Z38 HISTOIRE
dans les lieux- voisins de cette rue des Consuls. Si les dangers du côté de la terre étaient signalés par cette tour déjà nommée , une autre , dont le nom se conserve dans la Tourrette (Jurrefa porlus) , veillait sur la haute mer. Dans le voisi-
nage de remplacement qu^occupait le temple de Diane , les eaux ont conquis un espace de terrain, considérable. Â Toccident de la cathédrale , quand la surface des flots est calme , l'œil aperçoit sous le voile transparent des eaux des débris , ^les pans de murs envahis par la mer. De vieilles Chartres nomment des rues dont le sol $ul>mergé a disparu sous les ondes ; une église voisine de la prévôté ' , s'est abimée dans ces mêmes flots.
César nous montre l'ancienne Marseille lavée de trois côtés par la mer ; le quatrième côté seul s'ouvrait sur la terre; sa citadelle pouvait à la fois la protéger contre une double attaque. ÂQ bas de la forteresse , s'étendait une vallée très profonde, qui en rendait l'assiette plus formi-» dabte ^ ; «ne partie de c«ite vallée a été rongée parles eaux. Au reste , cette mer a écrit énergie quemeat ses ravages , ses envahissemens successifs sur toute la côte voisine de Ms^rseUk. Le port de la porie «gauloise ^ n'existe plus ; en 1 15^ , il
I. C*eat aujoard'hui une fabrique adossée- à la Maj^r, 3* 3. Près la JoHetfce.
D£ PBOVKNCE. sSg
serraît aux habîtans de la ville supérieure ; main* tenant il n^ofTre plus qu*unc plage sabloneuse, exposée à la violence des flots , et dans laquelle la tempête et les pluies prëcipilent de tems en tems des blocs des r<ichers qui forment autour d*elle une ceinture menaçante.
Jadis un chemin borde par la mer, condui* sait aux Marligues ; les eaux en ont détruit une partie considérable. Il commençait au sortir de la porte de Galle ; s^avançait le long du mur «x« teneur du Lazaret , d^Arenc , de Séon , etc. ; il côtoyait ces campagnes verdoyantes qui trempent dans les flots leurs pins et leurs oliviers. Main» tenant de rares vestiges de cette route pittoreS'^ que se font reconnaître à de longs intervalles ; un sentier très étroit circule quelquefois sur le haut d^une éminence taillée à pic , au bas de laquelle la mer sombre rugit entre <les rocs ébranlés dont chaque jour la chute paraît de plus en plus prochaine.
Ainsi les lieux voisins de notre ville sont continuellement rétrécis par cette action ^souveraine qui délie le plus fort ciment , et brise comme d^inutiles hochets les monumens les plus solides. Le Rhâne contribue aussi à hâter les envahisse^ mens de la mer. £n en étendant les rives par sefc alluvions , et la forçant ainsi de refluer vers nos champs , il accélère des progrès dont un siècle suffit pour attester Texistence.
24o HISTOIRE
Au sommet d^une pente roide et montueuse»
que nefs pères appelèrent Mons Babonis^ s'a— longe une rue dont les maisons antiques et grossièrement construites, rapprochées et hautes » sont peuplées de marins. Les édifices qui regardent la mer , doivent offrir au nautonnier étranger Timage de ces cités modernes de l'orient , qui élèvent au fond d'une baie de la Grèce ou de TAsie, de hauts murs blanchis , et percés de quelques trous , qu'on veut bien appeler fenêtres. Une longue muraille , devant laquelle s'étend l'esplanade de la Tourrette, semble s'incliner sur les eaux, et quand le formidable mistral arrivant de la haute mer , fond sur elle , on dirait qu'elle se balance aux battemens redoublés de son aile convulsive. Sur une pierre de cette muraille , dont les cornpartimens forment des maisons , se lit un nom , défiguré il est vrai par le patois du pays , mais un nom sur lequel les $iècles ont imprimé un long sillon de lumières, c'est celui de Jules César. La plus laide des rues de Marseille porte la plus belle des dénominations ; elle s'appelle la rue du château de Jules César, Casieou de Joly. Quarante-sept ans avant J. C. , les légions romaines firent rouler sous nos murs leurs ballstes et leurs catapultes; César rend hommage à la valeur mai^ seillaise; la ville n'ouvrit ses portes qu'après avoir épuisé tous les moyens d'une honorable et longue résistance.
DE PAOYENCE. ^^t
Dans sa citadelle « un souvenir du célèbre rain*» queur devait laisser de fortes et durables traces ; on a faussement cru que Cësar construisit un châ^ teau à Marseille , après la prise de cette ville. Si un ouvrage pareil avait été ëdifië, Fauteur des com* mentaires ne Paurait pas omis. Pendant le si^ge , l'armëe bâtit une haute tour , qui dominait les fortifications marseillaises; les remparts de la ville devaient se terminer près de remplacement qu'occupe aujourd'hui IVglise de S*-Laurent , voisine de la rue de Jules Cësar. C'est près de cette rue que fui érigée la tour de Jules , à laquelle ce quartier em-> prunte son nom , et non ce château dont on avait voulu retrouver des vestiges dans le palais crënelë de nos anciens vicomtes , appelé le château Babon , et que la jalouse puissance desëvéquesfit abattre '.
Les historiens de Marseille avaient négligé de décrire les caves de S*-Sauveur. Grosson, qui en a donné le plan , assure que la plupart de ht% concitoyens en ignoraient Pexistence. I) écrivait vers la fin du dernier siècle \ Aujourd'hui , ce même reproche ne serait pas non plus dénué de
1. Voici le passage des Consineiitaires qaî atteste la constnictîoii de eette tour • Egl auUsm animadxwnun aà Ugionarii» , qtù dexiê» rampwtêm opèriê adminislrahant f ex erebris hotlium eruptionibui magno mbi esseprœmdip poêse , si pro casUllo ac reeeptacuio turrim ex iaUre âub muro feeisMntw flell. CîtîI. , lib. U.
«• So^ opinion est , quant à U salle des iMiins , saramment coinbvttue fm M. TouIobmb.
^4^ msToiRi
T^rîté. Pourtant ces constructions antiques offrent un vëritable intérêt ; Grosson assure encore que leur date remonte aux premiers )Ours de la r^pu* blique de Marseille. Il semble qu'un ouvrage pho<rëen ' » d'une antiquité si reculée , devrait exciter plus puissamment une attention à peine éveillée ! L'abord de ces caves est repoussant. Après avoir traversé un labyrinthe de vieilles rues, on arrive dans une cour fétide , où croupissent des eaux stagnantes et immondes. On serait presque tenté de reprocher au propriétaire de ces lieux d'avoir voulu les animer par des figuiers et des vignes ; rien n'attriste plus que des arbres emprisonnés dans de sales cours « et croissant mal à Taise » cernés par de hauts murs et de sombres édifices. Vous avez devant vous la muraille grise , percée de fenêtres modernes , de l'abbaye de S'-Sauveur, celle qui regarde le sud. Un ouvrier ouvre une porte récente , presqu'cnfouie dans le sol oii elle s'enfonce , et après avoir descendu quelques dalles tremblantes , vous voyez s'élever sur la tête une voûte hardie , s'allonger à vos côtés des murs aux pierres ridées. C'est là une de ces caves antiques où il est permis d'évoquer de nobles souvenirs. Le tems n'a pas détaché une seule de ces pierres ; il s'est contenté d'en user la surface , qui ressemble au front sillonné d'un
1 . La Statistique tUr Bouchtst^wRhâne le r^rde comme rimuiia.
Di: PROVENCE. 343
Tieillard. Â la hauteur de huit pieds « règne ime eomiche , circulant le long du mur , et surmon-* tëe de pierres d'une saillie d^un demi-pied. Au* dessus de ces pierres , des trous sVnfoncent dans le mur ; il paraît qu'un plancher postiche de solives* et de petites poutres s'y appuyait jadis.
Six autres salles exactement semblables à celle cpie )e viens de décrire , s'étendent sur la même ligne '•
Ces caves étaient , dit-on , des casemates où la république de Marseille logeait ses soldats. Cette opinion semble confirmée par le voisinage de l'arsenal , qur commençait à la place de Linche. De longues et larges fenêtres les éclairaient. Derrière ces salles ^ s'étendait la plus longue, avec laquelle elles n'avaient aucune communication ; plus tard des trous furent faits aux murs.
On arrivait à cette dernière salle , qui en longueur égalait celle des sept autres par deux cor-^ ridors , l'un à l'est , l'autre à l'ouest , dont les portes d'entrée s'ouvraient au midi. Le jour 7 descendait par de grandes lucarnes percées dans la voûte , de l'épaisseur de sept à huit pieds. Des arceaux et des niches appuyées aux murs qui s'élèvent à la partie de l'ouest et à l'extrémité du côté gauche dans la partie du nord , ont fait pré-
I. Lft longaeur des Mlles e*t de 10 mttreaSS cenlim^lref , leur largeor de 5 mètrei , la hautrnr de ^-
244 HISTOIEE
ftiimer que Marseille antique avait destine à des bains ces longues et solennelles voûtes. Dans la niche de Touest^ on en trouve une autre plus petite , qui a pu servir d^armoire où les baigneurs déposaient leurs linges et leurs parfums. On a ré-* pare une partie du mur septentrionnal , ainsi que rindique la différence des pierres. Cette répara-* tion doit avoir eu lieu dans le moyen âge ; un écusson blasonnë Tatleste. Les eaux des bains y se* raient arrivées par un aqueduc souterrain, de cons* truction antique , qui traverse toute la partie de Touest du nord au sud ; la voûte de ces aqueducs est en partie éboulée. A Test de cette salle « s^en«fonce dans Tépaisseur des murs une petite cham* bre, où se font reconnaître les vestiges d'une porte détruite. La tradition veut que S' Lazare y fui renfermé avant de subir le martyre \
On ne peut douter que la destination attribuée à ces caves souterraines, ne soit la véritable; que con* sacrées Pune peut-être h des bains, les autres sans aucun doute à un logement de soldats, elles n'aient été construites à Tépoque où Marseille , républi*que ionienne , florissait sur les bords de Tinculte
Gaule. Que de souvenirs un semblable monument éveille dans Fesprit ! Ces pierres rangées en Vou* tes et en murs , dont la durée égale celle de deux
I. M. Tonlouzan regarde la salle des bains comme un corndor drstbië à garantir les casernes des influences du nord.
]>£ PRO VENGE. a4S
mille ans , gardent encore leur immobilitë et leur ordre premier , aujourd'hui que Marseille » Tille francise , n'offre plus rien qui puisse rappeler sa célèbre origine ; elles seules , enfouies sous an terrain humide , possédées par un obscur exaToué 9 louées à des maçons et à des menuisiers , racontent silencieusement notre ancienne gloire , et conservent la mémoire d'un tems bien passé. Sous ces Toutes que je viens de décrire , la hlle de Phocée se réTeille , tandis qu'ailleurs ses noblés vestiges ont entièrement disparu. Ici , dans ces salles antiques , le soldat de sa vaillante armée y suspendait son bouclier , appuyait sa lance, et déposait sa poudreuse chaussure. Là , dans ce long espace , arrivait le jeune citoyen fidèle aux usages de l'Ionie , se plongeant dans une atmosphère parfumée , et fesant jaillir dans des bassins de marbre Tonde fraîche du bain.
Sur la route qui conduit de Marseille à Âuba-* gne , une éminence voisine du hameau de la Pêne , vous montre un ouvrage d'une construction romaine. II passe inaperçu sur ce sommet isolé, couvert de quelques pins. Figurez-vous oj:e petite pyramide quadrangulaire, bâtie avec les pierres de la colline qui la supporte, liées par un ciment d'une extrême dureté. C'est un tombeau. Sa forme et la place qu'occupait une inscription détruite , le prouvent. Jadis cette pyramide avait une hauteur considérable ; les habitans de
246 HISTGISK
la Pêne Pont réduite , k Taide de funestes dé^ gradations. Des pierres ont été arrachées pour être employées dans la construction des maisons. Des trous y ont été pratiqués , afin de pouvoir aisément parvenir au sommet du monument. £a 1720 « quand la peste désolait Marseille, un paysan perché sur la pyramide , explorait retendue , pour signaler Rapproche d'un habitant de la cité contaminée.
Des chanoines de la Major consultés par Grossou sur la destination primitive de ce monument, répondirent que la pyramide de la Pêne avait été le tombeau d'un général nommé Penella , au service de César , et tué en cet endroit , lors du siège de Marseille. Cette réponse ne satisfit pas Tantiquaire ; il aima mieux voir dans Penella un diminutif de la Pêne , et dans la Pêne , la traduction du mot pin. Ce hameau reçut , dit-il , ce nom, à cause de la grande quantité de pins dont SQ^ environs sont couverts.
Deux villages, les Pênes, sur le chemin des Martigues , et la Pêne , voisine d'Aubagne , ne furent, ajoute-t-il , ainsi nommés, que parce que des forêts de pins les entouraient. Dans celle que les Pênes étalait , on édifia un temple à Cybêle , déesse à qui cet arbre était consacré. Peut-être vaudraitil mieux faire dériver le nom de ces villages du mot celtique pen , qui signifie liçu élevé ; à moins q^u'on ne prétende que le terme pinus^ dont ou
DE l'aOYEKCE. 0^7
8*e$t seni pour designer Tarbre favori de notre Provence , n^ait une semblable origine ; car le pin se plaît sur les bauts lieux » et ses racines puissantes enfoncëes dans des terrains rocailleux, lui permettent de balancer son front pyramidal aux flancs des montagnes» sur les crêtes arides des rochers.
Voilà les seuls monumens que Tantiquitë a ligués à Marseille. Un mur de la maison de Mî^ Ion , des caves ^ un tombeau pyramidal , une co« lonne et des cintres ël^gans , tels sont les uniques objets d^antiquitë qui se montrent encort debout sur un sol où le gënie de la destruction à triomphé des œuvres des arts. Toute une cit^ se manifeste dans ces restes d'édiGces anéantis : la demeure du citoyen , son temple , son sépulcre » le lieu où il s'abrite, celui où il prie , puis son dernier asile'; voilà la vie , avec ses misères g ses espérances et son dernier sommeil. Pour* tant on ne peut s'empêcher de déplorer la perte de tant d'autres monumens , qui n'ont pas même su dérober leurs ruines aux siècles jaloux. Sans doute si l'enceinte de Marseille , prodigieuse-* ment agrandie , n'eut jamais dépassé ses premières limites , on n'aurait pas à regretter la dispari* tion de tous les édifices dç nos pères. Un .zèle aveugle n'a pas seul entrepris l'œuvre de ta destruction; en empruntant, pour édifier les nouveaux» des matériaux aux anciens monumens » on a fini par en consommer la ruine totale.
048 EUSTOi!.K
Mais si Ton demande vainement au sol les temples « les cirquiss , les longues galeries qui le surchargèrent ; ou a pu « en le fouillant , se convaincre de la perfection que Marseille donna aux arts. Des bas-rellefs ont surgi du sein de la terre , des fragmens de décoration architecturale dépouilles de la poudre dont ils étaient couverts , ont témoigné de Texistence de nos anciens édifices ; et sur des tombeaux vuides de leurs habitans, la bêche du laboureur a souvent retenti. S^attacher à donner une liste exacte de cette foule d'objets antiques , legs de la vieille Marseille , ce serait s'imposer une tâche trop longue et trop fastidieuse pour le lecteur ; je me contenterai d'eu indiquer les principaux :
I* Un fragment de bas-relief en marbre blanc, représentant un sacrifice aux dieux lares. Un pieu supporte la figure de la divinité des foyers ; des flammes semblent s'élever d'un autel ; trois personnes, y figurent , coiffées d'un bonnet phrygien , vêtues d'une tunique à longues manches « que recouvre une clamyde agraffée , dont les plis sont rassemblés par une ceinture. L'attitude de ces personnages exprime un dévot recueillement.
M. Peiresc vit dans ce monument une scène Jbiblique : le dieu lare lui parut la femme de Loth changée en statue de sel ; dans les trois personnages t il crut reconnaître les messagers cèles-
DE PBOVENCE. 249
tes qui anaoncèreut rembrâsement de Sodome et de Gomorrhe.
2* Un autel antique , qui servit long-tems de .fonts baptismaux à Tëglise de S*-Laurent. Un sphinx et un lion le soutenaient. Il parait que cet autel était consacre à Gybèle. Cette déesse fut honorée aux Pênes » ainsi que le prouve Tinscription suivante » gravée sur le marbre par iVaçius Januarius , et qui fut trouvée dans ce village :
MATRIS DEVM
MAGNiŒ IDEi^ PALATINAE EIVS Q. M.
RELIGIONIS ADPARNOR.
NAVIVS. lANVARIVS,
3' Un bas-relief en marbre , où figure une femme assise. Cest un tableau charmant d^un intérieur de gynécée , ou , si Ton veut , une scène touchante qui nous offre une mère confiant , avant de mourir , ses enfans représentés par des génies ailés , à une esclave. Celle-ci s^appuye sur le dossier du fauteuil où la femme est assise , et incline douloureusement sa tête sur une de ses mains.
4^ Sur un autre fragment d'un bas*reltef , également en marbre / extrêmement dégradé, semblent s^agîter des scènes de chasse. Trois têtes s^y montrent : les vestiges d'un enfant renversé sont dominés par la hure formidable d'un sanglier, que surmonte le cou d'un cheval monté par un cavalier mutilé.
5^ Un autre bas-relief. Un homme debout et
aSo HISTOIRK
aae femme assise sur ua tabouret , se donnent la main, et paraissent se jurer une fidélité nuptiale.
6^ Un fragment prëcieux , mais singulièrement endomrpagë , qui avait peut-être fait partie d^un aiUel , frappa les antiquaires par sa bizarre construction. On y lut des caractères qui semblaient appartenir à la langue phénicienne. Les relations commerciales établies entre Sidon et Marseille, et ces lignes d'un alphabet oriental , peuvent faire présumer qu'un Tyrien érigea dans cette dernière ville le singulier monument que le tems a brisé.
7* Un homme et une femme se tiennent encore par la n^ain dans un bas-relief exactement semblable à celui que j'ai désigné sous le chiffre 5. Un chien y^aboie à l'enfant qui est debout auprès de la jeune grecque.
8® Un tombeau en marbre blanc. C'est un des plus précieux morceaux d'antiquité que Marseille conserve. Sa destinée a été remarquable. Les Comtes de Provence, frappés de son élégance , le firent transporter du cimetière de Paradis dans un de leurs palais, voisin de ce sombre quai de Rive- Neuve que l'industrie anime » où , quand le ciel est brumeux et la mer plombée , l'aspect d'une ville du nord saisit fortement votre imagination \
&• Ce pàlaifl s'ëleyait sur l'emplacement qu'occupe le domaine èonna autreroia aoua le nom de Bernardines. Le roi Renë l'ayail habité Ters la fin de sa Tie ; il y fit mém« son testament dans U lalle Terte , qui était en face de l'abbaye de S<- Victor.
Ce mai4>pe tumolaire » après avoir long-tems figure au milieu des maasolëes silencieux et tristes comme lui , reçut alors une destination bien différente; nos Comtes voulurent quUl ornât leur salle à manger. Autour de lui retentirent les bruits des festins et des coupes. Peut-être quelque damoiselle fière du sang des Baux ou des Porcelet , s*appuyant « parëe et gracieuse » sur le rebord de ce monument funèbre , devisait un )Our avec le noble Comte , en effeuillant son bou- , quet sur le marbre antique , tandis que de jeunes pages bâtaient les apprêts du festin.
Ce tombeau, transporte dans une de nos vieilles rues 9 embellit la fontaine de PAumône , à laquelle il servit de bassin. Le bruit de Feau anima sa solitude , et la mousse verdâtre couvrit les figures gracieuses , les festons ëlëgans dont Tartiste Favait jadis dëcorë.
Tiius Tannonius , que la mort enleva à ses parens à Fâge de cinq ans , six mois et six jours , y avait été dépose. L'inscription tumulaire occupe le milieu ; aux deux cdtës , deux amours reposent sur des lits de fleurs '.
a. Cette inscription eet ainsi conçue :
D DULCiSSlUO. T. INNOCENTIS. M