinages , multiplièrent les bestiaux.

Les princes de la maison de Barcelone se firent une gloire d'encourager les cultivateurs. Plusieurs espèces de raisins noirs et de figues furent apportées de Catalogne et acclimatées en Provence. On doit à Alfonse P^ la fondation d'un haras aux environs de Château-Renard , et l'introduction des taureaux et des chevaux dans la Camargue.

A Arles la grande culture fut la base de la prospérité publique, et cette ville sembla dès-lors destinée à devenir le centre de vastes intérêts agricoles. En général, dans cette renaissance de l'agriculture , les contrées le plus tôt et le mieux cultivées furent la vallée de rauveaune, la Camargue, la pente méridionale des Alpines, Salon, Tarascon, Saint-Remi, et la région comprise entre la Durance et le Rhône. Aix et le reste de la Provence firent des progrès plus lents.

Baymond-Bérenger IV, le dernier dès comtes de Barcelone 9 donna un nouvel essor à l'agricuU tare, première nourrice des hommes et source toujours féconde de leurs Véritables richesses. Il affranchit de toute imposition le sel destiné aux troupeaux , fit ouvrir de nouvelles routes , dessé^ cher des marais ^ défricher plusieurs terrains incultes. C'est sous son règne que les belles plaines situées entre la Durance et le Bhône commencé^ rent à sortir du sein des eaux au moyen de fossés d'écoulement. On lui attribue aussi l'amélioration des bétes à laine par le croisement des béliers qu'il fit venir de Catalogne avec les brebis du territoire d* Arles y qui étaient fort dégénérées.

L'agriculture provençale dut aux Croisades des obligations particulières. Un grand nombre de méthodes utiles et de végétaux productifs furent apportés de l'Orient. Parmi ces végétaux on peut citer le citronnier et le pin d'Âlep. Le citronnier fut naturalisé par les Croisés en Sicile et en Italie vers la fin du onzième siècle et au commencement du douzième. Il était déjà arrivé à Hyères et dans plusieurs autres parties de la côte. Le pin d'Âlep fut apporté à Marseille , et il s'y multiplia tellement qu'il finit par exister seul sur des montagnes calcaires où croissaient auparavant le mélèze et le pin sauvage (i). A dater de la même époque on reprit

(i) Parmi les pUntei utilet qoi Tinrent da Levant à la $mte des Croisades , on cite dlTerses espèces de cncnrbîtacées , l'articbaiit , quelques navets, le safran, etc.

l'usage de la greffe pour améliorer et varier les

fruits.

Les priDces des deux maisons d'Anjou, si malheureusement entraînés par les guerres d'Italie, n'eurent pas le loisir de s'occuper de l'agriculture. Cependant un mouvement favorable était déjà donné, et l'intérieur de la Provence produisit d'abondantes récoltes de grains, à tel point que les États du pays , convoqués à Aix au mois de mai 14^9, prièrent Louis III de lever la défense d'exporter le blé, attendu qu'on en récoltait audelà de la consommation et qu'il était tombé à trop bas prix. Cette demande fut accueillie.

Entre tous les comtes de Provence ftené a toujours une place à part. Ce bon prince ne négligea rien pour favoriser l'agriculture. Parmi ses entreprises il faut citer les premiers travaux pour le dessèchement des marais d'Aubagne, la réparation et le prolongement des canaux d'arrosage dérivés de l'Huveaune, la mise en culture du bassin de Gardane , les travaux que réclamaient les territoires de Tarascon et d'Arles , les routes à travers la Crau, et une multitude d'autres ouvrages touchant la fécondité du sol et l'assainissement du pays. Nous lui devons aussi les premiers arrêtés pour la conservation et l'aménagement des bois. Il excita le zèle des cultivateurs qui se livraient à la préparation des raisins secs, et il leur donna luimême l'exemple à sa campagne de Gardane. £n

i44o îl publia des réglemens pour les fossés d'arrosage. Deux ans après il exempta de toute espèce de péages et de tributs les troupeaux qui venaient hiverner dans la Basse Provence. Enfin en 14712 il accorda des primes aux meilleures laines et des encouragemens aux ouvriers en drap (i).

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