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Ce qui présente tm total de cent mille deux centdix-bnit 100,218
DE-PROTfiNCE. 2ftS
pour devenir le port auxiliaire de Marseille. Op y prit des précautions si sagtis, que le mal essaya en yain de franchir les limites principalement posées par le courage et la prévoyance des femmes.
Un arrêt du conseil du i4 septembre 1720 avait enlevé au parlement de Provence les attributions de police durant le cours de la contagion, et les avait données aux commandans militaires. La plu-*, part de. ces officiers abusèrent de leur pouvoir» et le pays qui gémissait déjà sous le poids de deux fléaux, la peste et la disette , eut à subir un troisième ûéan tout aussi redoutable,. le despotisme des gens de guerre. Toiilon fut le premier théâtre de leurs injustices brutales. Avant que la peste s'y fut déclarée on y avait arrêté un homme et une femme accusés de porter des marchandises de contrebande. Ils furent traduits devant un conseil de guerre qui condamna la femme à la peine de mort et mit l'homme hors de cause. Au mépris d^ ce jugement , le gouverneur les fit tous les deux fusilier. Les juges d'Hyèresavaient condamné un homme à mort pour des crimes ordinaires. Ceux de Trets avaient prononcé la même peine contre un coupable. Ces deux malheureux appelèrent aii parlement d*Aix. Mais malgré cet appel, l'officier qui commandait à Saint-Maximin, les fit passer par les armes sans les entendre, sans même avoir vu la procédure. A Rians , à Tavernes , à Tourves, à Digne, à Castellane et dans d'autres communes, les gens
HISTpHtE
guerre se livrèrent à des exactions infinies , et aux excès les plus odieux. Ils voulurent juger en leur propre cause , forcèrent des curés de monter en chaire et de faire des publications contre la défense de leur évéque, bannirent des prêtres y tuèrent des religieux à coups de fusil , sans aucune forme de procès. A Lanibesc et à Salon ils décidèrent de la validité des testamens et obligèrent , par iwie militaire y les héritiers au payement des legs, A Marseille 9 la sagesse de Langeron Tint échouer contre Técueil du pouvoir sans limites dont la Cour l'avait investi. Il porta si loin ses entreprises, qu'il se rendit Farbitre souverain de tous les di{FérendSy<:cm^ nut de l'état des personnes, des crimes de rapt et de tous les délits ordinaires , jugoi les procès civils*, revit et. annula les arrêts du parlement, obligiea les parties à payer des sommes dont ces arrêts les avaient déchargées , exigea . même que les paie- ^le^$ fussent feûts sans protestation. A Taise dans sa dictature , il donna un taux arbitraire à la valeur des monnaies .et empêcha Tenregistrement de la déclaration royale <qui rétablissait le cours de la justice ordinaire.
L'assemblée particulière des procureurs du pays nés , réunie d'abord à Aix sous la présidence de Tarchevéque, puis à St.-Remi, ensuite à Tarascon , avait délibéré de demander au régent du royaume : L'abandon des dons gratuits pen* dant tout le temps de TaflEreuse maladie. %^ La fer**
me àa céntrôle des actes des notaires* 3° Les ar* rérages de la capitation des années 1 7 18 et 1719.
4° Le courant des billets de banque qui se trouvaient dans la caisse de la provinçe» 5° L'ordre aa directeur de la monnaie de changer ees Mlets en espèces. 6** Le payement de six cent mille livres dûs au pays pour rabonnement du contrôle des actes. Le rég^t n'aocbrda que dea& cent mille livres à compte dessîx cent mille dont je viens de jparlçr , envoya cinq cent mille livres en billets de bampie , et garda le silence sur les au tres chefr dé demande. L^astemblée, regardant ces secours comme însufEsans, délibéra en outre d'emprunter jusqu'à on million , an fiir et à mesure des besoins publics.
Une assemblée générale des communautés , tenue à Lambesc ie-aa aTril '1722 ^ imposa la sommé de trois œntslivres par feu sur là Provence entière pour subvenir aux charges courantes. Elle établit un autre impôt . de cent livres par feu pour compenser ks sommes due&auz communautés , à raison des avances par elles faites.
A Marseilk les alarmes s'étaient dissipées, les travaux reprenaient leurs cours, la confiance et la joie rentraient dans tous les cœurs si long-temps serrés de détresse, lorsque le mai 1722, un homme mourut subitement frappé du mal conta»
gieux. Le lendemain deux jeunes personnes auxquelles on avait présenté quelques pièces de den-
telles çureDt le même sort. Plusieurs autres pecson-* Des périrent a?ec tous les symptôiiieft du Teiiin pestilentiel. Aussitôt le peuple s'agite , s'échauffe , fçémit. Chacun pense à sa sûreté , chacun travaille à ^on, salut. Les religieux de St.-Victor, frappés encore d'épouvante , encore poursuivis par des fantômes menaçans, se retranchent dans leur inaccessible monastère^ dont la peste n'avait pu fran* chirles murailles. Les écbevins prirent ausitôltoa* tes les mesures préservatives. De Brancas, gouver* neur de.Provencei défendit aux J^arseillai&de sortir de leur territoil^ sous peine de mort, et enjoignit aux malades de se déclarer dans les vingt-quatre heures sous la même peine. £n même .temps f Louis XV f devenu majeur , app^a de nouveau^ au commandement général de Marseille le chef d*es« cadre Langeron, dont la conduite honorable offrait de si puissantes, garanties , et qui annonçait tout ce qu'il pouvait fiiire par ce qu'il avait déjà fidt. Langeron , qui était sorti de Marseille le 29 nôv^nbre 1791 y .y rentra le adjiiin 1792, et la peste cessa bientôt, apiès avoir enlevé quelques centaines de malades. Le roi , par un édit daté de yersailles le 19 novembre suivant , rétablit la libre communication avec Marseille et ordonna la re» traite des troupes qui formaient le cordon autour de cette ville. L'exportation des marchandises. fut pourtant reculée jusques au 27 mai I7â3.
CHAPITHE XXXIII.
Le clergé proyeoçal se trouve engagé dans les querelles théo* logiques qui troublent U France. — Le jésuite Girard et La Cadière. — Direction spirituelle et principes religieux de ce prêtre. — Ses liaisons avec sa pénitente. — Leur rupture. — Plainte de La Cadière contte Girard , poursuivi comme sorcier. — Information judiciaire à Toulon, ensuite à Aix. — Longs et célèbres débats de la grand* Chambre du Parlement de Provence. — L'arrêt ne satisfait personne. — Agitation publique. — Suite de cette affaire. — Conduite de Févéque de Marseille. — Pacification.
A cette époque on s'occupait encore de ces querelles théologiques qui avaient troublé la vieillesse de Louis XIY et légué à son successeur des agitations déplorables. Un oratorien , le père Quesnel , avait publié un ouvrage contre lequel les Jésuites se déchainèrenti sous prétexte qu'il renfermait des erreurs du même genre que celles de Jansénins^ évéque d'Ypres, dans son commentaire de Saint- Augustin. La fiuneuse buUe unigemiuSf du 8 sep*