GUILLAUME IL
U eut pour successeur son fils Guillaume II, né de sa femme Adélaïs. Ce prince, d'un caractère faible et d'une intelligence bornée, ne fit rien de remarquable. On ne cite de lui qu'une piété aveugle qui le porta si avant qu'elle lui fit franchir toutes les bornes de la raison. Il ne s'ingénia que pour enrichir les prêtres et les moines aux dépens des faimilles et de l'État. Une croyance populaire s'était répandue qui fixait vers l'an mille l'accomplissement des temps et la fin de toutes choses. L'épouvante saisit les imaginations émues. On crut
que la trompette du jugement dernier allait se kive entendre au milieu du chaos du monde anéanti, et Ton prit en dégoût le travail^ les affaires, les soins domestiques , les relations sociales. Chacun n'eut plus souci que du salut de son ame. En Êice de la mort, que faire des biens périssables? et les grandeurs fragiles , et les plaisirs d'un jour, pourquoi s'en occuper devant l'éternité ouvrant tous ses abîmes? Les églises et les monastères s'enrichirent d'immenses dépouilles, car le peuple pensait que pour gagner le Ciel il fallait tout donner à ses ministres , lesquels accréditaient cette crédulité superstitieuse. On parut oublier qu'eux aussi n'avaient besoin de rien le monde prenant fin. Les monumens de l'époque ne mentionnent que des donations pieuses qui témoignent de l'influence toujours croissante d'un clergé avide et dominateur. Quant aux règles de police , aux formes d'administration civile, aux £aiits intéressans de politique, qu'on ne les cherche pas, la peine serait inutile.
Guillaume II mourut en l'année 1018 et fut enseveli au monastère de Mont-Majour.