‹ Histoire de Provence (volume 5)Chapitre 9 sur 48 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

De 8x3 à 937.

Les héritiers de Charlemagne. — Premier royaume de Provence. — L'Église d'Arles déchue de sa grandeur. — Second royaume de Provence. — Boson. — Il se fait couronner Roi de Provence dans rassemblée deMantale. — Son sacre dans la cathédrale de Vienne. — Les princes français le combattent comme un usurpateur. — U reste pourtant sur son tr6ne. — Étendue du royaume de Provence. — Mort de Boson. — Loibs son fils lui succède sous la tutelle de sa mère Hermengarde. — Événemens de ce règne. — Les Manres s'établissent au Fraxinet et ravagent toute la contrée. — Le Roi de Provence veut eptrer en Italie pour en faire la conquête. — « Il échoue dans cette entreprise. — , Ce prince , reprenant son premier dessein , entre en Italie.

— Il y obtient de brillans succès et reçoit du Pape la cou- * ronoe impériale. — Ses revers. — Il est pris et on lui crève

les yeux. — Sa mort. — Hugues lui succède. — Expédition de ce prince en Italie. — Ses triomphes et son administration. — Hugues , possesseur de la couronne d'Italie , cède la Provence à Rodolphe, roi de la Bom^ogne-Transjurane.

— Nouveaux brigandages des Maures. — On les combat avec avantage, mab sans pouvoir les exterminer*

JLiES royaumes de Charlemagne avaient besoin d'un héritier digne de lui ^ mais ce grand homme qui

mourut en 8i4 9 n^eut point de continuateur. Son fils j Louis-le-Débonnaîre , en possession de la dignité impériale, succéda à ses vastes états , moiDs la Ijombardie où régna Bernard son neveu. Le nouvel empereur , sans énergie et sans lumières, négligea les devoirs du trône pour les pratiques du cloître. Il affaiblit son pouvoir en associant ï Tempire Lothaire son fils aîné, en donnant h royauté d'Aquitaine à Pépin son second fils, et celle de Bavière à Louis , le plus jeune des trois- Un peu plus tard l'Empereur ayant eu d'une nouvelle épouse Charles-le-Chauve , détacha qudques districts du corps dominant de l'État , c'est-à-dire de la Neustrie, de la Bourgogne et de l'Austrasie, donna à ces districts réunis le nom de royaumed'Allemagne , et en pourvut le jeune prince. Les trois autres fils, lésés par ce partage, se révoltèrent contre leur père. Celui-ci, trahi de toutes parts, eut beau s'humilier. Il ne lui servit de rien de demander merci. Ses ennemis le déposèrent , et le soumirent à la pénitence publique (i). L'année suivante, une révolution imprévue lui rendit le sceptre de Charlemagne trop lourd pour ses faibles mains. Lothaire cessa d'être associé à l'empire et eut le royaume d'Italie que Bernard avait perdu par sâ révolte. L'Aquitaine, possédée par Pépin, fut reculée jusques à la Somme et s'augmenta de plusieurs

(i) Eo 833.

districts bouipiignoDS. Louis reçut TAustrasie où Ton jeta les cantons neustriens non compris dans TAquitaine. Le royaume de Germanie fut fondu dans Tancien royaume de Bourgogne qu'on donna à Charies-ie-ChauTe , maître de tout le pays situé entre le Rhône et les Alpes. Pépin mourut, et bientôt. Tinrent d'autres arrangemens. Louis fut de nouveau réduit à la Bavière , le fils de Pépin à l'Aquitaine y Charlefr-le^Uhauve à la Neustro*Bourgogne, privée du territoire d'en deçà la Saône et le Rhône. Lothaire, en sa qualitéd'ainé^futle mieux partagé. Il reçut avec les ornemens impériaux le reste de la Bourgogne , les districts Germaniques, TAustrasie et l'Italie.

A la mort de Louis-le-Débonnaire, en 84o , ses fils, divisés entre eux , déchirèrent encore l'empire immense de Charlemagne. La bataille de Fontenai où il périt, dit-on, cent mille Français, décida leur querelle. Lothaire vaincu désira enfin la paix que ses frères lui avaient inutilement offerte. Us firent alors un autre partage (i). Ce titre laissa au fils de Pépin une partie de l'Aquitaine , créa en faveur de Louis le nouveau royaume de Germanie , et maintint pour Charles-le-Chauve la Neustrie, augmentée de l'ancienne Septimanie et des cantons de l'Aquitaine qui n'entrèrent point dans le lot du fils de Pépin ; ce qui forma la France

(i) An 843.

proprement dite. Lothaire, conservant le titre dTEmpereur, obtint l'Italie et tout le territoire gaalois entre le Rhône , la Sa6ne et la Meuse d'un côté j les Alpes et le Rhin de Tautre. La Provence fit ainsi partie de cet empire. Peu après une sédition s'y éleva. Solocrat , comte d'Arles , tenta de se soustraire à l'obéissance de Lothaire et rangea sous ses enseignes les autres gouverneurs des Tilles provençales. L'Empereur étou£Ea promptemeot cette révolte. Les insurgés , posant les armes , lai demandèrent grâce , et le calme fut rétabli. Lothaire donna le gouvernement de la Provence an comte Gérard de Roussillon, qui avait épousé une de ses cousines germaines, nommée Berthe. Bientôt un démembrement s'opéra , et cette Provence, qui avait subi tant de vicissitudes politiques, prit une forme nouvelle et jouit d'une existence propre^

Page 1