Lef men de Murmani , Noire et d*Aiopb
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n est hors de doute qae les Phëniciens niaient embrasse toute rAfrique dans le vaste cercle de leur uaTigation. L'Egypte eut un roi qui se plaisait aux découvertes ; par sou ordre des vaisseaux tyriens s'avancent dans le golphe Arabique , entrent dans la mer d'Oman , doublent le cap méridional de l'Afrique, et arrivent, après trois ans , dans les eaux de la Méditerranée. Entreprise prodigieuse, que les Marseillais ont peut-être exécutée! Pline nous parle de débris de vaisseaux ibëriens qu'on vit flotter danslamér d'Arabie. Et quek secours avait alors la navigation ? La géographie ignorait que le globe fut ceint de l'Océan ; on ne. savait pas quand sou£Bbdent ces vents réglés que la voile attend patiemment pour se déployer au haut du mât , par eux périodiquement enflée ; et l'aimant ne s'était pas encore révélé comme attiré par une puissance magique vers le pôle.
Euthyménes fut également auteur d'un périple. Quand il longeait la côte occidentale de l'Afrique , il vit arriver à l'Océan une masse d'eau qui semblait introduire la mer entre deux terres ; c'était le Sénégal. Il en visita l'embouchure et le pro-. clama le second Nil de l'Afirique.
Arrâtons-nous ici pour admirer la sage har^ diesse et l'utilité des vues des Marseillais. Il est permis de croire que le sénat de leur ville fit les frais de ces voyages entrepris par Pythéas et Euthyménes ; ils furent conçus sur un plan très
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large. L*iin , Pytfaëas , se frayant un chemin vers le nord , ouTrait aux navires marseillais une route que la sagacitë tyrienne ignorait encore ; Tautre , Euthymënes ' , inonde des feux du soleil afri- ' cain , explorait cette Taste côte d^ Afrique , qui , Bnissant brusquement par un cap fameux , indiquait une voie vers ces Indes orientales dontj'an* tiquitë célébrait les richesses.
Ces Toyages attestent à quel haut degré de per* fection les Marseillais araient porté tous les arts appliquables à la science nautique et à la cons^ tmction des vaisseaux.
Cette perfection éclate dans d^autres arts ; Pélégance et la pureté de leurs médailles prouyent lliabUeté et le goût de ce peuple dans le travail des métaux. Elles étaient frappées au coin ou fondues en bronze et en argent ; jusqu^à ce moment il n'en a été trouvé aucune en or*.
• I. Eulliyiiiaiet MaiolienaU testîmoniam dicit naTÎgari y inqnit , Atfamricnin mare. Senec. , N. Q. IT , a. — Plniarch. de pUc. pfailoeoplu f IT , I. — On attribue gâiéralemenfc à Eothymënes deux aasertiona dont les anciena ae aont moqaës i la première , que lea ean de l'Océan mëiidkmal aont douces , parce que la proximité dn aoleil leur domie ime espèce de ooctîon ; la seconde , qne les inondations périodiques du Nil pronennent des Tents ëUsiens , qui relbalent pendant on certain tems les eaux du fleaye yers sa soovcei puis en cessant de souffler , les laissent retomber ayec Tiolence. Ces opinions , ridicules en effet , airaient M professées par nombre de plnlosophes ayant Entbyménes , qui n'a fait que les répéter. Cf« UcLert , Geogra. , il.
a. Cette absence complète de^monnaies d'or est une sîagnlarîté
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SuÎTons aUentÎTeineiit la marche progressive de cette cite. A peine a*t-elle )eié les premières bases de son existence , que des ennemis accourent pour la détruire ; elle leur résiste parla force et la ruse. Quand sa population » ses arsenaux bien garnis , «es alliances lui permirent de mépriser les attaques des Ligures , elle s^appliqua à étendre son commerce et se& colonisations.
Nous touchons à l'époque de la splendeur de l'ancienne Marseille. Les Phéniciens et les Carthaginois ne s'occupaient que de leurs établissemens du midi de TËspagne et visitaient rarement les eaux de la Gaule. Rhodes marchait à grands pas à sa décadence ; aussi dépouillée de tout éclat commercial , elle abandonnait les deux colonies qu'elle avait ' jadis fondées , Rhodanousia ' , située près de l'embouchure occidentale du
d'autant plus remarquable , ipi'oii tronye une grande quantité de pierres massaliotes fourrées , c'est-à-nlire fabriquées en mauvais métal recouvert d'une lame d'or ou d'argent ; falsification qui prouve du moins l'existence de la monnaîe qu'on avait intéiét à contrefaire* Quelques savans , il est vrai , attribuent la fraude aux MassaKotea eux-mêmes , et peuvent s'appuyer du mauvais renom qu'avait ches les anciens la monnaie phocéenne , puisque or de Phode avait passé en proverbe , pour signifier de l'or détestable. Mionnet. , 1. 1 , p. 67, et suppl. > 1. 1 , p. i33. Papon , p. 947* Grosson , a4 > ^ Bon-^ cbe # p. 79 , etc.
1. Pline attribue la fondation de Khodanousia aux Rhodiens, d'après les médailles de cette ville. Ce sentiment est rejeté par Marcîen d'Héraclée, ou plutôt par Scymnus de ChiO| qui la regardent comme une colonie établie par les Phocéens fondateurs de Marseille.
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Rhône , et Rhoda , en Espagne , à peu de distance des Pyrënées '•
Les Etrusques voyaient sVteindre leur puissance maritime ; la mer qui leur dut son nom , ne fut plus sillonnée par leurs navires ; peuple malheureux dont une double inyasion arrêta Pessor vers une renommée de grande nation. Les Gaulois et les Romains haletant à ses flancs , le forcèrent de défendre des foyers bientôt envahis. Ainsi Marseille trouva le théâtre merveilleusement disposé ; une immense ligne de côtes attendait, comme la toile de l'ouvrier habile , les créations futures de son génie commercial. Les Alpes et les Pyrénées se déployaient aux extrémités de cette ligne. Délaissées de leur métropole Rhodanousia et Rhoda * invoquèrent Talliance de Marseille ; elle devint leur protectrice , et fut regardée comme les ayant fondées une seconde fois. Aussi ces deux villes d'une origine asiatique et grecque, voulurent révéler par la grâce d'un ..symbole cette alliance base de leur puissance. Sur leurs médailles , la rose , emblème de Rhodes et de ses colonies ^ s'épanouit à côté du lion massaliote.
!• Scymn. Chîo orb. descript. , y. aoy. » Plin , m, c. 4- Steph* BjïonU ^ Isidor. orig. , L ziii , c. ai. — Hieron^* Comin. , Epist ad Galat. , c. 3. — Strab. , 1. Iil , p. i4i » 1* XIV , p. QSy. Rhoda , aujourd'hui Roses.
a. Scjmn. Ch. orb. desc. , t. 164 > io5 , io6. -~ Strab. p 1. m , p. i4t » !• XIV , p. 967* — PtoL I Geog.
Uartiste eut un jour une idëe pleine de fraîcheur et de poésie ; il suspendit cette rose à To-
reille de Diane ; parure précieuse qui embellit la déesse de Massalie et releva Péclat de sa majesté '• Des batailles , des concessions , livrèrent aux Marseillais les points importans du rivage médir teiranéen. Là des forts s'élevèrent, des comptoirs s'y établirent ; Marseille devint presque le centre d'une ligne d'établissement qui se prolongeait depuis le pied des Alpes Maritimes jusqu'au grand promontoire appelé aujourd'hui cap S*-Martin.. De ce côté t cette ligne arrivait aux colonies carthaginoises ; de l'autre , elle touchait à la république romaine. Le petit port d'Hercule , Monœcus * ^ sous les derniers escarpemens des Alpes, foi^ mait à l'est la tète de cette ligne ; ensuite venaient Nicea ' ; puis en deçà du Yar , sur le territoire des Gallo-Ligures , AntîpoUs ^ , destinée à contenir les Décéates , les Oxybes et les Néruses, ÂthenopoUs ^, Olbia ^ , le petit fort de Tauroentum ?
!• Groflson , tab. 9.
1. Portais Herculifl Mcmœci* Aajouid'biii Monaco. Strab. > 1* IV » p. aoft. •— Plin. y 1. III I c. 5.
S. Strab. , 1. iv 1 p. iS4* "~ V\àn» , 1. Iii , c. 5* 4* Strab. , 1. IV I p. 180 , i84« ""^ Ptolem.| 1. il , c. 10.