‹ Histoire de ProvenceChapitre 5 sur 49 · HlâTOIRË · texte numérisé non relu

HlâTOIRË

de Provence se réunirent à Fréjus. L'abbé de Beau-

vau leur fit la demande d'un don gratuit pour les frais de la guerre et les besoins de Tétat. L'assemblée accorda douze cent mille livres, à condition que les nouveaux édits seraient supprimés. Le roi accepta le don , révoqua les édits , et fesant même ce qui ne lui était pas demandé | il confirma toutes les firanchises provençales par lettres-patentes du i8 avril de la même année.

Cependant une escadre , armée dans les ports de rOoéan , se préparait à mettre à la voile , so/kia les ordres du comte d'Harcourt. Elle était composée de cinquante-neuf vaisseaux y chargés de six mille sept cents combattans et d'une formidable artillerie» Henri de Sourdis , archevêque de Bordeaux y. s'y était embarqué en qualité de chef du conseil de la marine. Vers la fin de juillet cette flotte longea les o6tes de Provence , et fut jointe par Tescadre sortie de Toulon sous le commande* ment du marquis de Pont-Gourlay. On y comptait dcnize galères , un galion , quatorze vaisseaux , plusieurs brûlots et petits navires. Les Espagnols avaient dans les eaux de Provence vingt-deux galères et cinq vaisseaux qui ruinaient le commerce marseillais. Le duo de Femandines en était rami» ral. A l'approche des Français l'armée navale d'Espagne s'enfiiit yen Gènes. Les troupes du maréchal deTitry , les vaisseaux du comte d'Harcourt et du marquis de Pont-Çourlay se préparèrent à l'attaque

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des Iles Sainte^Marguerite etSaîDt«Honohit, défendues par deux mille Espagnols. Le 8 décembre , les généraux réunis en conseil de guerre au château de Cannes, délibéraisot pour àssnrer le suooès de cette entreprise. L'arcbevéqoe de Bordeaux y assistait. Une contestation s éleva entre le maréchal de Yitry et le comte d'Harcourt, malheoreusement divisés pat* oet esprit de jalousie et de rivalité , si ftmeste en tout lieu mais surtout dans les camps. L'archevêque de Bordeaux voulut prendre part à la querelle, et peut-être le fit-il avec une chaleur déplacée. Quoi qu'il en soit, Vitry, toujours irascible et brutal , traita le prélat de cagot (i) , et le frappa d'un coup de caoue. Le conseil se sépara aussitôt saisi d'étoonémént et de douleur. La plupart des gentilshommes, voulant donner au gouverneur une marque éclatante de mécontentement , abandonnèrent les drapeaux. Les miUcesse débandèrent, et TexpéditioD , qui s'annonçait d'abord 'sons de brillans auspices, fut renvoyée à d^s temps plus heureux (a).

Elle intévessait trop le patriotisme provençal pour qu'on ne la reprît pas avec ardeur. Au retour du printemps , 1637 , le pays tout entier s'y porta avec un dévoûment admirable.Xie parlement donna vingt-quatre mille livres, 1» cour des comptes

(1) Pitton, «te/.

(2) Bouche , t. n.

qaime mUle. Les diverses séoécbmissées contribuèrent suivant leurs facultés ; les corporations s'imposèrent des sacrifices proportionnés à leurs richesses. La ville d'Âix fournit six mille livres , de la poudre, des munitions 9 cent, cinquante charges de blé et cent mousquetaires entretenus pour deux mois. Marseille donna trente mille livres et des munitions pour six mille; Arleb , du blé pour la valeur de trente mille livres. Toulon , Hyères et Olioulles fournirent deux mille quatre cents hommes sur sÛL vaisseaux irétés à leurs dépens. Braguignan eik arma quatre cents avec leur subsistanoe. Le • bourg de Biot, dans la viguerie de Grasse, en envoya trois cents y entretenus pour un mois. De plus, le parlement ordonna qu'on inscrirait à son greâe le nom des géntiishonmés déjà employés à Texpédition, et en même temps il enjoignit à tous les autres nobles p capables de porter les. armes , de joindre les drapeaux français sous peine de flétris^ sure. Tous répondirent à cet appel , et l'on vit le vieux seigneur de liomolies, âgé de 94 ans, se présenter pour combattre , malgré la présence et les su ppUoations de ses* trois fils.

Le 28 mars, les troupes de débarquement, protégées par la flotte , s'approchèrent , sur des bateaux légers,, de i'ile Sainte-Marguerite-que défendaient cinq forts construits par les Espagnols avec des lignes de communication. Le régiment de Vaillac descendit le premier. Le plus petit 4es forts fut

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emporté d'emblée , et les Français se retranchèrent dans nie f iatolAtttajiissitôê à des trèvaurdè^ siège. Trois autres forts se rendirent tour à tour. Le cinquième ÛJ^um vésistaïu^iopiniâtre. Le& Esp^^ff y avaient . rassemblé toutes leurs £orœ8rkmi^lé commandement de( don Miguel Ferez de Goua, et ils ne révacuère|[|t que le i a mai , avec tous les lmToem,^4!ê^iffm9^ 1461 ienden^ililli^ Honorât fut investie par la flotte fw i Éyi ise, et Icf comte d'Harcourt y débarqua douze cents hom-

loes. Il i^ftfi^iMlr^'w lequel ^capîtuJi

le i5|<Pli||jÉiSiS^Pi9v«nçauxdedistin^ eropoy*

tés par leur ardeur guerrière , perdirent la vie à l'atlaqiUieideSilieiWaites , entr autres Gaspard de Si^iran ^1 Jf^'-fshMlter :de St.-Trope2, Thorenc^ Masaugues , Lioux , Bonfils, de Puget , Bellon , d'Isnard , de Rousse. D'autres y reçurent des blessures pluaètai Buina graves , et parmi eux Ton cite de yiIleneîM»*Flay ose , Roquebrune , le baron de Forcalqueiret , de Yalbelle , Saint-Antoine de Sisteron , Louis Félix de Marseille. D*Aiguières-Méjanes f preoner oonsul d'Arles, combattit à la téte de la milice de cette ville , et quoique blessé , il se iit porter à la brèche.

Peu après y^'autres Provençaux payèrent aussi à la patrie une dette de sang. L'armée navale de France donna la chasse à une escadre espagnole de quinze galères et la joignit près de Gènes. L'acharnement Ait égal de part et d'autre , le choc terri-

bfe et 8ai^;laiit. Led Français perdirent trois galères et les Espagnols six. Cosme de Valbelley d'Arène ,

Monier , Montolieu , le baron de la Garde, Guiramond et Fortia-FomiUe tombèrent de la mort des braves.

Après tant de dévouaient et de sacrifices , la Provence espérait être déchargée de l'entretien des garnisons françaises. Mais k sabsistance de pla* sieurs régimens fut encore laissée à sa charge. Les consuls-procureurs s'y opposèrent de toutes leurs forces, parce que les états-généraiis n'avaient pas voté cette dépense, qui dès*lors était illégale. La Cour, irritée d'une opposition consciencieuse, médita de nouvelles attaques contre la constitution provençale. BUe obtint du conseil d'état un arrêt qui séparait du consulat d'Aîx la procure du pays , et en fit une commission royale qui ne fut attnbuée qu'à des hommes servilement dévoués aux capriees 'ministériels. L'archevêque d'Aix , Tasses* seur Jullianis, et de Piles, gouverneur du Châteaud'If , furent investis de cette charge , jusque-là si bonorable , et qu'on voulait dénaturer au point d'en faire un aveugle instrument d'arbitraire. En même temps les trésoriers généraux reçurent l'ordre d'asseoir sur k Provence l'imposition destinée à l'entretien des troupes , si mieux n'aimaient , les nouveaux procureurs du pays, la répartir eux-mêmes. Tous les cœurs provençaux sentirent cette iojura Et vraiment il y avait de quoi s'émouvoér ,

de quoi s'indigner à titre légitime. Une chose était évidente : la Cïonr, dans la longue-sérîede ses empiétemens déloyaux , tenait plus à tirer rançoa du pays qu'à détruire ses privilèges. £n fin de compte ses entreprises lui amenaient toujours des suh» stdes. La ville d'Aix se hâta de députer au roi le consulaire Gaufredi. Louis XIII écouta ses plaintes. Mais il Êdkit encore se résoudre à des sacri* fiées. On convint que la province entretiendrait un certain nombre de régimens , et à cette condition le consulat d*Âiz fut rétabli dans ses prérogatives.

L'on eat bientôt une satisfaction plus grande. L'outrage reçu en plein conseil de guerre parTar* chevéque de Bordeaux avait trop fait de bruit et de scandale en France pour y rester couvert du voile de l'oubli et de l'impunité. Le moment approchait où Yitry , reconnu pour incorrigible , devait enfin porter la peine de ses emportemens et de ses excès. Son protecteur, le cardinal de Richelieu, fut le premier à provoquer sur lui la sévérité du monarque , et le maréchal fut rappelé pour rendre compte de sa conduite. Tandis qu'il allait à St.-Germain pour tâcher de se justifier auprès de Louis Xlil, des gardes l'arrêtèrent sur la route le octobre 1687 , et le conduisirent à la Bastille , d'où il ne sortit qu'après la mort du premier ministre.

Le cardinal de Lyon, Farchevéque de Bor-

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de^ax et le comte d'Uarcourt sollicitèrent le gouveraement de Proireiioe. Chacun d'eux fit valoir ses titres , mit en mouvement ses amis , usa de tous ses moyens d'influence pour obtenir cette place importante. Mais le roi la donna à un autre sèîgnenrqui ne s'était pas'mb sur les rangs et qui fut surpris de cette faveur inattendue. C'était Louis de Valois y comted'ÂlaiSy du comte d*Auver« gne , prince légitimé de France (i).

Ce nouveau gouverneur arriva en Provence an commencement de Tannée i638. 11 n'était à Aix que depuis quelques jours , lorsque le prince Gastrair, frère consanguin de Ladislas Vil, roi de Pologne , fesant route sur une galère génoise vers le Portugal f où il allait exercer les fonctions de vice-* roi 9 descendit k St.-Tropez , rinta successivement Toulon et Marseille, se rembarqua, et fut bientôt forcé , par le mauvais temps, de relâcher à la Tour de Bouc. Le gouvernement français, reprodiant sans doute à"ce prince d'avoir examiné trop attentivement les fortifications de Toulon et de Marseille, ordonna au comte d'Alais de le constituer prisonnier. D^Alais chargea Ghantereine, capitainer de ses gardes, d'exécuter cet ordre, et Casimir fut transféré dans la citadelle de Sisteron , puis conduit à Yinoeones. lies ministres rinterrogèrent f et bien-

(i) Le comte crAlais i-tait petit<fils du roi Gharle» IX et de Marie Toud^et de la ville d'Orléans»

tôt après en le rendit à la libertéi comblé dé présens et d'honneurs.

- La France y encore- accablée du poids d'une lon> gue guerre y aTaU osé ses 'dernières ressources financières. d'ailleurs Ricbelieu ne ménageait pas, comme Sully y les revenus de l'état , et Téconomie ne conyenait point à son £Eiste. La Goor avait ton* jours plus obtenu des pays d*état qne des provinces sans représentation politique ; ce qui ne doit étonner personne, parce que l'expérience démontre que les gonvememens absolus sont presque «ou« jours à bon marché , et que la liberté se paye cher. Cependant tous les genres d'impôt avaient été déjà mis en usage , et BidieUett recourut derechef à un expédient qui n'était pas nouveau , mais qui avait an moins le mérite d'avoir toujours réussi en Provence. 11 créa de nouveaux ofEces , persuadé qoB le pays , pour s'èn délivrer , ferait ofiire d'un don gratuit , selon ses habitudes. L'édit du mois de mars j638 créa trois corps judiciaires , l'un à Aix f l'autre à Forcalquier , le dernier à Draguignan. Ces tribunaux n'étaient propres qu'à réduire l'autorité du parlement d'Aix en diminuant sa juridiction. Chacun d'eux fut composé de deux pré* sidens , de doûsse conseillers , d'un procureur et d'un avocat général. Ijq parlement refusa de vérifier l'édit ; mais le roi en ordonna l'enregistrement au grand conseil, et chargea de Lauzun , consef lier d'état, de le l'aire exécuter. De Lauzun arriva à

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Forcalquier au mois de mars i&ig. Il y trouva le conseiller de Gautier et le procureur^général de Gantez , dépotés du parlement , lesquels lui notifièrent ropposition de cette compagnie. De Lauzun leur en concéda Tacte, mais, en déclarant que c était sans préjudice, de sa commission à laquelle il allait incessamment procéder. En efifet , il parvint en peu de temps à organiser les présidiaux de For^ ca&quii^r et de Draguignan i majs celui d'Aix pré* senta plus d'obstacle. Tous les offidera de la séné* chaussée firent signifier leur opposition , -et le par* lemeot chargea le premier président de Bernet et les conseillers de Perier el 4e Yalbelle d'aUer de-» mander en Cour la révocation de Fédit. Ces magistrats traitèrent avec la Cour sans consulter l'opinion publique , ils obtinrent» «D non de juillet 1639, la suppression des préiidiauzy en proposant eux-mêmes rétablissement des experts jurés et des auditeurs des comptes tutélaires , en titre d*offîoe, au nomîbre de cent quatie-vingtneuf , sans compter trente greffiers. Le gouvernement accepta cette offre. C'était une transaction dérisoire , une moquerie révoltante. £n effet, la création de la plupart de ces offices datait de sept an&y et les fétats assemblés à Bi ignolles l'avaient fait révoquer moyennant finance» Le parlement d'Aix y qui ne craignait rien tant que les (urési* diaux, n'écouta dans cette question que la voix de son intérêt et de son orgueil. Il enregistra ledit,

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malgré la £sûble opposiUon de quelques*uD6 de ses membres. Biais des murmures énergiques s'éle*

vèrent clans la province; et la Cour, qui après tout tenait beaucoup plus àV^rgent qu'à l'exécution de ôet édit, le révoqua en recevant une somme oonsl-

dérable.

Au milieu de ces attaques continuelles , où Tesprit des libertés provinciales luttait avec désavantage contre le génie du despotisme ministériel, les états-généraux vinrent faire un triste naufrage. Ils avaient tenu leur dernière séance à Aix en février 1639 , et s'étaient prononcés avec énergie contre la création des nouveaux offices. La Cour n'osa pas les supprimer entièrement , parce qu'il est vraisemblable que la Provence n*eût pas souffert cet attentat à sa constitution respectée. Mais on n'en conserva que l'image. On cessa de les convoquer , sans qu'aucuu acte en prononçât rabohtion, et ils furent remplacés par les assemblées générales des communautés , qui exercèrent à peu près les mêmes pouvqirs, et devinrent à leur tour une représentation nationale statuant sur Timpôt. L'assemblée des communautés , moins nombreuse et moins imposante que les anciens états , était composée de Tarchevéque d'Aix , président , des trois consuls et de Tas^sseur de cette ville, procureurs du pays nés, de deux évéques , procureurs joints pour le clergé 9 de deux possédans^âefs, procureurs joints pour la noblesse « de vingt-deux dépu-

tés des chefs-lieux de chaque viguerie , et de qaÎDze autres députés des principales communes (i), fesant en tout'4uarantMix votans (2).

D'autres orages se préparaient. Vers la fin de la même aunée, le ministère créa deux sénéchaussées nouvelles , Tune à Sisteron et l'autre à Gastelanne. Le ressort de ces tribunaux fut formé' aux dépens des sièges de Forcalquier , de Draguignan et de Digifte. £n outre ' on institua vingt-neuf bureaux de commissalres-priseursy étabMsen diverses villes de la province pour estimer les biens provenant de& héritages acceptés sous bénéhce d'inventaire et tous autres foieus' vendus par autoritéde justice. Peu après , le comte d'Alais y excité par Isa femme qui venait de se brouiller avec la première présidente du parlement d'Aiz^ fut bien aise de contrarier répoux de ceUe-ci , en obtenant Férection d'une chambre des requêtes , destinée à faire partie de la cour souveraine et chju^ée déjuger certaines catises en première instance^ hd parlement de

(i) Tous ces dépuics étaient ordinaireraent consuls.

(a) Les Terres Adjacentes étaient réprésentées dans cette assemblée par les consuls d'Ai les et de Marseille , jamais ensemble , mais à tour de rôle. Ces mandataires étaient sans voix délibérative dans les affaires générales, et on ne les consultait que par déférence. Mais leur suffrage comptait dans toutes les questions qui intéressaient une portion du territoire provençal comprise suus le nom de Terres Adjacentes. Tel avait toujours été leur droit aux états-généraux, et ce droit ne leur fut jamais disputé dans les assemblées générales des cqmmimautés.

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Paris et celui de Rouen aTRient, depuis quelques années , une cluRnbre semblable. Celle d'Aîx fat

érigée par édit de janvier i64o. comte d'Alais, jaloui.^ijb consolider rson ouvrage associa quelq ucsi p ^tpata i ^«liyeng<ànceven-leu» persuadant qoaUBMffieésiées ^quêtes leur seraient avantageux, parce qu'au lieu de n'introduire leurs enfaus dansi èÉ^^iiiiigistraAui^^ leur résignànt leur» diarges, ils pomWiënt^leur' ddnner un siège isam se dépouiller eux-mêmes. D'un autre côté, le premier président y ne négligeant rien pour parlalyser k» «ffibm âil^aèiMWilleints , fit comprendre à la plupart des membres de sa compagnie que la trop grande multiplicité des oiûcfis causerait un imoîènié^'tHiMH^iitt tribunal sUpréme. Aiussi les i M mfSfmh^fiksê' ^délibérèrent que des remontrances seraient rédigées et qu'un député de la cdUfe*4i«ll'lëB^ diéposer au pied du trône. Mais l'éâWéMP^à^yike\ïé , et plusieurs des charges dont il portait création avaient été vendues, entr'autres celles du président , acquise par Tassesseur Gau-

Le 4 février, Cazet de Vautorte , commissaire du roi avec le titre d'intendant de justice, entra dans le parlement , fit défense de s'assembler sans un ordre exprès du prince , et ajourna au grand conseil, auprès duquel il exerçait lui-même les fonctions d'avocat général ^ les «conseillers . de Laurens et d'Ânielmi» ardens adversaires de la

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nouvelle création. Le 8 mar», le gouverneur et rioteDdant se rendirent au sein de la compagnie pour y promulguer Tédit. Les gens du roi conclurent à renregistrementy sans préjudice des remontrances que la cour se réservait d'adresser au roi. On passa ensuite aux opinions , et le président Ducbaine venait d'accorder la parole au doyen y lorsque le comte d'Alais ordonna au greffier en chef d'enregistrer Tédit sui4e*cliamp. Celui-ci s'en étant excusé, le gouverneur fit remplir cette formalité par son secrétaire et leva la séance. Quelques jours après , treiae magistrats (i) furent ajournés au conseil pour y rendre compte de leur conduite, et interdits provisoirement de leurs fonctions. En même temps on décréta de prise de corps le greffier en chef et l'un de ses commis. De Bernet lui-même , premier président, ne tarda pas y à ilnstigation - du gouverneur , d'être la victime d'une politique violente. Une lettre de cachet vint larracber à l'inamovibilité de sa cbarge et lui assigna la ville de Bourges pour lieu d'exil. La chambre des requêtes fut installée. Mais les anciens magistrats du parlement , ne pouvant plus contester la juridiction des nouveaux oifiiciers de

(i) Ce furent les conseillers d'Albert, Goordon» Banénie, d'Oppède, Yalbelie, d'André , Milan , d'Arbaud , Ganret » Perier , Saint-Marc et les deux Thomassin. Les greffiers décrétés de prise de corps étaient Étienne et Bonnet.

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cette chambre, voulurent les tenir à distance , et

s'opposèrent avec une frivole taquinerie au libre exercice de leurs droits honorifiques. Les querelles se prolongèrent au palais entre tous les hommes de robe , mais sans retentissement au dehors , parce que l'intérêt public , l'honneur , la liberté, ces grands mobiles des passions nationales , n'étaient pas en cause. An milieu de la misérable lutte de quelques puérilités vaniteuses , KicheUeu expira, triomphant de ses ennemis^ rassasié d'honnenrs et de richesses , dépositaire inébranlable de Tautorité souveraine. Quelques mois après (i), Louis Xlll , qui n'avait rien su faire sans lui , alla le rejoindre dans la tombe. C'était mourir bien à propos. ^

(i)Lei4 mai 1643.

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