‹ Histoire de Provence (volume 2)Chapitre 50 sur 112 · OMNIBUS. ANNIS. SACRI · texte numérisé non relu

OMNIBUS. ANNIS. SACRI

FICIO. EL. PARENTETUR.

Ainsi au milieu des fêtes enivrantes d'une religion voluptueuse , en présence de ces images de déesses nues dont les ardentes attitudes enflammaient les sens , aux chants des hymnes passionnées , des idées graves d'un mystérieux et sombre avenir saisissaient une imagination enivrée des danses des jeunes prétresses. Le moment solennel du trépas dissipait de si séduisans prestiges , et Ton se flattait de désarmer par des sacrifices ce Dieu inconnu qui se montrait alors comme un juge et un rénumérateur suprême.

174 HMTOIER

Une erreur cpii attribua faussement ii - Arles* Tépithète de Mamîllaria^ avait ëtë appuyëe sur une fausse interprétation de Titiscription suivante , gravée sur une colonne :

SALVIS. D. D. N. N. THEO SaItU Dommîi noatrit

DO&IO. ET. VALEN Tlieodoao et

TINIANO. P. F. V. AG Valentmiano

TKiVM. SEMPER piû felicOnu , Tictricibiu , ac

triumpbatoribus

•emper Angustis , decîmqm

QmoEiiDtt

ConflolOnu. Vir illiutris

AVG. XV. CON. Via

INL. AVXILIARIS «uiliaris prafectat

PEAE. PRAET. GALLIA. pratorio GalUamm

DE. AKELATE. MA. de Arelate Massfliain

lOlLLIARIA. PONI milUaria poni sUtuit ,

S. M. P. L milliare pauuam primum.

Cette inscription , dont j'ai mis en regard la seule et iTaie interprétation , nous apprend qu'un Auxiliaris , préfet du prétoire des Gaules , érigea une colonne milliaire qui était la première à compter depuis Arles jusqu'à Marseille, sous l'empire de Théodose et de Yalentinien. Bouchci ayant réuni ma avec milliaria , conclut que ce mot était la traduction de l'épithète Theline ' accordée à Arles ; l'explication donnée ensuite est seule admissible.

Les artisans formaient à Arles divers corps ,

1* Mol grec (jui lignifie mamelle. Voyes plus haut

DE P&OYEVCE. (7$

connus soufi des dénominations speci^es ; là se irouYaient les Tîgnarii ( charpentiers ) , qui cpnstraisaient des machines de guerre ; les Utriculai-'^ res^ dontPadresse consistait à enfler de paille, des outres , sur lesquelles ils assujettissaient des planches ; ce frêle esquif lance sur un fleuve , affrontait , à une ëpoque reculée , les eaux impétueuses de la Durance ; peut-être les Utriculaires , comme le sauvage du Canada , ne fesaientils que coudre ensemble plusieurs peaux , et formaient ainsi une grossière embarcation. Arles comptait aussi au nombre de ces corporations les Cenfonarii j occupés à confectionner les tentes , et à couvrir les machines de guerre , employées sur les vaisseaux ou dans les sièges , d'une matière qui put arrêter les progrès de Tincendie , et résister aux attaques de l'ennemi ; les Dendro^ phares et les 2'ignarii leur furent associés par une loi de Pempereur Constantin ; les Dendrophores allaient , la hache à la main , dans ces vastes forêts qui alors couvraient la Gaule , et là ils abattaient de vieux chênes , de grands arbres , qu'ils sciaient et fesaient transporter sur les lieux où les Tigparii les transformaient en poutres , en solives , en planches , etc. Un nom général , celui de Faôri , fut donné à ces hommes d'utiles et pénibles travaux. Toutes ces corporations se plaçaient sous la protection d'un patron. Ces J'ignarii^ ces Ulriculaires ^ ces Dendrophores^

1^6 HtSTOIHE

sont tous mentionnés dans une inscription trouvée à Arles , sur laquelle on lit le nom d*un affranchi , devenu prêtre du temple d^Auguste de cette ville t. et protecteur de ces trois corps d'artisans. Peut-être sVtonnera-t-on de voir un affranchi élevé aux hautes fonctions sacerdotales , la loi mellia les leur interdisait formellement ; mais plus tard ils furent promus à des dignités élevées , quand la faveur puissante du prince leur fit prendre rang parmi les personnes libres.

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