‹ Histoire de Provence (volume 2)Chapitre 68 sur 112 · I. I>egaùu · texte numérisé non relu

I. I>egaùu

DE PEOVEUCB. aSj

Voîd rinscription qu'on y lit encore :

C.\ECILIAE. DP. APaVLLiUS. FLAM . il. DESIGNATAE. COL» DEA. AVG. VOC. H.

ANN08. Xlllf. MENS. il. DIES. V.

MARITVS. VXOtll. PIISSIMAE. POSVIT.

Cette jeune prétresse se nommait donc Ceciîia jfpntUa; fille de Dccius^ elle était destinée à remplir les fonctions de prêtresse dans la colonie de Die • au pays des Voconces.

i5^ Un autre tombeau , consacré à la sépulture d*un jeune enfant « offre des détails curieux. Au milieu sVlève , soutenu par des amours , sur un sphinx » un médaillon qui représente Romûlus et Rémus allaiti's par une louve. Des génies animent la scène , les ailes ^déployées ; ceux qui sont à gauche du médaillon , forgent un grand casque sur une enclume ; les autres , à droite « fabriquent des armes ; les marteaux sont soulevés ; on croi-* fait voir la forge de Vulcain » où Vénus après en avoir chassé \ts hideux cyclopes , aurait con* fié à. de beaux enfans , à de gracieux amours , le soin, de préparer les armes terribles de son pjre.

i6* La scène est encore bien plus animée •qr le marbre d'une tombe où figure Timage d'uQe pompe triomphale. Dans un médaillon que deux victoires ailées , aux palmes inclinées^ soutiennent , que suj^orte le tronc d'un pal* mier auprès duquel , les mains enchaînées ^

258 RISTOIBE

sont assis detii captifs , se lit rinscriplioQ «iii^ Taute :

rVLIAE OVINTINAAK

CÔSSVTIA HTCLA

MATEÎV FILIAB

PIISSIMAE.

C«t donc là un monument que Cossuiia Hycla âeva à sa fille Julia Quiniina. Il fallait ou que la mère , ou que Partiste se plut dans des sculptures guerrières. Au reste , elles sont exécutées avec une délicatesse singulière ; des Centaures des deux sexes sont attelés à deux chars de forme antique ; dansTun des chars, est une femme avec une palme; dansTautre, un homme. Peut-éire Tarliste a-l-îl voulu représenter le conquérant de Tlnde et Ariane. Quant aux Centaures, Tun porte une corne d'abondance ; un autre, un bouclier: un troisième , une branche fleurie ; un quatrième , un canthare. Deux petits amours se tiennent debout sur la croupe de deux de ces Centaures.

On exila de ce tombeau le corps de la vierge payenne , et Ton y déposa , au neuvième siècle , celui d*un vénérable évoque de Marseille , de S*- MauroTât , abbé de S*-Victor.

i6' Le tombeau de Glaucias , où se lit une in§rription que la piété filiale a vraiment inspirée. Elle est surmontée de deux cornes d^abondance sculptiées en relief , et posées en sautoir. Une bai^ que gravée par des lignes larges et proiondes « fi-*

DE PBUVENCK dS^

gare sur k cétë opposé ; on rcài sur Tautre uA petil carre en relief , une guirlande , deux bande* lettes et un ornement qui ressemble à une armure.

L'inscription , en Ters grecs , sVxprime ainsi :

Voici le tombeau de Glaucias. La piété filiale lui élève ce monument par les mains de soo jeune enfant. Infortuné Glaucias , il ne t'a pas été donné de jouir de la vue de ton fils. II te réservait non un tombeau , mais la nourriture et des consolalions dans tes vieux jours. Le sort jaloux a épuisé sur nous tous ses rigueurs injustes. Il gardait , pour une mère affaiblie par les ans » la douleur et las larmes ; pour une épouse dé* solée , un long et triste veuvage ; pour un mai-* Keoreux orphelin , la perte d'un père aimé.

17" Le tombeau de Télesphore , avec une ioa* eription grecque '.

t8^ Le tombeau dé Dioclides \

19* Le tombeau de Praesens*.

io^'Le tombeau de Flavius Nemorias^ sarco* phage d'une très grande dimension , transporté d^Arles au Musée de Mariseille. Ce Flavius lié* moHos y comte de la Mauritanie Tingitane » et qui avait servi vingt'^huit ans dans le corps des Jb^ns; vint prendre dans ce lombeao une place qu*an autre cadavre avait autrefois occupée.. \ét

\* 9. 3. Ces tombeaux sont décrits dans la ^tof/jf/^Me J» EtM^ thasHÎU'HhSne , pagca SjS p 374 > ^7^r tome ti.

360 aiSTOIAE

mot de JoQÎens annonce une époque postérieure au règne de Dtocléûen. Cetle dénomination , celle de comte, et la forme de quelques lettres « ont porté Miilin à croire que Mémoriqs était mort sous Constantin. La date du tombeau paraît de beaucoup antérieure à celle de sa mort , à cause . àt% sculptures du sarcophage , qui sont d^une grande manière, et de la façon irrégulière dont rins* cription, qui commence sur un des petits cdtés* est placée.

Le bas-irelief de la face principale représente un lion combattu par des Centaures.

* La description des roonumens qui furent édifiée par des chrétiens , trouvera sa place ailleurs, dans un travail consacré à la géographie du moyen' âgel Je me suis proposé d^ndiquer sommaire* ment ici les ouvrages que les Liguriens, les Grecs et les Romains peuvent réclamer. La liste des tombeaux trouvés à Marseille , qui par leiu* inscription prouvent une origine grecque - ou romaine , me semble épuisée. Avant de quitter cette ville , je nommerai encore quelques monumens, enadop^ tant sur leur destinaiion et la date de leur fonrdation, Topinion la plus vraisemblable.

21* Le célèbre bas-relief d^Aristarché, en marbre ttiré des Martigues. D^^près le sentiment probable de M. Achard , il représenterait rembarquement de la prétresse qui accompagna les Pho-» céens dans les Gaules. On y voit une femme

D£ PBOV£NCS. 26 1:

marchant légèrement sur une planche appuyée au rivage f un jeune homme penché vers elle « un capuchon sur la tête , la reçoit à bord.

Elle porte sur Tëpaule gauche , et soutient de la main du même côte une figure terminée en gaine ; ce serait celle de Diane « que la colonie ionienne déposa dans son célèbre EphesiinH. D*au« très savans ont vu dans ce bas-relief la fuite dl-* phigénie quittant la. Tauride « et emportant la sta^ tue de Diane.

. oa*" Un caillou grave , portant en relief la fi-* gure d'une barque à cinq rames , entourée de caractères grecs , où le commencement du nom de Marseille se lit. On a présumé que ce caillou « que les eaux du Rhàne avaient la^é ,. était peut^ être la tessère d'une corporation de constructeurs. 23^ Un tombeau ligurieiv, que le hasard a fait découvrir dans le territoire de Bouc , entre Mar* > seille et Aix, On peut en reporter la construction à une époque très reculée , quand Fusage de travailler lies métaux était encore inconnu atix Gaulois. Un squelette , qui fut jadis un guerrier, s'y montca cauché près, de celui de son cheval de bataille. Ces deux compagnons d'une même forr tune guerrière , reposaient à côté d'une arme ter* minée par une pierre découpée en trèfle « et d'une coquille remplie d'une couleur rouge.

24^ Un autre tombeau , qui étale au^milieu une ^osace et des lignes sculptées en spirale. Tauroenfom le garda long-tems au milieu de ^t^ ruines.

26a HISTOIHE

' 25® Un tombeau , à Séon , près de Marseille , encastre à Tangle gauche du mur meVidiptial de IVglise paroissiale , en très beau marbre blanc* Il est termine par un entablement que couronnent deux enroulemens en feuillages. L*inscription ai iié presquVntièrement oblitërëe. En dehors des angles inférieurs du carré creux qui portait Tins* rrîption, s^attachent tes extt^mités d'une guirlande de fruits , soutenue par des rubans dont les bouts flottent d'une manière élégante. La guiriande se dessine autour d'une tête de Méduse placée sous le cartouche. Deux griffons mutilés jusqu'aux épaules , soutiennent les angles inférieurs du monument. Entre les griffons , et sous la guirlande , deux oiseaux becquettent la terre. Ce tombeau a beaucoup souffert de l'actioïi^.du tems.

Q&^ Un bronze, f^présenlant le buste de Mercure sur une gaine.

27® Le fragment d'une statue eii bronze, de gran* deur héroïque, offrant l'image dîe Jupiter , trou* tée dans les fondemens de U maison du médecin Peituis.

28* Une urne cannelée d^albàtre , avec deux êerpens pour anses.

2g* Un bas-relief en marbre , tfouvé h la rue ï^égrcl , où figure une femme gravement assise i à qui une escla%'e présente un coffre. Dans une couronne de lauriers , qui domine ce personnage , te lit , en grec « le mot peuple ; au-dessous ces

tfE PaOVEMCE. ^3

figues soat gravées également en grec : à Artemont^ Jimme d Apollonias Icesius.

3o' Un marbre trouve à la rue Négrel , qui nous montre une femme debout, splendidement yétiie ; le geste de sa main droite est antique, un grand acteur ' aimait à le reproduire dans ses rôles grecs ou romains. Celte femme sVlève entre deux piér* destaux , dont Tun supporte un coffre , et Tau'^ tre , un de ces pots nommes olla par les anciens ; d^autres figures d^une plus grande dimension, sont sculptées au b^s de ces piédestaux.

L^'nscriplion nous apprend que ce monument fut érigé à Mélitine , (iile de Déméti^ius et femme d^Ermogène , médecin.

. 3i^ Un VŒU nauliqne est encore inscruté dans le mur d^une petite maison adossée à Fabbaye de S*-Sauveur. Ce bas-relief, extrêmement noirci par le tems , est très mulilé ; une figure fiagmenlée et dégradée parait tenir une corne d'abondance; vers elle un autre personnage semble tendre une main suppliante ; ut> chien est placé au milieu. Le basrelief est supporté par une espèce de socle ,. où est sculptée une barque ; Ton y reconnaît les vestiges de deux figures, dont Tune est à demi-corps, «I Tautre ne montre que la tête. Au bas de la plinthe , est gravée celte inscription :

VALlSINiVS MAR CAR II ANNON VSIIX

a64' HISTOIRK

qui pourrait être ainsi traduite : Falfsinius , /Us de Marcus Carias , après aiH)ir accompli son pœa d'une disiribuiion de pitres , dédie ce monument dt son plein gré •. '

Je renvoie à TouTrage de Grosson ceux qui Toudralent avoir une idée des petits objets « des meubles « des figurines et des bijoux en usago *chez les anciens Marseillais ; ils pourront aussi 7 parcourir iles planches où sont gravées les mé* dailles de Marseille. Elles sont très nombreuses ; on en découvre fréquemmenl de nouveaux dépars. La plupart, surtout parmi celles du plus grand module , reproduisent celte pureté et ces formes gracieuses , signes auxquels on reconnaît les monnaies de Sicile. Les médailles de Marseille «ont en argent ef en bronze. Ftore , Diane , Apol* Ion , Minerve , Mars arec son casque , y figurent ; le revers présente ordinairement un lion passant, quelquefois le taureau cornupète , un dauphin , un aigte , une chouette , et plus fréquemment une roue. La légende est une abréviation du mot grec des Marseillais. Le mot Lacydon , nom du port de Marseille , se trouve sur une médaille où est gravée une tète surmontée d'une corne au front.

On attribue à Rhodanusia des médailles pu se lisent les lettres M, A. , avec la télé d'Apollon d^ face et des fleurs dé grenadier.

i. Valiftsiot M«rd CAriî anaoïue voto «olato lîberi dîcaL

DE PaOTENCE. a65.

-'Les bornes de cet ouTrage ne me penneUeat pas dVteiulre dayantage le catalogue des objets que r^nliquitë a lègues à Marseille. Des livras spéciaux ont longuement disserte sur ces pierres » . ces marbres , ces statues endommagées que des fooilles ou le hasard ont fait découvrir. Déjà je me reproche d^avoir entrepris une nomenclature où d^inexcusables erreurs seront indiquées , et que le aèle et la patience d^un antiquaire consommé ^ peuvent seuls faire entreprendre. La plupart des objets que j^ai décrits , sont , au moment où je les mentionne, ou détruits, ou déposés dans des lieux inconnus, ou sur le point de disparaître complètement ; aucune main conservatrice ne veille sur ces débris précieux d*un passé vénérable. £h ! pour* tant , queile ville en France , plus que Marseille , ne devrait pas couvrir d^une protection éclatante cei monumens que le tems et Tincurie menacent d^une ruine inévitable.

Quelques-uns recueillis par dVstiraables savaas» mais entassés plutôt que rangés en ordre dans des salles étroites , ou près des marches d^un escalier , semblent reprocher aux Marseillais , par leur nombre si circonscrit et leur isolement ; d^injustes dédains» Ce dernier asile leur est encore disputé* Quelques tombeaux , des fragmèns de coloiines , des pilastres, des bas-reliefs confusément épars sur le sol , vont bientôt cesser de figurer dans une salle qu*une destination pieuse doit dépouiller

366 HISTOIRB

de 5on air d^antiquîté. Ces objets formeront peub' être le triste cortège des tableaux qui» délachés^ des iiHirs de notre re'cent musée, iront couvrir quelques pierres blanchies et formant par pitié une misérable toiture. Tel sera le muséum que le voyageur trouvera dans la cité fille de la Grèce, aux énivrans souvenirs. Le barbare scie la colonne corinthienne, et la force, dépouillée de ses feuilles et de ses chapiteaux de fleurs , dVcraser le grain , on de recevoir , ignoblement attachée au seuil de sa porte , Tempreiate de ses pieds. Mais pour lui rien ne resplendit dans Thorizon obscurci des siècles éteints; son regard arrêté aux murs d*un^ barera I suit la fumée colorée de sa longue chibouque , ou se pose nonchalemment sur des berceaux de jasmin. Sous l'empire dés sens , et d'une stupide ignorance , il raille gravement Tanliquaire européen , dont le genou et le front fléchissent devant un marbre vénéré. Mais nous , que la civilisation inonde de ses flammes célestes » chez qui d'inattendus efforts ont enfin proclamé la brillante résurrection des beaux arts, n'aurons-nous, comme le barbare , que des mépris ou de l'indilTércnce pour ces restes auprès desquels s'allume la verve du poêle , et se (orme la conviction de l'bislorien? Elevons , dans nos murs , le musée , monument noble et majestueux , nous consolant de la destruction de ces ouvrages qui mettant l'antiquité face à face avec les tems modernes , sem-

Menl former^ entre nos créaiionê et celles de not pères, de muets, mais éloquens entretiens.

On pardonnera an patriotisme ces écarts d'une plume peu exercée. Je ne puis encore me rësoudre h quitter Marseille ; dans les champs qui TaToisinent, des souvenirs anciens y sont em-» preints à chaque pas. Ainsi, malgré Tassertion de Papon développée plus haut , dVslimables sa- ▼ans logent dans les montagnes qui forment ail •ud-est une ceinture pelée , ces Albiciens dont la présence en ces lieux est , dit-on , attestée par Tfincienne dénomination de TEuveaune ' (Ubelka ou Albeka ) ; par celle à^Albania , Aubagne , nommée dans des chartes urbs albica ; enfin par le mot Gardelaban ; ainsi s^appelle une haute montagne au nord -ouest de cette dernière ville , où;

t. Cette rivière est aussi appelée Hibelna , Hibelnia , Arelna , fTavelna , Erelna , dans les chartes du onzic^me et douzième siècle. — L'inacriptioB d'Aitriol , rapportiSe par Papo& , est «in^ conçus I

MATBIBTS

▼BELHABYS

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