‹ Histoire de Provence (volume 2)Chapitre 34 sur 112 · Ligour (homme de mer) celtique · texte numérisé non relu

Ligour (homme de mer) celtique

DE PROTEKGS. Il5

La Prorence reçut enfin son nom ; ce mot Pro^ çincia qui devint sa dénomination , est pour elle d^une origine remarquable. Les Romains tracèrent sur le monde de grandes lignes qui renfermaient les pays conquis par leurs armes ; ces lignes embrassaient des contrées , qui joignirent à leur ancien nom celui de province , afin que le souvenir de la conquête fut accole à la dénomination première. La Provence fîit une exception à cet usage. On peut croire avec raison que par le seul nom de Proçincia que lui donna Rome , celleci voulut relever au-dessus des autres pays soumis , et rappeler ainsi la province par excellence. Pourquoi n^accueillerions-nous pas cette opinion , quand nous la voyons soutenue par d^anciens écrivains. Les Romains devaient attacher le plus grand prix à la possession de notre pays ; en deçà des Alpes , barrière que Tardeur gauloise avait su franchir , ils trouvaient une belle région , où la Grèce avait déjà répandu les lumières d^une civilisation avancée. La douceur du climat , Taspect du ciel\ une mer , lien facile entre la Gaule et ritalie , la leur firent regarder comme une de leurs plus précieuses conquêtes. La Provence placée aux avant-postes de la civilisation, en présence de la Barbarie , parut comme une continuation de ritalie , et une ligne de défense où devait s^arrêter Teffort des nations du nord.

Auguste y qui divisa la Gaule en dix-sept pro-

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\inces » donna à une partie de la Provence un autre nom , celui de province des Alpes Maritimes. Dans une division qui fut ensuite faite , plusieurs cités de ce pays furent placées dans la Viennoise première , et d^autres dans la Yiennoise troisième et dans la Viennoise quatrième ; pourtant le nom de Provence ne disparut pas dans toutes ces changeantes délimitations.

Un beau monument géographique conserva les noms d^une foule de tribus gauloises , parmi lesquelles on en trouve un grand nombre dont la Provence fut la demeure. Ce monument est le trophée d^ Auguste , érigé d'après les uns dans les Alpes , près de Suze , et d'après les autres dans le voisinage de Ttice ; la première opinion est la plus vraisemblable , car des auteurs dignes de foi attestent qu'on voit encore au Mont-Ce* nèvre les débris de cet arc triomphal. Sur les hautes assises de ce monument , se lisaient les noms de plus de quarante nations gauloises , qu'Auguste César , souverain pontife , quatorze fois imperator , dix-sept fois tribun , avait réunies à la domination romaine. Sur cette page altérée ou détruite par le tems , de la géographie ancienne , nous ne trouvons |.'as plusieurs anciennes tribus gauloises dont les noms disparurent complètement , quand la Provence , véritable appendice de l'Italie y eut ses muuicipes et son organisation romaine.

DE PROV£NC£. liy

Parmi ces anciennes tribus , la plupart contemporaines de Brenn , de Bellovèse et de la fondation de Marseille, j'indiquerai les principales et leurs situations respectives. Entre le Rhône et la Durance étaient les Caçares : c'était un peuple puissant et nombreux de la Provence Cis-Rhodane , il s'étendait depuis l'entrée de l'Isère dans le Rhône jusqu'à la Durance seulement ; Pline nonmie ce peuple ; dans la contrée qu'il occupait se trouvaient Augusia Tri-^ casiinorum ( St. -Paul -Trois -Châteaux) ; Aeria , ainsi nommée à cause de sa situation aérienne sur le sommet d'une montagne ; les uns veulent que ce soit Yaison , d'autres Pierrelate ; Arausio , (Orange), ^ Açeru'o (Avignon), CabelUo ( Cavaillon ) , Carpenioracie ( Carpentras ). Le nom de Caçares n'est pas entièrement anéanti , il se retrouve dans la montagne de Caçar , qui s'élève près d'Avignon. Ce même nom de Caçares a donné naissance à une opinion plus singulière pent-étre que vraisemblable.

Quelques auteurs ont voulu que le mot de gavof , par lequel on désigne, dans l'idiome de notre pays , les habitans de la haute Provence , fût une dérivation de Caçares , dont le langage était différent de celui des Saliens , desquels les vrais Provençaux, dit-on , descendent. Voilà une assez

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