‹ Histoire de PrusseChapitre 107 sur 410 · FRÉDÉRIC I" ET L'ÉTIQUETTE · texte numérisé non relu

FRÉDÉRIC I" ET L'ÉTIQUETTE

désireux d'imiter Louis XIV qu'il s'était donné pour modèle, Frédéric s'astreignait, dans toute sa conduite et presque tous ses gestes, à observer scrupuleusement les règles de l'étiquette. Au cours d'une de ses journées, tout était ordonné d'avance, et chaque chose, travail ou divertissement, avait son heure fixée. Il se levait souvent avant trois heures du matin. Le poète Neukirch, dans une poésie, met en scène l'Aurore se plaignant de ne pouvoir devancer le roi, et exalte cette activité dont gémit le fidèle Wartenbcrg. La duchesse d'Orléans en plaisante comme d'une manie, assez inhumaine ; il est vrai qu'il se couchait d'ordinaire à neuf heures, mais ses serviteurs avaient à peine le temps de dormir. Il se parait de superbes vêtements, garnis de brillants, et y attachait de l'importance : quand il hérita de Guillaume d'Orange, il réclama avec menaces aux États Généraux un superbe diamant, le « Sancy » , qui avait appartenu à Charles le Téméraire, et en janvier 1705 il annonçait joyeusement à sa belle-mère l'acquisition d'un autre diamant qui allait figurer avec avantage à côté du Sancy. Il faisait, d'autre part, des cérémonies « une des grandes occupations de son règne " , selon l'expression de Podewils. Il suscita force consultations sur le cérémonial, pour savoir, par exemple, s'il donnerait audience aux envoyés de second ordre, debout et couvert comme l'Empereur, ou assis et couvert comme le roi de France, ou debout et découvert comme feu Charles II d'Angleterre. Quand sa fille, mariée au prince héréditaire de Hesse-Cassel, fut devenue une altesse royale, après l'acquisition par son père de la couronne prussienne, le roi lui recommanda de ne plus donner les mains à la landgrave et d'éviter toute confusion de rangs fhunte ReiheJ. Cela mit dans l'embarras la princesse qui aimait et respectait ses beaux-parents. Lors de la fête des chevaliers de l'Aigle Noir en 1703, le chapelain Ursinus dut porter un habit aurore et violet, ce qui fit dire à Sophie Charlotte, (1 que le défunt duc Jean Frédéric (de Hanovre) avait fait son fou évêque, mais que Sa Majesté ferait de son évêque un fou » . Plus tard, sa belle-mère n'ayant plus guère de

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