‹ Histoire de Provence (volume 2)Chapitre 110 sur 112 · Plut. , bc. cit · texte numérisé non relu

Plut. , bc. cit

Brusque , d^uq visage sëvère , d'un gënie ardent j il montrait dans Tàpreté de ses discours , dans la rus* tique ironie de son langage contre les nobles , dans la vëhémence de ses gestes , une ambition démesurée , un orgueil farouche et indomptable. Trempant son pain dans le vinaigre , couchant le front sur la pierre, il maintenait avec une sévérité inouïe la discipline militaire , et interdisait la plainte par Texemple de sa vie forte , de sa participation héroïque aux plus rudes travaux , aux plus pénibles privations.

Arrivé dans la province romaine , il communique à ses soldats l'ardeur impétueuse dont ses esprits étaient dévorés. Tout prend une force nouvelle. Il commence sur les élémens la guerre indomptable qu'il continuera sur les Barbares. Aidé des Massaliotes, il travaille à d'étonnans préparatifs de défense. Le Rhône lui parut le canal le plus favorable pour faire arriver à son armée les approvisionnemens de l'Italie ; mais ici de grands obstacles interdisaient la narigation du fleuve aux navires. Chariés , l'un par le Rhône , l'autre par la mer , le limon et le sable accumulés aux limites du fleuve et de. la Méditerranée , formaient des barres qui obstruaient l'entrée. La pioche est mise aux mains des soldats, et sous les yeux de Marins un canal large et profond , communiquant avec le Rhône un peu au-dessus d'Arelate , traverse la plaine stérile nommée

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Champ-Pierreux ' , et Tient o£Enr une rade commode aux yaisieaux à son embouchure dans la mer. Cet ouvrage de gënie et de patience ëtait aussi une ligne de défense ; Marins , après ses Victoires , le cëda aux Massaliotes , qui y établirent des droits d^entrée et de sortie * , et bâtirent une yille même près de Tembouchure du canal. Ce canal a disparu ; les vestiges de la cité massaliote se retrouvent près de Foz.

. CVtait par ces travaux que Marins disposait, ses troupes aux fatigues d^une guerre prochaine. En attendant l'attaque des Kimros-Teutons , il voulut s'assurer des dispositions des villes gauloises ; il leur envoya des dépêches scellées , avec défense de les ouvrir avant un jour déterminé. Le Consul devançant Pépoque , les faitréclamer, et les ayant presque toutes trouvées décachetées , il comprit qu'il devait se défier des nations vaincues *. Soit que par TefFet de cette défiance , Marins exerçât des rigueurs sur les provinciaux , soit qu'une conspiration tramée de longue main fût venue à sa maturité , on vit des soulèvemens éclater sur divers points , et les Tectosages qui avaient tant de ressentimens à satisfaire ,

I. Strab. , 1. IV, p. i83. — Pomp. Mêla. , 1. ii , c. 5. Plut. în Mario. , p. 4 ta* — Statistique des Bouches-dn^Ahôiie. -<- Voyages de MîlIÎD dans le midi de la France.

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