‹ Histoire de Provence (volume 2)Chapitre 13 sur 112 · Ô HISTOIRE · texte numérisé non relu

Ô HISTOIRE

à les engloutir , garder le poste périlleux qu* vait choisi leur courage. Sous les murs croulans d^une maison , en présence d*un incendie qui se dressait flamboyant devant eux , à Taspect d^uu fleuve dont le débordement les menaçait , ils ne reculaient pas , et de véhémentes apostrophes accueillaient la chute des poutres , le craquement des flammes , le mugissement des flots. Ces actes de bravade les firent passer dans Pantiquité pour une race impie et sacrilège ; on disait d^eux qu'à Taspect d'une mer en fureur, ils tiraient Tépée contre les flots , et que lorsque la tempête éclatait sur leur tête, saisissant leurs flèches dans leur impuissant courroux , ils les lançaient contre les cieux , que déchiraient les tonnerres. La richesse gauloise passa en proverbe. Cette opinion avait dû sa naissance aux énormes capitaux que concentrèrent dans les mains de quelques chefs l'exploitation des mines et des monopoles , et à la grande quantité d'objets plaqués et étamés dont ce peuple se servait, soit pour les usages domestiques , soit pour la guerre , tels qu'ustensiles de cuisine , armures , harnais de chevaux , jougs des mulets , et jusqu'à des chars entiers. * Les voyageurs éblouis de ce luxe innatendu , exagérèrent les richesses du pays. Les chefs , pour se concilier les suffrages et la fa-

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