Clam in abdilis sallibus. Mel. | 1. m , c. a
5* Droidae ingeniis celsiores y quastionibas occultarum rerum aUaram que ercctî sont. Aimnian. Marcelli ,1. XV y c. 9.
B£ PEOYENCE. £3
res traces sur des liyres fixassent , en traits indélébiles ^ les mystères de leur science '. L'éducation fesait la partie la plus remarquable de leurs attributions ; mais leur enseignement était tout Tcrbal ; ils déposaient dans la mémoire de leurs élèves de graves enseignemens , qui recevaient ^'une communication solennelle un haut degré d'importance. Ces préceptes^ ces secrets <ians lesquels se révélaient la nature et une religion spirituelle , aucun livre ne les contenait ; Fesprit de rhomme en était seul le vigilant dépôt. La poésie ne fut pas inconnue à ces prêtres. Le vers laisse dans Tame une plus profonde trace ; aussi la sentence, corollaire d'un vaste système religieux ou politique, était-elle présentée sous cette belle forme du langage humain. Plus tard les caractères grecs ont été employés par les Druides ; Marseille les Jeur fit connaître ; mais leur usage fut sévèrement interdit aux profanes.
Xes Druides vivaient retirés ; les Ovates * se mêlaient à la société. La partie matérielle du culte , la célébration des sacrifices les concernait. Ils s'attachaient à l'étude de la divination , à l'as • tronomie , à pouvoir lire dans le vol des oiseaux
t. JXttpm Uâ e$»e eziatîmant ea lltleris mandare, qaum in relk|iDs ferè rthas pnblicîa , privatis qae raltoniboa , grKcîc litteria uUntiir. des. i Bell. Gall. , h VI > -c* t4*
-a. Eubales rerà scratantes «eriem et soblimia natnne pandere conabaDtar. Ammiao. Marcell. , 1. XV » c. 9*
OU dans les entrailles des Tictimes. Par leur mo^ yen , les Druides, du fond de leurs retraites, dirigeaient les mouvemens du corps social ; les Ovates places , sur les limites de la domination thëacratique et politique , soumettaient celle-ci à Tin^ fluence de la première , et fesaient tonner Farrèt puissant et vainqueur du sacerdoce absent , dans les assemblées populaires , auprès des rois et des grands. Tous les actes publics ou prives ne pouvaient recevoir que d*eux leur sanction et leur force.
Quel empire n^exercèrent pas les Bardes , ces poètes des premières sociétés du Nord ' ; leurs chants sauvages et expressifs avaient quelque chose de IVclair de la lance et du mugissement de la tempête. Rarement des sons doux vinrent amollir leurs vers', forgés pour ainsi dire sur le bouclier de la guerre. Quand les peuples avaient discuté leurs graves intérêts, un Barde s^avançait dans rassemblée émue ; le rote * , harpe semblable à
t. FortM TÎiorttin illuilriorom facta.. . cantitant, Amniian.Marcell. , I. XV , o. 9.
Vos quoque qui foitea auimas Belloque perempUs Landibuf in longum , vatei dinriUitis aeyum , .Plurima, securi, fudisUs carmiua , bardi.
Lucan. , \, i , t. 447-
a CfiroUa britanna canaC Fortunat. , 1. Vil , carm. , 8. — > Crwt ( gaël ) , Crwd ( Cymr )• — On appelait rote • dana le moyen Age , une espèce de TÎelle dont les niëncstrels se serraient. ^
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I9 lyre des Hellènes , devait accompagner sa Yoix puissante d^harmonie ou terrible de colère : le front inspire , . le regard empreint d'une ardeur sombre , la barbe soulevëe , il paraissait , au milieu de la foule alors calmée , comme yn interpréttre du CieK La Gaule se crut invincible à la voix des Bardes ; le signal du combat retentissait et volait au-dessus des piques hérissées; Tennemi, immobile , aux rangs serrés , aux lances éclatant tes , s^était arrêté dans la plaine ; alors un vieillard se plaçait devant les rangs de l'armée gauloise ; ce grand silence , ce silence involontaire qui annonce toujours les catastrophes humaines , était interrompu par rhyrpne du Barde. Que d'antiques exploits renaissaient dans les vers du poète ; sur quels champs de bataille la Gaule n'avait-elle pas élevé ses troj^ées ; à quel peuple son souvenir n'était-il pas présent comme la flamme d'un incendie qui brûle et disparaît; combiende héros s'étaient élancés du sein des forêts aux. nobles chances des combats ; tels ' étaient les sujets qui enflammaient la verve du chantre et l'ardeur des guerriers.
Mais la victoire n'était pas sans deuil : l'ennemi n'avait fui qu'après une longue résistance , et les héros morts attestaient son courage. Alors , au milieu des rangs silencieux , arrivait le cortège des Bardes ; les funérailles commençaient : Téloge des
combattans que la mort avait frappés rendait leur
mémoire immortelle ; le trëpas perdait ainsi toute son épouvante : cVtait lebeauprëlude de Thymne , qui éclatait ravissant et énergique sur un tombeau.
Le foyer domestique reçut aussi leurs chants : à la lueur de la flamme qui pc^tillait dans Pâtre ^ durant les nuits longues et froides , environné d'un cercle d'auditeurs , le Barde charmait Torgueil de la famille hospitalière , en retraçant dans ses vers les glorieur faits d^armes des ayeux ; hommes pacifiques , ils arrêtèrent souvent Teffusion du sang, en calmant par une douce harmonie des ressentimens terribles prêts à éclater. La fiction s'attacha à leurs pas : on prétendit que , comme FOrpbée de la Thrace , un Barde exerçait sur la nature un souverain empire ; la bête féroce déposait devant ses chants sa fureur assoupie '.
L'ordre des Druides était électif ; ces prêtres soumettaient les adeptes aux épreuves d'un rude noviciat ; ils tes tenaient renfermés dans une profonde solitude , au fond des cavernes , et là leur mémoire cherchait à retenir celle vaste encyclopédie poétique qui contenait la science du sacerdoce. L'espace de vingt années suffisait à peine à ce long et laborieux exercice *. Un chef
i« Diodor. sical. , 1. v.
3* Magnum ibi numerum versaum edîscere diciintnr i. itaque annos nonnolli yîcenos în diaciplinà permanent. Cas. bell. gall. 1. VI I c. i4* In apectt , antin abditis saltibas. Mel. , !• lit, c. a*
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suprême dominait Tordre entier ; sa place ^ vivement disputée après sa mort , ëtait souvent obtenue par Tepee '. Dans des cours de justice que tenaient ces prêtres , les afTaires criminelles étaient soumises à leur jugement *. Malheur à relui qui aurait osé résister à leur puissance ou conteste leur autorité ; le terrible anathéme ^tait lance sur lui ; on l'excluait des choses saintes ; aussitôt un isolement se formait autour de sa personne ; ses parens , ses amis , lisant sur son front Tarrêt réprobateur , fuyaient sa présence abborrëe » comme si , porteur d'un mal conta*gieux , il eut pu , d'un souffle de mort , tarir les sources de la vie dans Tétre qui l'aurait assiste ^. Tant que l'arme redoutable de l'excommunication resta dans les mains des Druides , leur puissance fut forte et formidable. Mais le long asservissement dans lequel ils tinrent la Gaule plongée trouva enfin un terme : l'insur-
I» Hoc mortoo > si qois ex relMjaîs excellit dignitate , suecediL At si sont plurea pares » safifragio Dniîdum adlegitur , nonnonqnâm etîam de principatu armis contesdunt. Caes. bell. galL 1. VI I c. i3.
a. Si quod est admissum facmus , à csdes facta , si de baercditate , si de finibas controrersia est , tidem décernant » premia pœnasqiie conslifounL Cses»l. vr, c. i3. Strab. L IV, p. 197»
3» Qnibas ita est interdictam , ii namero impiorum ac sce- Icratoram babentur ; ab iîs omnes décédant, aditum eorum sermoii<*ui que defugiunt , ne qoid ex contagionc incomniodi accipiant.... C»s« bcll. gall. 1. Ti , c. i3«
68 HISTOUE
rècUon fut proclamée .par les familles «rouverames des tribus ; le pouvoir sacerdotal , recueillant ses forces attaquées , ses foudres méprisées , voulut, dans celle lutte de la théocratie aux prises avec une aristocratie souveraine « conserver une influence dont PefTet s^était trop loug-tems prolongé* Les anathémes retentirent ; les collèges druidiques sVbranlèrent ; une espèce de transaction qui modifiait singulièrement Tempire des prêtres suspendit les hostilités , et renferma les fonctions des Druides dans le cercle des cérémonies religieuses.
La Gaule offrit, à Tépoque de cette révolution , Pimage de la vie féodale. Des chefs de tribus ,. pareils aux chefs des Clans de FEcosse , .virent leur autorité s^accroître , et protégèrent de leur bouclier et de leur épée les familles qui se rangèrent sous leurs lois. Les scènes de désordre se multiplièrent ; la Gaule devint une arène ouverte aux dissentions intérieures. L'empire illimité de la force et de Tarbitraire data son ère sanglante de la révolution , excitée parla tyrannie sacerdotale. Le sabre créait et détruisait à chaque instant de petits royaumes. Tantôt plusieurs tribus formaient une coalition puissante pour écraser les • autres ; tantôt , divisées entr'elles , elles fesaient retentir un unanime cri de guerre sur la surface entière de la Gaule.
Cet état de violences générales ou partielles ne
polirait pas durei*. Le ressort- thëocratique , qui sVtait brisé, avait place la sociëtë en dehors de ce pouToir mystërieux qui la contînt si longtems ; alors il y eut ttouble , confusion , anarchie ; Tëpëe seule décidait le droit ; une main robuste la plantait sur le champ en litige , et la question était décidée par la force. De ce cahos politique la liberté et d^adrhirables formes de gouvemement sortirent ; Tindépendance fut due aux tilles ; plus tard elle devait aussi se préparer , et éclore à Tabri de ces remparts élevés contre la force violente , et protecteurs tutélaires de la faiblesse opprimée. Tant' l'esprit d^association est favorable à ces généreux élans qui multiplient les miracles d'une courageuse et patiente résistance. L'autorité fut décernée par l'élection populaire, l'antique privilège de l'hérédité détruit, et, sur cette noble terre des Gaules , la liberté déposa alors des germes qu'un nouveau soleil devait encore ranimer après tant de siècles.
Les Druides proprement dits sauvèrent du naufrage plusieurs prérogatives ; ils continuèrent à diriger l'éducation des jeunes Gaulois, à prononcer des jugemens dans les affaires civiles et criminelles ; on les exempta des charges publiques et du service militaire. Mais les deux autres ordres finirent par tomber dans l'avilissement. Les Yates attachés aux armées ne jouiceat d'au-
go HISTOIRE
cune considé\ralion , et les Bardes perdirent leur ancienne dignité personnelle : autrefois leurs chants étaient brigues; rënumërateurs et juges sévères , ifs distribuaient Téloge ou le blâme , et le front du Gaulois , tour à tour fier et abattu , se releyait superbe ou se courbait tremblant aux sons de leur barpe ; plus tard leurs éloges prodigués ou achetés n'eurent plus de prix; parasites des grands / ils payaient en chansons la place 9m banquel où s'asseyait leur muse avilie*
La suprématie des prêtres se vit restreinte de jour en jour; les lumières venues du dehors pénétraient enfin dans cette Gaule , que la théo* cratie couvrit si long^tems d'une nuit d'ignorance. Les grands disputaient ardemment aux Druides leurs privilèges, et cet édifice de superstition et de despotisme , miné par de multipliées attaques, craquait de toutes parts. Les villes offraient un spectacle digne de remarque : des clientelles se choisissaient des patrons dont elles soutenaient la dignité et le pouvoir ; elles étaient animées d'un esprit d'indépendance inconnu à celles des campagnes : le paysan gaulois devenait la chose d'un noble ; celui-ci le transmettait avec »e» biens à ses héritiers. Le citoyen , au contraire ^ reprenait sa liberté quand son patron mourait , ou bien il se plaçait sous la [Mrotection d'un autre. Comme une clientelle nombreuse ëtait la
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preuTe d\in grand crédit ', le patron araît un intérêt paissant à manager ceux qui composaient la sienne ; un échange mutuel de services et de bienfaits s'établissait entr'eux : si un patron opprimait ou laissait opprimer les siens ^ aussitôt toute influence dans IVtat lui ^tait retirée , et les rangs de sa clientelle dégarnis par la mort ou par la fuite, ne se reformaient plus \
Au reste on chercherait vainement dans toute la Gaule une même forme de gouvernement ; les institutions 7 variaient à Pinfini ; mais toutes reposaient sur le droit de libre élection. Malgré cette multiplicité de formes , on peut les réunir toutes sous trois classes générales :
!• Gouvernement des notables * et des prêtres ^ formés en sénat ^ nommant un Juge ou vergobret^ investi du droit de vie et de mort sur tous les citoyens \ Cette dictature si redoutable n'avait heureusement que la durée d'un an ^. Pourtant la li-
!• PlnriouM circom. se ambtcbWi clientes qne habeL Hanc onam gradam potentîam qae novenint. Cses , 1. Vi» c. i5. — Factiouum princîpef rant , «jui summam anctoritatem eoram judicîohabcre ezîstimaiitnr , qaonim ad arbitrium judîciom ^que summa omnium renim connliorum qae redeat. Caeff* » ib« , c. ti*