‹ Histoire de Provence (volume 2)Chapitre 67 sur 112 · FILIO TANNONIO QUI VIXIT · texte numérisé non relu

FILIO TANNONIO QUI VIXIT

AMN V. M. Vf. D. Yl. TANNONITS

T. VAX.ERJAVA PARENTEâ FILIO.

CAftlSSlUO ET OMNI TEMPOnE

VIT A SVJS DESIOEIUNTlSSIStO.

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9* Un Tœu nautique qu'on plaça au-dessus du pilastre voisin de la sacristie de la cathëdrale. Sur ce bas-relief en marbre blanc , frémit une tempête ; la barque tourmentée enflant sa voile latine, enfonce sa proue dans une mer blanchissante , dont les vagues expriment une agitation extrême. On voulut que ce marbre représentât l'arrivée à Marseille de Lazare , que la haine avait livré aux orages , dans une frêle nacelle ; mais le bâton augurai sculpté au-dessus de la barque , prouve évidemment que cet ex çoto a une origine payenne. La main du nautonnier phocéen le suspendit au temple de Diane , et les chrétiens le retrouvèrent dans les débris de l'édifice sacré.

lo® On découvrit, en creusant les caves d'une maison de la rue de l'Âumâne , un étrange candélabre en bronze. Qu'on se i*eprésente un homme avec une large fraise autour du cou , des bas retenus par des jarretières aux nœuds apparens, un habillement serré et tailladé , comme celui de nos anciens chevaliers, étendant deux longs bras « qui supportent, chacun, une espèce de vase allongé destiné à recevoir, les flambeaux. La figure de cette statue a une ressemblance frappante avec celle d'un hibou ; de larges moustaches en couvrent la lèvre supérieure. Grosson l'a prise pour le dieu Mars. Les Étrusques , qui , imitateurs des Egyptiens, donnèrent à leurs œuvres de si singulières formes , et réalisèrent avec là pierre ou le

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bronze les délires de rimagination , peavent ré* clamer ce candélabre dont le costume et Texteneur se retrouvent dans les antiquités de M. de Gaylus.

11^ Un petit prêtre de Jupiter en bronze , souf« fiant dans une sarbacane. Des ouvriers le trou* Tèrent dans des excavations faites à la rue Cu* raterie.

12^ La fameuse statue de Minerve , en bronze , trouvée par le médecin Peiruis , la même devant qui un roi barbare humilia sa tête. Les ouvriers « en la déterrant , la mutilèrent.

i3® Un médaillon de terre cuite, d^un travail parfait. On le trouva au-dessous du glacis du fort S^-Nicolas. Ce médaillon seul suffirait pour prouver à quel haut degré de perfection les Marseillais avaient porté les arts. Le visage d*une jolie femme y est représenté ; ses cheveux arttstement bouclés , rappellent la grâce des coiffures grecques ; une élégante draperie couvre son sein ; le tems a fait disparaître la dorure de ce médaillon. On a sans doute faussement vu la figure de Diane dans ces traits charmans ; aucun attribut de la déesse ne les décore. Il serait plus vraisemblable de penser qu^un jeune Marseillais déposa dans le tombeau de son amante le portrait de celle que la mort avait ravie aux fêtes de Thyménée. Peutêtre ce médaillon n^est-il autre chose que cette bulle que les affranchis suspendaient à leur cou »

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pour y garder le souyenir de la personne qui les arait rendus libres.

i4* Un tombeau en marbre blanc , que loua Puget. Ce célèbre sculpteur, chargé d^exécuter les fonts baptismaux de la cathédrale , choisit pour leur bassin , ce tombeau qui est encore destiné à cet usage. On Tavait trouvé dans ce vaste cimetière voisin de la Major , où tant d^objets anti-« qucs ont été découverts. Ce monument qui figure dans un coin de la basilique , représente une scène du prétoire romain. Un magistrat en .toge , d'un regard sévère « est assis sur le tribunal ; devant ]ui gesticulent deux plaideurs ; au pied du tribunal un faisceau est déposé. Est-ce le signe de la puissance ; sont-ce des verges , attributs du pouvoir chez les Romains ; ou bien les pièces de la procédure roulées ? Un faisceau semblable se fait voir an pied d'une des deux personnes qui occupent les coins du tombeau , et s'appu-. yent sur une élégante draperie attachée avec grâce au marbre qui la supporte ; les plis de cette courtine tombent en formant d'onduleuses sinuosités.

Ainsi change la destination des monumens.

Le tombeau payen devient le bassin où la religion du Christ régénère ses enfans. Jadis une cérémonie mythologique s'accomplit autour de cette pierre; on appela trois fois en sa présence le souffle errant du cadavre ; le pontife répandit Teau

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lostrale sur les assistans ; plus de mille ans après « un artiste cfarëtien l'introduit sous la voûte d'une basilique. Le cadayre du magistrat a disparu ; les huiles sacrëes , Teau baptismale reposent dans son enceinte puridëe , et sur ce marbre le prêtre en «ftole applique un signe mystérieux au front du nouveau -» né. Maintenant Tencens le parfume « Forgue antique pousse, auprès de lui son bar* monieux soupir, et les chants des pontifes le saluent.

La scène que représente le bas-relief de ce tombeau, a été autrement interprétée. Ce siège de marbre ne serait plus le prétoire d^un juge ; le vieillard dont la tête est presque rase , ne revêt point la laticlave d'un magistrat; philosophe « stoïcien peut-être , il discute savamment avec les deux autres personnages , et quelque question d'une métaphysique ardue anime le;5 lèvres et les gestes de ce groupe vénérable. Ces faisceaux roulés sont, alors des volumes ; l'un d'eux en lient un à la main ; un autre ferme ses doigts sur le scrinium^ étui qui servait à contenir des tablettes ; le pùllium flotte sur les épaules d'une des deux figures qui occupent les extrémités de ce bas-^relief si remarquable ; l'autre n'a pour vêtement qu'un manteau.

Alors , plus philosophique et plus grave , ce groupe, au lieu de rappeler des discussions litigieuses , nous offrirait l'image de ces conférences pai*

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sibles OÙ brillait le saroir de la Grèce ; reflets loin^ tains de ces conversations sublimes qui montrent Platon au cap Snnium , Socrate sous les arbrer d*Âcadëmus.

i5* Un tombeau de marbre , dont Tinscription aurait ëtë grattée , si M. de S'- Vincent , consulte par le maire de Marseille , n^eût empêche cette mutilation. On le transporta , en 1818 » du cime* tière d'Éliscamp d*Arles à Marseille « pour être placé sur le sommet de cette colline pittoresque où les rocs disparaissent sous les pins et les fleurs. Une destination patriotique fut réservée à ce précieux monument. Entouré d^un bois sacré , dominant la ville et les flots , il rappela pendant dix ans la mémoire de ce brave ' que le canon en-* nemi atteignit au milieu des fanfares triomphantes de Marengo. Un chemin circulant sur le Hanc de la colline , bordé dWbustes , conduisait au funèbre sarcophage. 11 repose maintenant , dépouillé de son court souvenir de gloire , dans une salle du musée. A IVpoque où il fut érigé , il reçut les restes regrettés d^une jeune prétresse de quatorze ans , arrachée par la mort aux féteadu temple. Ainsi consacré par la beauté et la gloire, après avoir rappelé le souvenir d'une jeune Arlé^^ sienne , il devait voir se balancer sur son marbre les palmes et les lauriers de la victoire.

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