‹ Histoire de Provence (volume 2)Chapitre 22 sur 112 · Stnbo. , 1. V , p. 3o · texte numérisé non relu

Stnbo. , 1. V , p. 3o

a. Immani magoitndioe tîmiilacra babent , quoiuin contexta timinibus membra tîtis bominibos complent , quibns lucccnaîf circomTenti flammà eianimantur bomines. C«a« , Bell. Gall. » 1. Vf 1 c. 16. Strtbo , 1. IV , p. 1^.

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écartait l<;s dangers d^une inyasion ennemie et mentait aux peuples les fiaLveurs célestes.

Ayant de continuer à décrire ces nusurs empreintes de tant de barbarie , qu'i) .me soit permis de signaler h. Tatlention 4ii lecteur un souvenir que le xiruidisme a laissé sur notre tenre de Provence. Dans la campagne d^Aix, au milieu d*un champ soigneusement cultivé, ceints d'oliviers et de vignes, sVlèvent les restes usés d^une ancienne construction, linéiques pans de murs grisâtres asseoient leurs fondemens ébranlés sur un sol auquel une culture intelligente enlève toute mystérieuse association d'harmonie et de couleur avec la îruine druidique. Une respectable tradition , qu'aucun savant , avec ses calculs désespérans pour l'imagination , n'a cherché à détruire, assure qu'elle fesait partie d'un édifice que les Druides élevèrent pour les besoins de leur culte. Les flambeaux des sacrifices ont noirci ces murs , des prophétesses en firent retentir les vieilles dalles sous leurs danses firénétiques , la robe du sacrificateur en balaya l'enceinte , des chants barbares en ébranlèrent les voûtes ; maintenant tout a disparu , tout s'est tu ; de ces cérémonies accomplies dans les ténèbres de la nuit , de ces sauvages hymnes hurlées par de farouches vestales , de ces immolations humaines , de ce long empire d'une religion spirituelle à la fois et ma* térielle , il ne reste plus que quelques pierres , objets d'une curiosité peut-être futile.

DE PHOYEKCE. 8l

Les Druides choisissaienl ordinairement des criminels , pour les faire expirer dans les flammes allumées au souffle d'un révoltant fanatisme ' ; mais si les malfaiteurs manquaient, alors le bûcher recevant des innocens , à qui une mort si cruelle paraissait être le plus beau des triomphes*. Les hommes destinés à périr dans ces horribles sacrifices , étaient commis à la garde des prêtres. Les riches malades n'en obtenaient la mort , dans Tespoir d'une guérison prompte , que par Toffre de sommes exhorbitantes. Ceux qu'une fortune médiocre empêchaient de solliciter de semblables immolations , déposaient dans les mains des Drui* des des dons votifs, en or, en argent, en monnaie, en butin conquis sur l'ennemi. Ces richesses pla* cées dans les temples , ou jetées dans les lacs sacrés , ne tentaient jamais la cupidité ; cependant personne ne veillait autour d'elles, la superstition les prenait sous sa garde '.

Les Druides formaient l'ordre le plus respecté dans les Gaules. Leur sacerdoce les élevait au-

1. Sopplîcia eoram , qui in forto aol latrocinîo , taxi aliquà msà aaatconpreheiiri , giatiora Duaimoiortaltlraf escearbîtiantar. Cas. Bell. Gall. , 1. vi > c. i6«

9. Sed quàm ejos generia copia defidt , etiam ad innoceotiiim aoppficia descciidiuiL C«a.| Bell. Gall. , 1. iv , e. iG.

5« Neqoe uepè aecidit ot , neglectA quispiam religione , aat capla apod ae oecultare , aot posita tollcre aaderet. C«s. , Bell. Gall. , h Vf, c. 17. Diodor. , Sicnl* > 1* V y p. 3o5. Strab. 1 1. IV, p. i83.

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dessus des peuples , et semblail les placer dans une région supérieure ^ voisine de celle des Dieux, On a admire leur forte organisation et leur hiérarchie ; ranges dans trois classes , celle des Druides proprement dite , des Ovates ou Yates ' ^ et des Bardes * , ils réunirent ainsi dans leurs mains les trois instrumens , symboles de puissance et d^ascendant dans toute société ; le glaive du sacrifice , celui de la loi et la harpe du poète*

Le mot Druide signifie homme des chênes '.

L*ombre vénérable de cet arbre des Gaules pro* tégea leur berceau mystérieux et s'étendit sur leurs demeures isolées \ Entourant de solitude et de silence leur séjour « ils voulurent que des forêts ceignissent les hautes tours où reposaient leurs anathêmes et leurs secrets.

L'antiquité a vanté le savoir des Druides ; un corps de doctrines théologiques , d'histoire naturelle , de jurisprudence fut par eux rédigé ^ D'abord , ils ne voulurent pas que des caractè-

1. Strab. > 1. IT I p. 197. — Eubagcs, ou plutôt Eubates. Anim. Narccii. y I. ZV y c. 9. — Dans les traditious gauloises , Ovydd.

a. Bardi , Bard (gaël) Bardd (Cymr) Ban («rmor). Banlus Galliae caotor appellatur. Fest. , ^pU. col. a58. '

i. Druides , Dryùdœ ^f Detw^dd , Dersyyddon , en laogue kiinrique. Derw ( Cymr. ) ^ Deru ( armor ) , Dair ( gaël ) chêne.

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