Siraboiii I. m. Diodore , Sicul. I. iv
çant vers celui au sort duquel elle youtalt unir le sien » elle lui offrait le vase : langage muei qui proclamait un choix legardë par les parens comme une loi irrëvocable. *
Les femmes liguriennes sVleyèrent quelquefois à un rôle politique : leurs ëpoux , leurs pères les regardaient comme placées sous Tinfluence secrète d'une céleste inspiration. L'amour ou la superstition les arma d'une autorité pacifique,, qui empruntait à leur sexe un caractère gracieux et aimable. Yoici ce que racontent les historiens :
D'interminables querelles avaient armé les Liguriens les uns contre les autres ; les deux partis , excités par une haine réciproque , touchaient au moment d'une bataille décisive; au milieu des lances éclatantes et des cris , sinistres précui^ seurs d'un combat sanglant , s'avance un cortège de jeunes femmes. Elles arrêtent et suspendent la fureur des guerriers ; leurs mains baissent les fers des lances ; elles demandent le sujet de la discorde. La cause fut plaidée devant elles ; elles prononcèrent un jugement où brillaient tant de raison et de justice , que les armes furent déposées à leur$ voix , et une réconciliation jurée en leur présence. De là naquit chez ces peuples l'usage d'appeler les femmes aux délibérations sur la paix et sur la guerre , et de leur faire juger les différends survenus avec les alliés. *
1. Aristote , apail Athenc, 1. Xlil , c. 5. Justin ^ 1. ZLIII , c. 3. a. Piutarch. I Viitut mulier , p. a56.
DE MOVENCE. 25
Le têledent de guerre des Lîgurés était une Uiniqiie de laine ou de peau de béte , arrêtée au milieu du corps par une large ceinturé en cuir ; ils reçurent des Marseillais le bouclier fabriqué sur le modèle grec.
Voici les noms des différentes nations qui composaient la race ligurienne, et Findication des pays qu'elles occupaient.
A l'occident du Rhdne, dans cette partie de la Gaule qui s'étendait jusqu'aux Pjrrénées , nommée par les géogrsq>hes anciens Jhéro-Ligun'e ^ nous trouTons , à des époques reculées , trois grands peuples : les Sordes , les Elésykes , et les Bébrfkes. La domination des Sordes ou Sardes , ' établis le long de la cdte , au pied des Pyré* nées , s'était étendue jusqu'en Espagne. Le territoire des Elésykes touchait à celui des Sordes , et arrivait au Rhdne. * Nemausus, aujourd'hui Nîmes , de fondation tyrienne ; ' Narbo ou Narbonne , centre de la civilisation ligurienne , étaient leurs villes. Les Bébryques ^ occupaient les Pyrénées à leur jonction avec les Cévennes , et en partie le revers occidental de cette dernière chaîne.
Mais la conquête vint effacer les lignes de dé-
a» Sardi , SartU, Sardones» MeU. L il , c. 5.